Donald Trump : Ce qu’il faut retenir de la première interview

Le républicain a détaillé à la chaîne CBS plusieurs points de son programme et livré un aperçu de la manière dont il voit sa présidence.

Donald Trump a accordé un entretien à la chaîne de télévision CBS, son premier depuis son élection à la présidence des Etats-Unis. Dans cette interview, réalisée chez lui à New York et diffusée dimanche 13 novembre, le républicain détaille quelques points de son programme et livre un aperçu de la manière dont il envisage sa présidence.

Donald Trump renoncera à son salaire de président

Donald Trump va renoncer à percevoir les quelque 400 000 dollars de salaire annuel dévolus au président des Etats-Unis. L’homme, dont la fortune personnelle a été estimée, début octobre, à 3,7 milliards de dollars par le magazine Forbes, a expliqué qu’il ne percevrait que le dollar symbolique auquel l’oblige la loi.

Il lance un appel au calme, alors que des tensions traversent le pays

Le républicain a cherché à calmer les tensions qui traversent la société américaine depuis son élection. « N’ayez pas peur. Nous allons rétablir notre pays », a-t-il lancé aux milliers de manifestants qui le défient quotidiennement dans plusieurs villes des Etats-Unis.

Il a également condamné des actes de violence et de harcèlement contre des minorités – musulmans, Noirs ou Hispaniques – qui, selon l’opposition démocrate et des associations, se seraient multipliés depuis le 8 novembre : « Je suis si triste d’entendre cela. Et je dis : arrêtez cela. Si cela peut aider, je le dis et je le dis face à la caméra : arrêtez cela. »

Il reste ferme sur les armes à feu et l’avortement

Le président élu a confirmé qu’il nommerait à la Cour suprême des juges anti-avortement et favorables au port d’armes à feu. « Voici ce qui va se passer. Je suis pro-life [anti-avortement] et les juges seront pro-life », a-t-il déclaré. « Ils vont être très favorables au deuxième amendement » de la Constitution, qui fait du port d’arme un droit pour chaque citoyen américain, a-t-il ajouté. Concernant l’avortement, le républicain estime que le dernier mot devrait revenir aux Etats qui devraient pouvoir chacun choisir sa législation.

Donald Trump va devoir nommer un juge à la Cour suprême car un siège est actuellement vacant. Mais il pourrait procéder au cours de son mandat à d’autres nominations en cas de mort ou de départ à la retraite d’autres magistrats. La Cour suprême, dont le pouvoir sur les questions de société est déterminant, pourrait ainsi prendre une coloration très conservatrice.

Il ne va pas remettre en cause le mariage homosexuel

Le président élu n’a pas l’intention d’œuvrer à une remise en cause du mariage homosexuel. Il a rappelé que la Cour suprême avait statué sur le sujet : « C’est la loi (…) Cela me convient. » Dans une décision de juin 2015, la Cour suprême avait affirmé le droit pour les personnes de même sexe de s’unir.

Il compte expulser jusqu’à 3 millions de clandestins

« Ce que nous allons faire, c’est prendre les gens qui sont des criminels et qui ont des casiers judiciaires, qui appartiennent à des gangs, qui sont des trafiquants de drogue (…), sans doute 2 millions, ça peut aussi être 3 millions [de personnes], nous allons les renvoyer du pays ou nous allons les mettre en prison. Mais nous allons les renvoyer de notre pays, ils sont ici illégalement », affirme Donald Trump.

Le président élu revoit ainsi à la baisse un engagement qu’il a longtemps déclamé pendant sa campagne : il s’était d’abord engagé à expulser la totalité des 11 millions d’immigrés sans-papiers présents aux Etats-Unis, parfois depuis des décennies. Fin août, après des moments d’hésitation, il était revenu sur cette promesse en indiquant ne vouloir déporter que « les mauvais », c’est-à-dire les délinquants.

Il veut un mur et « des clôtures » à la frontière mexicaine

Donald Trump est également revenu sur l’un des projets emblématiques de son programme : la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Le 45e président des Etats-Unis a toutefois expliqué : « Pour certaines zones, je voudrais [des clôtures], pour d’autres un mur est plus approprié », a-t-il dit, ajoutant sur le ton de l’humour : « Je suis très bon pour tout ce qui concerne la construction. »

Ce changement de position est peut-être dû au fait que le Mexique a catégoriquement refusé de financer ce mur de la discorde, malgré la promesse de Donald Trump de faire payer à Mexico les travaux. Le projet, tel qu’imaginé par le milliardaire jusqu’à présent, s’étalait sur 1 600 kilomètres le long de la frontière pour un coût de 8 milliards de dollars.

Il se montre plus flexible sur « Obamacare »

Donald Trump a enfin montré une certaine flexibilité sur « Obamacare », la loi emblématique du mandat de son prédécesseur qui permet à tous les Américains d’avoir une assurance santé, mais dont le fonctionnement est très critiqué. Elle pourrait être amendée, et non simplement abrogée, a expliqué le républicain.
Source : Le Monde