40 millions de personnes victimes de l’esclavage moderne

Dans le monde, plus de 40 millions de personnes se trouvaient l’année dernière en situation de travail forcé ou de mariage contraint. Un constat probablement très en dessous de la réalité, sur des pratiques assimilé à une forme d’esclavage moderne, dénoncé aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations unies par une étude conjointe réalisé par l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Organisation internationale des migrations (OIM) et le groupe de défense des droits de l’homme Walk Free Foundation. En parallèle, l’OIT a également publié un rapport qui confirme qu’environ 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont victime du travail des enfants.

40 millions de personnes victimes de l’esclavage moderne

Guy Ryder, directeur général de l’OIT, a déclaré : « Le message qu’envoie l’OIT aujourd’hui avec ses partenaires est très clair : le monde ne sera pas en situation d’atteindre les Objectifs de développement durable tant que nous n’aurons pas considérablement intensifié nos efforts pour lutter contre ces deux fléaux. Les nouvelles estimations mondiales peuvent nous aider à élaborer et structurer des interventions visant à prévenir le travail forcé comme le travail des enfants ».

Les estimations mondiales de l’esclavage moderne

Le rapport sur les estimations mondiales de l’esclavage moderne, réalisé pat l’OIT, l’OIM et la Walk Free Foundation est le résultat d’une compilation de données récentes et d’enquêtes réalisées sur le terrain dans 48 pays auprès de 71 000 personnes interviewées. Cette estimation mondiale de 40 millions de personnes concernées se décompose globalement en 25 millions de victimes du travail forcé (24,9 dénombrées) et en 15 millions de mariages forcés (15,4 dénombrées).

L’étude a comptabilisé les personnes en situation de travail forcé, dans les usines, sur les chantiers de construction, dans les fermes ou sur les bateaux de pêches, incluant aussi les personnes contraintes de se prostituer, et note que le quart de ces travailleurs forcés sont des enfants.

Concernant les personnes mariées contre leur gré, l’étude constate que dans presque tous les cas il s’agit de femmes et que plus du tiers d’entre elles avaient moins de 18 ans lorsqu’on leur a imposé le mariage et que concernant l’industrie du sexe à des fins commerciales, les femmes sont à 99 % les plus grandes victimes du travail forcé. Enfin, l’étude observe que ces pratiques sont particulièrement répandues en Afrique et de manière un peu moindre en Asie

Les estimations mondiales sur le travail des enfants

Le rapport sur les estimations mondiales sur le travail des enfants, réalisé par l’OIT, dénombre 152 millions d’enfants victimes, comprenant 64 millions de filles et 88 millions de garçons, soit près d’un enfant sur dix dans le monde. Un tiers de ces enfants entre 5 et 14 ans se trouvent hors du système scolaire et 38 % des enfants de cette tranche d’âge effectuent des travaux dangereux. D’autre part, l’étude note que les deux tiers de ceux qui ont entre 15 et 17 ans, travaillent plus de 43 heures par semaine.

Une estimation mondiale de 152 millions d’enfants victimes du travail forcé dont la plus grande partie se trouve en Afrique (72,1 millions), suivi par l’Asie et le Pacifique (62 millions), puis les Amériques (10,7 millions, l’Europe et l’Asie centrale (5,5 millions) et les Etats arabes (1,2 million).

Une situation intolérable pour Andrew Forrest AO, le président et fondateur de la Walk Free Foundation, qui a déclaré : « Le fait que notre société compte encore chaque jour 40 millions de personnes est une honte pour nous tous. Si nous prenons en compte les données de ces cinq dernières années pour lesquelles nous disposons de chiffres, 89 millions de personnes ont été soumises à diverses formes d’esclavage moderne pour une période allant de quelques jours à cinq années entière. Ceci est aussi lié à la discrimination et aux inégalités dans le monde actuel. A cela s’ajoute une tolérance choquante face à l’exploitation. Nous devons mettre fin à tout cela. Nous avons tous un rôle à jouer pour changer la situation actuelle… Le monde des affaires, les gouvernements, la société civile, chacune et chacun d’entre nous. »

Source : rfi.fr