Une région gérée par le FN, ça changerait quoi ?

Avant le premier tour des élections régionales, le 6 décembre, les sondages annoncent une poussée du FN impressionnante. Il faudrait qu’ils se soient trompés lourdement pour que le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA ne tombent pas entre les mains des Le Pen.

President of the French far-right Front National (FN) party, Marine Le Pen delivers a speech during a campaign meeting in Nimes on December 2, 2015 ahead of the upcoming regional elections. / AFP / PASCAL GUYOT

En Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine (ACAL) et en Bourgogne-Franche-Comté, une victoire semble également possible tant FN, LR et PS sont au coude à coude.

D’un point de vue symbolique, cette conquête retentirait au moins aussi fort que celle de la mairie de Dreux, la première, en 1983. Le FN accéderait à un nouvel échelon de responsabilité. Mais une fois aux commandes, l’action du FN serait moins tranchante, tant les leviers financiers sont contraints.

La sécurité et l’immigration? La région n’a aucun pouvoir sur ces thèmes clés du Front National. Tirer profit du ras-le-bol fiscal en baissant les impôts locaux? La région ne pratique aucune imposition directe sur les ménages. A vrai dire, elle n’a la main que sur une toute petite partie de ses recettes.

Bref, il ne faut pas s’attendre à un grand chambardement. « Si la région est importante, c’est dans l’action économique. Mais tous les partis sont d’accord pour aider les entreprises », explique Fanny Anor, chargée d’études à l’Institut Montaigne. Marion Maréchal Le Pen affiche un objectif plus volontariste, avec une hausse de 500 millions d’euros sur cinq ans des aides aux entreprises. Mais cela semble improbable. Avec un budget 2,5 fois plus important que PACA, l’Ile-de-France va y consacrer 230 millions d’euros en 2015. Crispation à venir sur la culture et les subventions aux associations « Vu le taux d’endettement de la région PACA, le plus élevé de France, elle serait obligée de tailler dans les frais de fonctionnement et de personnel. C’est la seule vraie marge », estime l’Institut Montaigne. Or, sur ce plan, le FN ne se distingue pas vraiment des Républicains par exemple, avec le non remplacement des départs à la retraite. En clair, les vraies crispations auront lieu sur les budgets de la culture et les subventions aux associations. Florian Philippot, tête de liste FN en ACAL, a promis de supprimer la subvention accordée par le Conseil régional de Lorraine à l’accueil des réfugiés. Montant en jeu: 200.000 euros. Une somme anecdotique comparée à celles engagées dans l’extension et l’entretien des réseaux de transports, ou des lycées. En Ile-de-France, la culture représente 2,4% des dépenses.

Source : huffingtonpost.fr