A peine élus, deux maires FN augmentent leurs salaires

Parmi les premières mesures prises après les élections municipales de mars dernier, les maires frontistes du Luc-en-Provence et du Cogolin, deux municipalités varoises, ont jugé bon d’augmenter leurs indemnités. Les élus de l’opposition s’insurgent. Les intéressés assument.

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Transparence dans les comptes publics mais aussi réduction des dépenses… Telles étaient les promesses de campagne des candidats FN aux élections municipales de mars dernier. Un mois plus tard pourtant, deux maires varois fraîchement élus ont décidé d’augmenter
leurs indemnités et celles de leurs adjoints.

Philippe de La Grange, maire FN du Luc-en-Provence, 9.500 habitants, et Marc-Etienne Lansade, maire du Cogolin, 11.000 habitants, ont estimé normal de revaloriser de 15% leur rémunération. Rien d’illégal à cela. La loi autorise en effet une revalorisation pour les maires de chefs-lieux de canton, ce qui est le cas pour le maire de Luc-en-Provence,  qui touchera donc désormais 2404.42 euros par mois et ses adjoints 961.77 euros selon Le Figaro.

Quant à Cogolin, la ville « a changé de strate », explique Marc-Etienne Lansade sur France info. « Entre 2008 et 2014, on est passé de moins de 10.000 habitants à plus de 10.000 habitants », poursuit le maire, ce qui justifie selon lui une augmentation des indemnités « au
taux normal ».

« Pour une municipalité économe, ça fait un peu beaucoup! » (Elisabeth Mariottini, élue d’opposition)

Dans les rangs de l’opposition, on s’insurge. Selon Elisabeth Mariottini, élue d’opposition Divers droite au conseil municipal du Luc-en Provence, « quand on fait le calcul, ces 15% sur l’ensemble du mandat vont représenter 94.000 euros. Pour une municipalité économe, ça fait un peu beaucoup! » fustige-t-elle sur France info. A Cogolin, la hausse va coûter au total « 273 600 euros sur tout le mandat« , dénonce à son tour Michel Dallari (Divers droite) dans Le Figaro.

Un chiffre qui fait d’autant plus bondir l’opposition que le nouveau maire s’est octroyé une enveloppe de 15.000 euros par an, soit 1250 euros par mois, pour « frais de représentation », poste de dépenses qui n’existait pas avant son arrivée. Mais Marc-Etienne Lansade assume et rappelle qu’il a renoncé à d’autres avantages, comme la voiture de fonction ou la place de parking devant la mairie.

REPORTAGE – Laëtitia Heuveline | Fraîchement élus, deux maires FN du Var augmentent leurs indemnités de 15%

Source : France Info

Le maire FN du Pontet contraint d’annuler son augmentation de salaire

Le maire Front National du Pontet (Vaucluse) avait prévu d’augmenter de 44% de ses indemnités.

Joris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse) élu en mars 2014. ANNE-CHRISTINE POUJOULATJoris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse) élu en mars 2014. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Le maire FN du Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard, a été contraint d’annuler la hausse de 44% de ses indemnités votée par le conseil municipal en mai, à la suite de son annulation par la préfecture de Vaucluse, a-t-on appris mardi 19 août auprès de son directeur de cabinet, Xavier Magnin. Le préfet de Vaucluse a estimé que cette augmentation était contraire au code des collectivités territoriales.

896,50 euros mensuels en plus pour le maire

Après son élection, en mars, la nouvelle municipalité FN avait voté une délibération augmentant, à partir d’avril, les indemnités du maire et de ses adjoints en ajoutant à l’indemnité mensuelle de base une majoration calculée à partir de la dotation de solidarité urbaine (DSU) perçue par la ville. Les majorations allaient de 181 euros pour les adjoints à 896,50 euros pour le maire, selon la délibération dont l’AFP a eu copie.

L’indemnité du maire de cette ville de 15.000 habitants est ainsi passée de 2.470,95 euros à 3.227,45 euros (+44%), l’enveloppe mensuelle globale des indemnités des élus passant de près de 12.000 euros à environ 14.000.

« Ce sont les fonctionnaires qui font les calculs », a indiqué Xavier Magnin estimant que « le code des collectivités territoriales n’est pas très clair ».

Parler d’une augmentation de 44% est un abus de langage. […] Il n’y a pas eu d’augmentation de rémunération par rapport au maire précédent, Alain Cortade (ndlr UMP), un cumulard, dont l’indemnité était écrêtée et reversée aux adjoints », a ajouté le directeur de cabinet du maire frontiste.

Dans la nouvelle délibération votée le 24 juillet, qui invoque une « erreur matérielle commise par l’administration communale », les indemnités du maire et de ses adjoints ont donc été revues à la baisse pour s’établir à un peu plus de 1.000 euros pour les adjoints et 2.470,95 pour Joris Hebrard.

La mairie FN avait créé la polémique fin juin en décidant de supprimer parallèlement la gratuité totale de la cantine pour les ménages les plus démunis.

Source : nouvelobs.com