Un assistant FN admet avoir été payé par le Parlement européen sans y mettre les pieds

Le parquet de Paris a confié à des juges d’instruction l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants du Front national au Parlement européen.

assistant FN

Alors que le parquet vient de confier à des juges d’instruction l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants du Front national au Parlement européen, « l’Express » rapporte un témoignage accablant pour le parti frontiste.

« Certains assistants ont un salaire justifié mais pas tous… Moi, par exemple, j’ai été payé à moitié par le Parlement européen alors que je n’ai jamais mis les pieds à Strasbourg ou à Bruxelles », raconte un assistant que l’hebdomadaire a pu joindre. Comme une douzaine de ses collègues, il a été briefé par deux avocats dans le cas où les choses tourneraient mal. « On nous a indiqué qu’il fallait garder le silence et penser à autre chose lorsque l’on serait interrogés par les policiers. »

Son nom apparaît à la fois au Parlement européen et dans l’organigramme du parti. « Pour la justice, ces doubles inscriptions pourraient laisser supposer que les individus pouvaient être affectés à d’autres tâches que leur travail parlementaire tout en étant rémunérés par les fonds européens », écrit « l’Express ».

Abus de confiance et recel

L’information judiciaire, confiée
aux juges du pôle financier, a été ouverte le 15 décembre pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Elle fait suite à une enquête préliminaire conduite depuis mars 2015 par le parquet, qui avait la possibilité de classer sans suite, d’ordonner directement un procès, ou de saisir les juges d’instruction, une démarche classique lorsque les investigations s’annoncent délicates.

Affaire des assistants parlementaires FN : ouverture d’une information judiciaire« En pleine campagne électorale, c’est caricatural et cela révèle clairement un agenda strictement politique. Les vieilles méthodes politiciennes de persécution des opposants ont la peau dure », a réagi auprès de l’AFP la présidente du Front national Marine Le Pen.

Le parquet avait été saisi par le Parlement européen après les élections de mai 2014, remportées par le parti d’extrême droite en France, qui avait envoyé 24 élus au Parlement de Strasbourg, avec près de 25% des suffrages. Parmi eux, les principales figures du parti, dont sa présidente Marine Le Pen, son cofondateur Jean-Marie Le Pen ou encore Florian Philippot.

Source : L’Obs