APL : Emmanuel Macron confirme que la baisse de 5 euros n’est qu’un début

Après avoir suscité une levée de boucliers en juillet sur la baisse de 5 euros des APL, Emmanuel Macron persiste et signe.

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Sur le sujet brûlant des aides au logement, Emmanuel Macron n’a pu que constater les dégâts dans l’opinion de l’annonce en catimini, le 22 juillet, de la baisse de 5 euros des APL, ALF et ALS. Le gouvernement a semblé regretter la communication autour de cette mesure et en avait rejeté la responsabilité sur le gouvernement précédent : « Evidemment que ce n’est pas intelligent », avait même déclaré Edouard Philippe. Il n’a cependant pas reculé. Trois jours plus tard, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard promettait même une « réforme globale des aides personnelles au logement » à l’automne, jugeant nécessaire de mettre fin à un « système pervers » responsable selon lui de l’inflation des loyers.

Ce jeudi 31 août dans son entretien au « Point », le président de la République confirme : il veut aller plus loin. Lorsqu’on lui demande s’il envisage d’aller au-delà de la baisse de 5 euros, il répond : « Oui, mais seulement dans le cadre d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers et dans le cadre d’une politique plus globale. »

Alors que les APL alimentent selon lui la hausse des loyers, le chef de l’Etat préconise « un choc d’offre », que doit permettre un projet de loi « présenté à l’automne ».

« Trop de gens vivent sur une rente »

« Il faut libérer le droit de l’urbanisme, les procédures, réduire les coûts, les normes, libérer le foncier public et parapublic plus fortement en permettant de vendre à bas prix, simplifier ces règles en ciblant en particulier les zones tendues, c’est-à-dire le Grand Paris, Lyon et la frontière suisse, ainsi qu’Aix-Marseille », explique-t-il, évoquant un « système d’exception » pour réduire les coûts dans les zones citées.

Emmanuel Macron décrit ensuite le cercle vicieux à l’œuvre selon lui dans le secteur du logement :

« Aujourd’hui, parce qu’on produit trop peu, trop d’acteurs de l’immobilier vivent sur une rente. Qui est la victime finale ? Le jeune, le peu qualifié, celui qui n’a pas accès au logement libre. »

Baisser les APL « de 1, 3 ou 5 euros » n’est pas le sujet, martèle le chef de l’Etat, qui rappelle les mesures décidées en contrepartie pour soulager les finances des étudiants : gel des coûts des inscriptions, des logements et de la restauration universitaire, réforme des mutuelles étudiantes et du logement étudiant pour en réduire les prix.

Source : nouvelobs.com