Vous avez de l’épargne ? Retenez ça : 1 % de hausse des taux = 1 000 milliards de pertes

Aujourd’hui, je vous propose la traduction d’un article qui ne fait jamais rien que confirmer ce que je tente parfois, avec grande difficulté, d’expliquer au plus grand nombre, à savoir que votre épargne est en grand danger.

épargne
« Vous avez de l’épargne ? Retenez ça : 1 % de hausse des taux = 1 000 milliards de pertes minimum pour le marché obligataire »

Souvent, on me répond que ce ne sont que les riches qui sont concernés par ces problèmes… Eh bien au risque de décevoir quelques « pauvres », figurez-vous que non : tout le monde est concerné, quelle que soit la taille de son patrimoine ou de son non-patrimoine, et je dirais même que moins vous êtes riche, plus vous êtes fragile et moins il vous en restera en cas de problème !.

Une personne qui a 10 millions d’euros, même si elle perd 9/10e de sa fortune il lui restera encore… un bon million !! De quoi en faire rêver plus d’un. Le type qui a péniblement mis de côté 15 000 euros, l’épargne de toute une vie, peut potentiellement tout perdre et ces 15 000 euros peuvent vraiment lui manquer à lui car évidemment, l’utilité marginale comme on dit en économie des premiers milliers d’euros n’a rien à voir avec celle des derniers millions qui ne sont presque jamais… utilisés par leur propriétaire en réalité..

Bref, que doit faire un pauvre ? Eh bien c’est simple. Si vous vouliez suivre une formation, n’hésitez pas : investissez en vous plutôt que de garder de l’argent à la banque placé à des taux négatifs !! Ce n’est qu’un tout petit exemple mais je peux vous assurer qu’en cherchant bien vous trouverez comment utiliser votre argent de façon optimale pour vous rendre plus « performant », plus « employable », ou encore plus « résilient », ou tout ce que vous voudrez..

Pour Charles Himmelberg, analyste de chez Goldman Sachs, 1 % de hausse des taux = 1 trillion de pertes minimum pour le marché obligataire !!

C’est le site Zero hedge qui a repris cette dépêche de Bloomberg donc tout cela est parfaitement vrai et sourcé comme ont dit..
Je pense, et je le dis depuis des mois, que la FED est prise au piège des taux d’intérêt très bas, et que l’économie et en particulier l’endettement font qu’il est impossible pour la FED d’augmenter de façon significative les taux d’intérêt sans déclencher un monumental krach obligataire d’anthologie et qui ferait passer la crise des subprimes de 2007 pour du pipi de chat !!.

Charles Himmelberg, analyste de chez Goldman Sachs, a pris la peine d’évaluer les pertes que subirait le marché obligataire en cas d’une hausse des taux de 1 %… Je vous laisse imaginer le coût si les taux allaient disons jusqu’à 5 ou 6 % !! On parlerait de 5 000 à 6 000 milliards de pertes… et là, croyez-moi, cela commence à piquer un peu ! Zero hedge, qui a commenté cette analyse dans cet article du 4 juin, explique qu’après 7 années de guerre des devises, les banques centrales, dévaluant tour à tour afin de désespérément tenter de relancer la machine enrayée de la croissance, ont fait chuter les taux obligataires si bien qu’aujourd’hui, un total de 10 trillions
de dette à travers le monde « offre » un rendement négatif, ce qui signifie que vous devez payer pour avoir le privilège de prêter votre argent à un État souvent surendetté ! Tant que les taux ne grimpent pas et que les obligations trouvent preneur, cette stratégie est relativement sûre. En revanche, un risque majeur se profile si les banques centrales se mettent à serrer la vis..

Parmi les partisans d’un planning de hausse des taux plus agressif, il y a notamment les banques, désireuses d’augmenter leurs revenus. Cependant, celles-ci, à l’instar de Matt Dimon, ne prennent pas en compte les pertes que les détenteurs d’obligations à long terme acquises dans le passé devront encaisser en cas de hausse des taux (vu que la valeur d’une obligation évolue en sens opposé des taux)..

Quel est le risque ? D’après Charles Himmelberg de Goldman Sachs, en cas de hausse des taux du pour cent souhaité par Dimon, la perte de valeur devrait s’élever entre 1 et 2,4 trillions de dollars ! Pour remettre ces montants dans leur contexte, même l’estimation basse d’un trillion serait supérieure de 50 % aux pertes du krach obligataire de 1994, ainsi que plus élevée à l’ensemble des pertes accumulées jusqu’à présent sur le marché des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS, titrisation du crédit hypothécaire). En cas de normalisation des taux à leur niveau historique (3,5 %), les pertes s’élèveraient à 3 trillions de dollars..

Ça veut dire quoi pour votre épargne ?

Si vous avez un contrat d’assurance vie fonds en euros, cela veut dire que vous êtes chargé…. d’obligations ! Autant dire que votre contrat pourrait ne plus valoir tripette ou se retrouver bloqué… car il pourrait ne plus y avoir de liquidités..

Cela veut dire que les banques et les compagnies d’assurance pourraient à nouveaux vaciller et s’effondrer. Bref, encore une fois, depuis 2007, rien n’a changé, tout est pareil mais en pire, même si on vous explique que « La-France-Va-Mieux &ra mais tout cela c’est de la com’, c’est bidon, c’est de l’incantation..

La réalité c’est que hier comme aujourd’hui, ce sont les banques centrales qui tiennent à bout de bras et de manière concertée l’économie mondiale chancelante..
Il faut donc surveiller ce que font les banques centrales et ce qu’elles ne font pas, et il faut aussi ne pas céder à l’envie rassurante de croire que les banques centrales peuvent et pourront toujours tout !!.

Intégrez dans vos scénarios que les banques centrales pourraient aussi échouer tout en sachant que si elles réussissent, cela se fera au prix d’une terrible érosion de votre épargne et de votre pouvoir d’achat..

En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !
Charles SANNAT sur Insolentiae 7 juin 2016