Amazonie : des millions d’hectares ouverts à l’exploitation minière

Au Brésil, une partie de la forêt a perdu son statut de réserve naturelle, alors que la déforestation s’accélère dans la région.

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La déforestation menace chaque jour un peu plus l’Amazonie. Le président brésilien Michel Temer a mis fin mercredi au statut de réserve naturelle de quatre millions d’hectares de forêt. Ces pans entiers de territoire, autrefois protégés de la déforestation, pourront désormais être exploités par des entreprises minières.

Dans un premier temps, le chef de l’Etat avait pourtant mis son veto à un décret qui mettait en péril la préservation de la forêt de Jamanxim, en région amazonienne. Sauf que Michel Temer est affaibli par l’instabilité politique et les accusations de corruption qui pèsent sur lui. Son gouvernement est accusé par les ONGs de céder face aux lobbys de l’agrobusiness et des compagnies minières.

Des ONG, dont WWF, ont d’ailleurs partagé leurs préoccupations sur l’avenir de cette zone forestière, située dans les Etats du Para et de l’Amapa (nord). En avril, un document officiel du ministère de l’Energie précisait que la disparition de cette réserve pourrait permettre « d’exploiter le potentiel minier de la région », en l’ouvrant au privé.

Le texte stipule néanmoins que le changement de statut « ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtones ». Les autorités locales assurent, quant à elles, que le changement de statut de la réserve a été placé sous le contrôle d’organismes de protection de l’environnement.

Hausse de la déforestation au Brésil

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour la forêt amazonienne. En deux ans, la déforestation  a augmenté de 60 % au Brésil . Cette  accélération de la déforestation , pourrait empêcher le Brésil de respecter ses promesses, faites lors de la COP21.

Le pays avait alors fixé un objectif de diminution de 37 % ses émissions de ses gaz à effet de serre d’ici à 2025. Or, 40 % de ces émissions  proviennent directement de la déforestation au Brésil.  En 2016, elles atteignaient 130 millions de tonnes.

Source : Les Echos