Brexit : l’inflation fait son retour au Royaume-Uni

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,3 % en février, soit 0,1 point de plus que les salaires.

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Conséquence directe du Brexit et de la baisse de la livre sterling, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,3 % en février, selon les chiffres publiés par l’Office national des statistiques britannique, mardi 21 mars. Pour la première fois depuis octobre 2014, il est supérieur à la hausse des salaires, qui n’atteint que 2,2 % en janvier. Voilà presque deux ans et demi que les deux courbes ne s’étaient pas croisées de la sorte. Les Britanniques connaissent désormais une baisse de leur pouvoir d’achat.

Pas besoin d’avancer ces savants calculs pour convaincre Denise Murmane du problème. Au marché de Brixton, dans le sud de Londres, la vendeuse de fruits et légumes a vécu un hiver difficile.

« Le prix de mes cageots de tomates a doublé. Avant, je les achetais 4 ou 5 livres chacun [4,60 ou 5,80 euros], maintenant, c’est 12 livres. Et les courgettes ont triplé ! »

« C’est à cause de la chute de la livre »

L’envolée du prix des légumes vient en partie de la météo catastrophique en Espagne, qui a provoqué une éphémère pénurie de salades dans les rayons des supermarchés britanniques en février. Mais, à ce phénomène, s’est ajoutée la chute de presque 15 % de la livre sterling face à l’euro depuis le vote en faveur du Brexit. Cela renchérit d’autant les importations au Royaume-Uni.

Dans un tel contexte, Mme Murmane a préféré retirer les légumes les plus chers de ses étalages. « Mes clients n’auraient pas acheté. » Le printemps lui apporte désormais un répit très attendu : ce qui est récolté au Royaume-Uni (et donc vendu en livres sterling) arrive progressivement sur le marché.

Partout à Electric Avenue, la rue où est installé le marché (qui a été le premier éclairé à l’électricité à la fin du XIXsiècle), les commerçants se plaignent des prix. Osman Ahji, un vendeur irakien, constate que ses paquets de riz de 10 kilos sont désormais 1 livre sterling plus cher qu’autrefois.

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