Pas-de-Calais: Elu maire à 22 ans, il est mis en examen pour «faux en écriture publique»

L’un des plus jeunes maires de France, élu à Hesdin, dans le Pas-de-Calais, est soupçonné d’avoir fait rédiger une fausse délibération de son conseil municipal…

Elu maire à 22 ans

On lui reproche d’avoir, en avril 2016, envoyé une délibération en sous-préfecture « en la présentant comme une vraie délibération prise en conseil municipal » ce qui n’était pas le cas, selon une source proche du dossier. Le maire (DVD) d’Hesdin (Pas-de-Calais) Stéphane Sieczkowski-Samier, a été mis en examen pour « complicité de faux et d’usage de faux en écriture publique » et de « prise illégale d’intérêt ».

La gestion des logements communaux à l’agence de sa mère

Sa mère, Christiane Samier, conseillère municipale de cette commune d’environ 2 400 habitants, et le chef de la police municipale, ont également été mis en examen par le tribunal de Boulogne-sur-Mer. L’opposition avait saisi le sous-préfet en affirmant n’avoir jamais voté cette délibération.

Cette délibération décidait de confier la gestion des logements communaux à l’agence immobilière Orpi, « qui appartient à la mère » du jeune élu, a ajouté cette source.

Non seulement le maire a prétendu auprès du sous-préfet que la décision avait été prise alors qu’elle ne l’était pas, mais « pour la justifier, il aurait fait fabriquer par un tiers une fausse délibération », a résumé le parquet de Boulogne-sur-Mer.

Considéré comme un crime

Le faux en écriture publique commis par une personne dépositaire de l’autorité publique est considéré comme un crime par le Code pénal, qui prévoit une peine maximale de quinze ans de réclusion criminelle et 225 000 euros d’amende.

Le tribunal a également mis en examen Christiane Samier pour « prise illégale d’intérêt par personne investie d’un mandat électif » et le chef de la police municipale qui « serait celui qui a rédigé la fausse délibération sur instruction du maire », selon le parquet de Boulogne.

Il avait cité Hitler

Ces trois personnes avaient été placées en garde à vue, mercredi, et entendues par les enquêteurs financiers de la section de recherches de la gendarmerie de Lille.

« On me reproche un conflit d’intérêts, un faux en écriture, il n’y a eu aucun préjudice pour la commune, aucun enrichissement personnel », a répliqué Stéphane Sieczkowski-Samier sur France 3.

En 2014, Stéphane Sieczkowski-Samier avait été l’un des plus jeunes maires de France, élu à 22 ans. Il s’était déjà fait remarquer en citant Hitler lors d’un de ses discours devant des anciens combattants.

Source : 20minutes.fr