20 millions de moustiques génétiquement modifiés ont été lâchés en Californie

Plus de 20 millions de moustiques génétiquement modifiés viennent d’être lâchés à Fresno, en Californie. Un essai terrain grandeur nature dans le but de lutter contre le virus Zika et la fièvre de la dengue qui sévissent dans la région.

Et si la solution contre le virus Zika ou la dengue (véhiculés par les moustiques) était de lâcher dans la nature d’autres moustiques ? Certains diront qu’il s’agit là de combattre le mal par le mal. L’objectif est ici de libérer ces moustiques mâles génétiquement modifiés dans la nature afin qu’ils s’accouplent et que leur progéniture meure avant dans l’œuf. Cela doit permettre de réduire, voire d’éradiquer les populations de moustique Aedes aegypti, une espèce invasive dans la vallée centrale de Californie qui peut propager chez les humains des maladies virales comme le Zika, la dengue, la fièvre jaune et le chikungunya. Par ailleurs, La FDA (agence américaine du médicament) assurait il y a quelques mois que si la population de moustiques Aedes Aegypti venait à être supprimée, cela ne n’entraînerait pas d’augmentation d’autres populations de moustiques et ne nuirait pas à d’autres espèces animales.

Cette opération est signée Verily qui appartient au groupe Alphabet Inc (Google) depuis 2015. En octobre dernier, la société avait en effet annoncé son initiative visant à lutter contre les maladies transmises par les moustiques telles que la dengue et le virus Zika. Les millions de moustiques élevés ont pour la première fois été lâchés en pleine vallée le 14 juillet dernier. Seuls des mâles ont été lâchés (les mâles ne piquent pas). La libération des insectes mâles traités à Fresno est le plus grand essai de terrain de ce genre aux États-Unis à ce jour. Un second essai est d’ores et déjà prévu en Australie pour cette année : « Nous voulons montrer que cela peut fonctionner dans différents types d’environnements », explique Linus Upson, principal acteur de ce projet.

Il existe d’un autre côté quelques réticences à de telles initiatives. Vouloir se mesurer à la nature en introduisant un organisme génétiquement modifié est un véritable défi. Comme le déclarait un professeur du MIT travaillant sur le sujet dans une interview au Monde en janvier : « Cela nous donne une terrible responsabilité, impose de mesurer tous les risques et prendre toutes les précautions pour en minimiser les conséquences ».

Source futurism.com
Traduction sciencepost.fr