Un acte médical sur 5 serait inutile (près de 50 milliards d’euros)

Sur-prescription de médicaments, radios et opérations chirurgicales superflues ou inappropriées… Un acte médical sur cinq serait inutile en France, selon une enquête RTL diffusée le lundi 4 septembre. Ces « soins » et examens représenteraient un peu plus d’un quart du budget annuel de la Sécu (près de 50 milliards d’euros).

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La sur-prescription de médicaments – surtout des antibiotiques – est un problème bien connu en France. Mais d’autres actes médicaux sont également jugés « inutiles » par certains spécialistes du secteur. « Je peux citer par exemple le test pour le dépistage du cancer de la prostate, qui n’est pas recommandé par les pouvoirs publics et les autorités mais qui reste prescrit par les médecins », explique à RTL le docteur Jean-Pierre Thierry, expert à l’association médicale Le Lien qui défend les patients.

« DES PATIENTS, DE PLUS EN PLUS CONSOMMATEURS DE SOINS »

« Vous avez également des interventions sur le genou ou des ablations de la thyroïde », poursuit-il avant de citer « des examens pré-opératoires chez des gens qui vont bien comme des radios du thorax ». Selon lui, ces interventions peuvent avoir des conséquences pour les patients : « Cela peut laisser des séquelles psychologiques mais également physiques parce que certains examens, comme les biopsies, peuvent être assez agressives ».

La faute aux médecins ou à la pression des patients pour obtenir un médicament ou un examen médical ? Pour l’expert santé à la Fondation Concorde, Jacques Marceau, le patient est « conscient de ses droits mais de moins en moins de ses devoirs, notamment depuis que l’on a érigé en progrès le dogme de la démocratie sanitaire ». Dans une tribune publiée le 28 août dernier dans Les Échos, il explique que le patient, « informé et désinformé par Internet« , se comporte de plus en plus « comme un consommateur de soins qui n’hésite plus à faire pression sur son médecin pour orienter sa prescription ».

UN PRINCIPE DE PRÉCAUTION ?

« L’évolution de la complexité ambiante, associée aux transformations technologiques, à la normalisation des protocoles et des parcours de soins, au risque judiciaire et au poids croissant des contraintes administratives, sans oublier les incitations économiques, vient aggraver une situation devenue non seulement économiquement insupportable mais humainement condamnable », ajoute-t-il.

Il préconise de renforcer la formation continue des médecins, de déployer un vrai dossier numérique du patient ou d’institutionnaliser la pratique d’un deuxième avis médical en cas de maladie grave. « Pourquoi refuser à notre système de santé la pratique du deuxième avis, aussi peu coûteuse que ses bénéfices sont immenses et immédiats ? », interroge-t-il.

« Face à de tels enjeux, pourquoi est-il difficile, chez nous plus qu’ailleurs, d’obtenir l’adhésion de l’ensemble des professionnels de santé et des patients ? Avons-nous encore les moyens de fuir nos responsabilités et de ne pas en finir avec nos tabous ? Avec 50 milliards d’euros d’économies à la clef, ce n’est pas sûr ! »

Source : AFP