CETA: la Wallonie ne veut pas « céder sous la pression »

Les négociations qui se sont poursuivies mardi entre Belges, d’une part, et entre le gouvernement belge et l’UE de l’autre, n’ont pas permis de débloquer la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (CETA), la Wallonie refusant toujours de « céder sous la pression ».

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Les négociations qui se sont poursuivies mardi entre Belges, d’une part, et entre le gouvernement belge et l’UE de l’autre, n’ont pas permis de débloquer la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (CETA), la Wallonie refusant toujours de « céder sous la pression ». Les acteurs belges de ce psychodrame qui risque de plonger l’UE dans une nouvelle crise se retrouveront dès 08H00 (06H00 GMT) pour une énième « réunion de concertation ».

« On a très bien travaillé pendant cette après-midi et cette soirée », a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, en sortant d’une réunion à Bruxelles de six heures où se sont retrouvés les représentants de toutes les régions et communautés qui composent la Belgique et le gouvernement fédéral. Mais cette nouvelle négociation n’a pas permis la percée espérée par les 27 partenaires européens de la Belgique et par le Canada, dont le Premier ministre devait en principe se rendre jeudi dans la capitale belge pour signer le CETA.

Pas de réponse immédiate

Mais les Européens et Ottawa ne doivent pas s’attendre à une réponse immédiate, même si les Belges parviennent à s’entendre sur les « deux ou trois difficultés qui restent à circonscrire », selon M. Reynders. « Je n’ai pas du tout posé la question de savoir si l’on pouvait signer ou non un accord. Ce que je souhaitais faire, c’est mettre les textes en ordre pour que l’on puisse dire aux collègues européens: voilà de quoi nous souhaitons parler », a expliqué le chef de la diplomatie belge.

« Ca veut dire qu’il y aura un nouveau débat avec nos partenaires européens sur base des demandes belges », a-t-il ajouté. L’UE a décidé – à ce stade – de ne pas annuler le sommet avec le Canada prévu jeudi à Bruxelles, qui doit sceller formellement l’accord commercial après sept années de négociations.

Elle n’est pas encore prête à renoncer malgré la farouche opposition en Belgique des régions de Wallonie et de Bruxelles-capitale ainsi que de la communauté linguistique « française », qui bloquent toujours le feu vert de ce pays. « Je ne parle jamais d’avancées, je ne dis pas non plus que c’est paralysé. On sent qu’on commence à être entendus, mais on continue à négocier », a dit le chef du gouvernement wallon, le socialiste Paul Magnette en quittant le réunion en milieu de soirée. « On ne peut pas nous forcer à céder sous la pression », avait-il prévenu à son arrivée à la réunion bruxelloise.

« Le Ceta n’est pas mort »

De son côté, la Commission européenne a prôné une nouvelle fois la patience. « La Belgique est encore en train d’établir sa position (…), nous le respectons », a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen, Alexander Winterstein, lors d’un point presse. « Ce qu’il faut maintenant, c’est de la patience », a-t-il dit, martelant qu’il n’y avait « pas de délai ».

Au sein du Parlement européen, qui a lui voté en faveur de la signature de l’accord, une majorité politique se dégageait pour maintenir en vie le plus ambitieux accord commercial jamais négocié par l’UE. « Le CETA n’est pas mort », ont ainsi lancé mardi à Strasbourg à la fois le chef de file du PPE (droite) au Parlement Manfred Weber et son homologue des libéraux, Guy Verhofstadt.

« La chose la plus importante (est) de faire les pas nécessaires pour approuver l’accord » d’ici le mois de novembre entre les Etats membres et l’Union, pour une signature « en décembre », a estimé M. Verhofstadt, par ailleurs fin connaisseur des affres de la politique belge en tant qu’ancien Premier ministre du royaume.

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Le président social-démocrate de l’hémicycle, Martin Schulz, qui appartient à la même famille politique que le dirigeant wallon Paul Magnette, a également mis son poids dans la balance pour un report du sommet UE-Canada. « Je ne crois pas que nous parviendrons à une solution cette semaine. Cela me semble très très difficile », a dit M. Schulz dans un entretien avec la radio Deutschlandfunk, jugeant que « si on a besoin de 14 jours supplémentaires, (alors) on décale un sommet » d’une telle importance.

Source : Challenges / AFP