Le camp Macron se dit victime de Vladimir Poutine et de Julian Assange

Les cadres du mouvement d’Emmanuel Macron se relaient dans les médias depuis le début de la semaine pour dénoncer les attaques de cyber-militants qui seraient à l’origine des calomnies qui circulent sur son compte.

L’ombre de Moscou plane sur l’élection présidentielle. Depuis plus de deux mois déjà, les signaux se multiplient en France: une armée de cyber-militants favorables à Vladimir Poutine tenterait de favoriser les candidats aux positions les plus compatibles avec celle du maître du Kremlin. Une situation qui vient rappeler la présidentielle américaine, marquée par le soutien porté à Donald Trump par ces mêmes réseaux. Un soutien qui a pu prendre la forme de campagnes de dénigrement, comme ont pu en faire les frais Hillary Clinton aux États-Unis ou Alain Juppé en France. Ce mardi matin Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche!, alerte au moyen d’une tribune dans le Monde: ces attaques se poursuivent et auraient trouvé une nouvelle cible privilégiée: Emmanuel Macron. Un sujet brûlant d’actualité puisque le site d’En Marche a encore été la cible d’une attaque informatique ce mardi matin.

«Nous sommes en présence d’une tentative orchestrée de déstabilisation d’un candidat à l’élection présidentielle par une puissance étrangère», s’alarme le député du Finistère. «Il s’agit de l’ingérence d’un État étranger déterminé à déstabiliser l’un des candidats susceptibles de remporter cette élection: Emmanuel Macron. Cette affirmation grave pourrait prêter à sourire si les éléments la corroborant n’étaient aussi manifestes et publics», assure-t-il. Des éléments qui prennent d’abord la forme très directe d’attaques contre le dispositif de campagne de l’ancien patron de Bercy: «Le site internet du mouvement En Marche! et ses infrastructures font l’objet de plusieurs milliers d’attaques mensuelles sous diverses formes. L’objectif est de pénétrer dans nos bases de données et nos boîtes mail afin de les pirater». Lancées pour la plupart depuis l’Ukraine, ces opérations malveillantes portent sans aucun doute la marque de «groupes structurés» pro Russes.

La preuve en est, avance ce soutien d’Emmanuel Macron, que les médias proches du Kremlin se font les relais de ces campagnes de déstabilisation. «Russia Today et SputnikNews s’acharnent à répandre sur Emmanuel Macron les rumeurs les plus diffamatoires. Un jour, il est financé par “le riche lobby gay”, un autre, il est un “agent américain au service du lobby bancaire”», poursuit Richard Ferrand, avant de souligner: «Faut-il rappeler que ces deux médias sont intégralement financés par l’État russe et que, de leur propre aveu, ils relaient dans les opinions du monde entier les thèses du Kremlin en tout domaine?». Autre cible des accusations du secrétaire général d’En Marche: le fondateur du site Wikileaks, Julian Assange.

«M. Julian Assange fait savoir qu’il détiendrait des “informations intéressantes” sur Emmanuel Macron issues des mails piratés de Hillary Clinton», accuse Richard Ferrand. «La proximité de M. Assange avec le régime russe n’est un mystère pour personne et ces déclarations ont été faites au journal russe Izvestia. Que les déclarations de ce hacker professionnel ayant déjà déstabilisé les élections américaines surviennent au moment où nous sommes attaqués ne saurait être une pure coïncidence», veut croire l’élu breton. Les bénéficiaires, eux restent les mêmes: «Mme Le Pen et M. Fillon sont mystérieusement épargnés, comme si leur proximité notoire avec le pouvoir russe les immunisait contre les calomnies dont Emmanuel Macron est la cible – lui qui, seul au sein des candidats à l’élection présidentielle, plaide pour une Europe forte capable de faire peser sur la scène internationale nos valeurs et nos priorités», affirme encore le député.

Sputnik et RT démentent

Si la réalité des cyber-menaces qui pèsent sur les formations politique est indéniable, il reste toutefois difficile d’établir des liens manifestes entre toutes ces actions, et encore plus de caractériser une chaîne de commanditaires qui remonterait jusqu’à la tête d’un État spécifique. Des responsables politiques de tous bords en ont jusqu’ici fait les frais, contrairement à ce qu’affirme la tribune. François Fillon a également fait l’objet d’une campagne de dénigrement sur Internet pendant la primaire de la droite, et dont les origines ne sont pas tout à fait connues, sous le nom de «Farid Fillon». Une campagne largement relayée par les réseaux d’extrême droite et par les soutiens de Marine Le Pen, et dont certaines caractéristiques rappellent la campagne subie par Emmanuel Macron. A l’inverse, le candidat LR a également bénéficié d’une campagne de soutien dans «le Penelopegate», relayée par des dizaines de comptes-robots sur Twitter.

Une chose est sûre, en se positonnant en victime d’une offensive orientée selon les intérêts Russes à l’Instar d’Hillary Clinton, Emmanuel Macron se place au centre du jeu politique pour 2017. Sputnik et RT, les médias concernés dont l’orientation n’est pas un mystère, démentent formellement. Et en désignant Le Pen et Fillon comme les protégés de ces activistes russes, il assossie ses adversaires à Donald trump, et le fondateur de En Marche se pose comme leur principal opposant. En tout cas, cette menace sur la sincérité du scrutin est prise très au sérieux dans les plus hautes sphères de l’État: plusieurs fois alerté par la DGSE, le gouvernement prévoit prochainement un conseil de défense consacré à ce sujet.

Source : Le Figaro