Des emplois fictifs autour de Marine Le Pen ?

L’enquête sur les montages complexes liés au financement du FN a pris une nouvelle dimension.

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L’enquête visant le Front national a pris une nouvelle dimension. Les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi ont élargi leurs investigations à des faits de «financement illégal d’un parti politique» et «financement de campagne électorale», a révélé le Monde daté de ce samedi. Au cœur de ce vaste système de fraude présumé : le microparti de Marine Le Pen, Jeanne, et la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon.

Fonds publics. Ce proche de la présidente du FN, rouage essentiel des finances du parti, est suspecté d’avoir conçu et surfacturé des «kits de campagne», obligatoires pour tous les candidats frontistes aux législatives de 2012 (lire Libération du 19 février). Déjà poursuivi pour «faux et usage de faux», «escroquerie» et «abus de biens sociaux», Chatillon vient d’être mis en examen pour «financement illégal de parti politique». Sa société, Riwal, a également été mise en examen en tant que personne morale pour «escroquerie». Ces kits de campagne étant remboursés par l’Etat pour les candidats ayant obtenu plus de 5% des suffrages, la manœuvre s’apparente à un détournement de fonds publics. La justice estime à 10 millions d’euros l’argent détourné pour le financement des campagnes frontistes de 2012.

Conclusion des magistrats : Riwal aurait «trompé l’Etat français» afin d’obtenir «le remboursement des frais de campagne surévalués aux candidats, sur la base de comptes de campagne frauduleusement établis». Selon le Monde, les juges reprochent également à Marine Le Pen d’avoir fait salarier «fictivement» par Riwal deux de ses conseillers : Nicolas Bay, son porte-parole de campagne, et David Rachline, son conseiller com. Pendant deux mois, en 2012, le premier a été rémunéré en tant que «concepteur rédacteur», le second comme «responsable de projet». Des sommes symboliques, à peine plus de 10 000 euros en tout, mais révélatrices du mélange des genres dans les finances du FN. Ouverte en avril 2014 après un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne, l’enquête judiciaire lève peu à peu
le voile sur la galaxie de sociétés gravitant autour du parti.

Echeveau. Outre Chatillon, deux cadres frontistes ont déjà été mis en examen : Olivier Duguet, premier trésorier de Jeanne, et Axel Loustau, son successeur. Les magistrats cherchent désormais à démêler l’écheveau de structures où leur nom apparaît. Avant d’entendre celle dont l’ombre flotte sur tout le système, Marine Le Pen elle-même.

Source : Libération