Donald Trump président des États-Unis : quelles conséquences ?

Donald Trump est devenu le 45e président des Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi. Après avoir été investi le 20 janvier, il devra mettre en oeuvre les nombreuses promesses faites lors de la campagne.

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Donald Trump pourrait ainsi mettre en place les propositions parfois surréalistes qu’il a faites tout au long de sa campagne. Avec des conséquences incertaines pour les Etats-Unis et le monde. Alors que des élus démocrates ont remis en cause sa santé mentale, à quoi pourrait ressembler le premier mandat du président Donald Trump ? Voici ses principales propositions à l’épreuve de la réalité.

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Expulser les sans-papiers des Etats-Unis

Peu après s’être déclaré candidat à l’investiture républicaine, il y a près d’un an, Donald Trump avait émis sa première proposition choc, promettant d’expulser les 11 millions de sans-papiers qui se trouvent sur le sol américain. Un projet qu’il a confirmé par la suite, comme en novembre dernier, au micro de la chaîne NBC :  « nous allons créer une force chargée des déportations, avait-il déclaré. Nous n’avons pas le choix ! Nous ne savons même pas combien ils sont : 8 millions ? 20 millions ? Nous n’avons aucune idée du nombre d’illégaux dans notre pays. L’immigration illégale nous coûte 200 milliards par an ».

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Au-delà de l’aspect moral d’une telle mesure, sa mise en place poserait des problèmes. La principale difficulté serait d’identifier et de localiser les sans-papiers, qui par définition se trouvent en dehors des radars de l’administration. Il faudrait donc mobiliser l’ensemble des services de police, des douanes, des services de l’immigration, des services municipaux et même la garde nationale, ce qui coûterait très cher et empêcherait les services en question de mener à bien leurs autres prérogatives. La déporation des immigrés illégaux serait également coûteuse, puisqu’il faudrait mobiliser les transports et organiser le déplacement et l’expulsion de millions de personnes. De plus, les images de familles en pleurs, de travailleurs saisonniers parqués dans des trains et de centres de rétension saturés, terniraient fortement l’image des Etats-Unis à l’étranger.

Washington s’exposerait également à des poursuites judiciaires sur des décennies, de la part des personnes déportées comme des associations de défense des droits de l’Homme,
ce qui pourrait potentiellement coûter une fortune au Trésor américain. Donald Trump lui-même pourrait d’ailleurs être conscient de la difficulté de mettre en place cette mesure. Selon le site Buzzfeed, il aurait ainsi confié en « off » à des journalistes du New York Times qu’il l’abandonnerait s’il était élu…

Interdire l’entrée des Etats-Unis aux musulmans

En décembre dernier, alors que Barack Obama venait d’appeler les Américains a rejeter toute hostilité envers l’Islam, Donald Trump prenait le contrepied du président américain en annonçant qu’il comptait interdire l’entrée du territoire américain aux Musulmans s’il était élu. Hormis le fait qu’une telle mesure serait inefficace pour lutter contre le terrorisme, sa légalité et sa faisabilité apparaîssent plus que douteuses. « Le seul domaine dans lequel la religion constitue un critère légal dans la décision d’accepter ou de refuser l’immigration d’une personne est le cas où celle-ci fuit une persécution religieuse et demande le statut de réfugié, a ainsi rappelé Richard Primus, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Michigan, à CBS News. Dire ‘pas de Musulmans autorisés ou pas de Chrétiens autorisés’ ne serait pas légal. Ce serait même probablement contraire à la Constitution ».

Les Etats-Unis ont toutefois, par le passé, déja interdit l’entrée de leur territoire à un groupe de personnes, mais sur la base de leur nationalité. Jusqu’en 1943 et depuis des décennies, les ressortissants chinois étaient ainsi exclus. Et en 1942, après le massacre de Pearl Harbor, le président Roosevelt avait autorisé l’internement de 110.000 résidents américains d’origine japonaise. Mais en dehors d’un contexte de guerre, et en vertu de la Constitution américaine actuelle comme des règles internationales, exclure un groupe de personnes en raison de sa religion apparaît aujourd’hui impossible.

Construire un mur à la frontière avec le Mexique

Le candidat républicain a fait de la construction d’un immense mur le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique l’un des points forts de son programme. Cette barrière, qu’il souhaite être assez haute pour empêcher les immigrants illégaux mexicains de l’escalader, ferait plus de 3.000 kilomètres de long. Pour comparaison, le mur de Berlin s’étendait sur 154 kilomètres, et sa construction avait coûté en 1961 l’équivalent de 184 millions d’euros, si l’on tient compte de l’inflation. Et la barrière construite sur la frontière mexicaine par l’administration Bush, en 2006, a coûté plus de 2 milliards d’euros, alors qu’elle ne couvre qu’environ un tiers de la frontière. Et il ne s’agissait pas d’un véritable « mur », comme celui que veut ériger Donald Trump. Un tel édifice, selon les estimations de la chaîne américiaine CNBC, pourrait ainsi coûter l’équivalent de plus de 20 milliards d’euros. Et ce n’est pas fini, puisque l’entretien de ce mur pourraît coûter chaque année près de 700 millions d’euros. Ce a quoi il faudrait ajouter le personnel chargé de surveiller ce mur : actuellement, les 21.000 agents déployés à la frontière coûtent plus d’un milliard d’euros par an.

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Selon Donald Trump, « le coût de la construction d’un mur à la frontière serait bien inférieur à ce que les contribuables paient chaque année en raison de l’impact de l’immigration illégale sur le pays », peut-on lire sur le site officiel de Donald Trump. Sans toutefois qu’aucun chiffre ne soit avancé. Afin de contrer les critiques, la candidat républicain a déclaré que c’est le Mexique qui paierait le mur. Mais il est peu probable que Mexico soit du même avis. L’ancien président Vicente Fox a ainsi déclaré : « nous ne paierons pas pour ce p*** de mur !! ».

Réduire drastiquement les impôts

Donald Trump a promis de réduire drastiquement les impôts, fidèle à sa logique ultra-libérale. Ainsi, les taxes sur les entreprises passeraient de 25% à 15%, et les impôts des particuliers seaient plafonnés à 25%, contre 40% actuellement. Selon les calculs des économistes, les 20% de la population la plus pauvre économiseraient ainsi environ 128 dollars par an, alors que le 1% le plus riche gagnerait près de 275.000 dollars par an.

Lorsque le milliardaire républicain s’est vu demander lors de l’un des débats des primaires républicaines comment il comptait s’y prendre pour financer son programme, il a simplement répondu : « nous allons appliquer mon plan, et ce sera formidable. Nous allons avoir à nouveau une économie dynamique ». Mais certains économistes, comme ceux du Committee for a Responsible Federal Budget (le comité pour un budget fédéral responsable) estiment que son programme est irréaliste. « Donald Trump promet plus qu’il ne peut offrir », estime ainsi le directeur du Comité, Marc Goldwein. Selon les calculs de ce groupe non-partisan, les propositions de Donald Trump coûteraient près de 15 mille milliards de dollars sur 10 ans, ce qui ferait passer la dette des Etats-Unis de 86% en 2026 (si les politiques menées par le gouvernement Obama restaient en place) à près de 140%.

Revoir la relation avec la Chine

Mettant en avant son sens des affaires et ses talents commerciaux, Donald Trump a annonce son intention de renégocier un a un tous les accords économiques avec les partenaires étrangers, et notamment la Chine, avec laqeulle il se lancerait dans une véritable guerre commerciale. « Ils ont pris nos emplois, ils ont pris notre argent. Ils ont tous pris, a-t-il ainsi lancé en parlant du gouvernement chinois. Ce qu’ils nous ont fait est la plus grande escroquerie de l’Histoire de l’Humanité ». Un discours qui, semble-t-il, porte ses fruits auprès des électeurs américains, et dont Donald Trump a donc fait une priorité. Le milliardaire clame en effet que Pékin manipule les taux de change, maintenant sa monnaie (le Yuan) artificiellement bas, et que l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 a coûté leur emploi à 10 millions d’Américains.

Donald Trump a ainsi exigé de la Chine qu’elle ouvre son marché aux produits américains et quelle cesse ce qu’il estime être une concurrence déloyale, menaçant de prendre des mesures radicales. Le candidat a ainsi affirmé le mois dernier lors d’une réunion avec des représentants du New York Times qu’il imposerait une taxe de 45% sur tous les produits provenant de Chine. Une mesure qui s’avérerait être contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, et qui pourrait entraîner une plainte légitime de la part de Pékin. De plus, cela entraînerait une forte augmentation des prix des produits chinois pour les consommateurs américains, qui se verraient donc pénalisés.

Intensifier la lutte contre Daesh

Concernant la lutte contre Daesh, Donald Trump estime que l’administration Obama ne se montre pas assez offensive. « Personne ne serait plus dur que Donald Trump sur l’Etat islamique, personne! », avait-il ainsi lancé lorsqu’on lui a demandé quelle stratégie il adopterait. Il ne s’est toutefois pas montré particulièrement précis sur le sujet, mais a clamé qu’il ferait en sorte que l’intervention militaire menée par l’armée américaine soit plus efficace. « Je trouverai le général Patton ou le général MacArthur, je trouverai le bon mec. Je trouverai le mec qui va prendre en main le militaire et le faire vraiment fonctionner », a-t-il affirmé. Il a également proposé de s’en prendre militairement aux familles des membres de Daesh, afin de susciter la peur chez eux. Une stratégie qui pourrait toutefois, si elle était appliquée, se traduire par des crimes de guerre.

En finir avec l’Obamacare

Le miliardaire souhaite mettre fin à l’assurance santé universelle mise en place par Barack Obama, trop coûteuse à ses yeux et qui ne bénéficierait pas à tous les Américains. Sa principale proposition pour la remplacer est d’introduire davantage de concurrence entre les assurances : « au lieu d’avoir une seule assurance qui prend en charge New York ou le Texas, vous en aurez plusieurs. Elle se feront concurrence entre elles. Et ce cera une chose magnifique », a-t-il déclaré. Il souhaite également négocier avec les hôpitaux et les entreprises pharmaceutiques afin qu’ils baissent leur prix. Reste à voir si l’administration Trump serait capable d’imposer aux praticiens et fabricants de médicaments de revoir leurs marges.

Source : directmatin.fr