Une centaine de fichés S ont un port d’arme

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé devant le Sénat qu’une « centaine » de personnes fichées S avaient également le droit de détenir une arme à feu.

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Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur Crédit : AFP / JEFF PACHOUD

Trois semaines après l’attaque de gendarmes sur les Champs-Élysées par Adam Djaziri, inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSRPT) et également détenteur d’un permis de port d’arme, Gérard Collomb a déclaré devant le Sénat mercredi 5 juillet qu’une « centaine » de personnes se trouvaient dans la même situation.

« Nous en avons repéré une centaine », a déclaré le ministre de l’Intérieur lors de son audition devant la commission des lois du Sénat dans le cadre de l’examen du nouveau projet de loi antiterroriste. Dans un entretien paru le 21 juin dans Le Figaro, le ministre avait affirmé avoir demandé une « nouvelle évaluation » des personnes fichées pour radicalisation susceptibles de détenir légalement une arme, alors qu’Adam Djaziri, mort dans un attentat raté sur les Champs-Élysées, en possédait légalement plusieurs.

« La personne qui voulait commettre cet attentat était inscrite au fichier S et était, en même temps, détentrice d’armes de manière tout à fait légale. C’est un signe de dysfonctionnement », a souligné Gérard Collomb devant les sénateurs. « J’ai écrit à l’ensemble des préfets pour regarder ces situations-là et j’ai demandé (…) d’identifier l’ensemble des individus inscrits au FSPRT (…) de manière à pouvoir agir et à traiter les problèmes », a ajouté le ministre. « Les préfets sont priés d’agir pour faire en sorte que l’on revienne à un état normal par rapport à ce qui est apparu à tous nos concitoyens comme un dysfonctionnement important », a-t-il complété.

Fiché S (pour Sûreté de l’Etat) depuis 2015, Adam Djaziri a bénéficié en 2012 de l’autorisation de détention et de transport d’armes pour sa pratique de tir sportif, selon des sources proches du dossier. Gérard Collomb fait, lui, état d’autorisations de port d’arme délivrées « quelques mois avant d’être repéré par les services de renseignement ». Sans antécédents psychiatriques et inconnu au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), il a reçu un feu vert de l’administration. Il avait fait une demande de renouvellement de son autorisation en février dernier.

Source : RTL