Brexit. Royaume-Uni : voyages, légumes et essence déjà plus chers

Les conséquences économiques du Brexit pour les ménages britanniques se font déjà sentir : avec la chute de la livre, les voyages coûtent plus cher et les prix des produits frais devraient augmenter dans les supermarchés.

Lors de la campagne pour le référendum, le ministre des Finances George Osborne avait prévenu qu’une sortie de l’Union européenne amputerait chaque foyer britannique d’environ 4 300 livres (5 200 euros) de revenus par an.

Ce type de prévisions est impossible à vérifier, personne ne sachant à l’heure actuelle quelle sera la relation future du Royaume-Uni avec l’UE ni l’ampleur du choc économique que devra encaisser le pays. Chute de la livre sterling Mais l’effet le plus tangible et immédiat est la chute de la livre sterling, qui depuis vendredi a dégringolé de jusqu’à 12,6 % face au dollar et de 10,2 % face à l’euro.

Dès vendredi, l’effet s’est fait sentir pour les Britanniques en vacances en Espagne, en France ou aux États-Unis. « La chute de la valeur de la livre sterling a un effet immédiat sur les voyageurs et leur pouvoir d’achat à l’étranger », a rappelé l’Association des agents de voyage britanniques (ABTA).

Cette dévaluation augmente aussi mécaniquement le prix des importations. L’impact pourrait être ressenti rapidement à la caisse des supermarchés, alors que le pays est importateur net dans toutes les catégories d’aliments, à commencer par les fruits et légumes. Fromage et essence plus chers« Les prix des produits frais va grimper parce que beaucoup viennent de l’UE. Dans le cas de la première chaîne de supermarchés du pays Tesco, par exemple, près de 50 % de leur beurre et fromages consommés au Royaume-Uni sont fabriqués avec du lait européen », souligne le cabinet Kantar Retail.

Les distributeurs, dont les marges ont fondu après des années de guerre des prix et le nouveau dispositif de salaire minimum en vigueur dans le pays, seront contraints de faire passer au moins une partie de la facture à leurs clients. « Les clients vont finir par payer l’inflation additionnelle » sur l’alimentation, estime Bruno Monteyne, analyste chez Bernstein.

À plus long terme, l’effet serait pire si des droits de douanes étaient rétablis – un scénario parmi d’autres alors que la relation du Royaume-Uni avec l’UE est à redéfinir. C’est le consommateur qui va payerLe géant anglo-néerlandais Unilever des biens de consommation courante (savons Dove, thés Lipton, glaces Magnum) prend l’hypothèse au sérieux.

« Le prix du lait va augmenter, le prix de la glace va augmenter et à la fin ce sera le consommateur qui paiera pour ça », avait averti son directeur général Paul Polman avant le scrutin.

Alors que le pays est importateur net de pétrole, malgré sa production en mer du Nord, la facture énergétique et dans les stations-service risque aussi d’être gonflée, alors que le baril est facturé en dollar. Ralentissement de l’immobilierPour l’avenir, des hausses d’impôts pourraient également se matérialiser : pendant la campagne, le chancelier de l’Échiquier George Osborne avait promis un « budget d’urgence » avec de nouvelles mesures d’austérité en cas de Brexit. Mais il temporise désormais, renvoyant la décision à l’automne, lorsqu’un nouveau Premier ministre aura remplacé David Cameron.

Le secteur de l’immobilier pourrait voir le ralentissement observé depuis quelques mois s’amplifier. Il avait flambé pendant des années, particulièrement à Londres, porté par une forte demande étrangère tandis que l’offre était loin de suivre le rythme.

« À court terme (jusqu’en 2018), le résultat du référendum aura presque certainement un impact négatif sur les prix et le nombre de transactions », prévoit le Centre for Economics and Business Research (CEBR). Baisse des volumes de transactionLe réseau d’agences immobilières Foxtons a lancé un avertissement sur ses résultats dès lundi, ayant constaté une baisse des volumes de transaction avant même le référendum, une tendance qui devrait maintenant se prolonger.

Un éventuellement refroidissement pourrait toutefois représenter une bonne nouvelle pour les primo-accédants, voire pour les locataires, désemparés par la flambée des prix.

Enfin, l’agence de notation Standard and Poor’s a dégradé la note de la dette de la Grande-Bretagne à « AA ».

Source : Ouest France