Emmanuel Macron : ce que vous gagneriez ou perdriez avec sa réforme des cotisations

Si la plupart des salariés sortiraient gagnant d’une suppression des cotisations chômage et maladie financée par une augmentation de la CSG, les retraités et les épargnants risquent d’en pâtir sérieusement.

C’est l’une des propositions phares d’Emmanuel Macron en vue de la présidentielle 2017 : supprimer les cotisations salariales pour le chômage et la maladie, afin d’augmenter la rémunération nette des salariés. Une mesure qui serait financée par une hausse de 1,7 point de la Contribution sociale généralisée (CSG).

Les cotisations salariales à l’assurance maladie représentent 0,75% du salaire brut, celles pour l’assurance chômage, 2,4% de ce même montant. Les supprimer entraînerait donc une augmentation de la fiche de paie équivalente à 3,15% du salaire brut. Mais dans le même temps, les salariés paieraient davantage de CSG. Celle-ci étant calculée sur 98,25% du salaire brut, une hausse de 1,7 point ferait grimper de 1,67% le montant de CSG à régler. Au final, le gain sur le salaire ne serait donc que de 1,48% pour un salarié classique.

Concrètement, pour un smicard, touchant 1.466,62 euros brut par mois en 2016, la suppression de la cotisation maladie représente une économie de 11 euros par mois, celle sur le chômage de 35,2 euros. La hausse de la CSG équivaut à 24,5 euros en moins. Le gain total serait donc de 21,7 euros par mois (35,2 + 11 – 24,5). Soit environ 260 euros par an. L’économie annuelle se chiffrerait à 533 euros pour une personne rémunérée 3.000 euros brut par mois, à 888 euros pour une autre touchant 5.000 euros brut.

Toutefois, cette économie serait bien moindre pour les très gros salaires. Les cotisations chômage ne sont en effet prélevées que jusqu’à un certain niveau de rémunération brute, équivalente à 4 fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 12.872 euros par mois en 2016. La CSG, de son côté, est prélevée sur 100% du salaire au-delà de ce plafond. Du coup, à partir de 12.872 euros par mois l’économie se réduirait… et se transformerait même en perte au-delà d’un certain niveau.

Cette mesure affecterait aussi les retraités, qui paient la CSG (sauf les plus modestes d’entre eux) mais pas de cotisations chômage ou maladie (du moins pour la retraite de base). Certes, Emmanuel Macron a promis que cette augmentation de CSG ne toucherait pas les 40% de retraités aux plus petits revenus. Mais pour les autres, la hausse de 1,7 point de la CSG entraînerait une baisse équivalente de leur pension.

Autres perdants dans cette affaire, les gros épargnants, puisque la CSG pèse aussi sur les produits du capital. Une hausse de 1,7 point entraînerait là encore un surcroît d’imposition équivalent pour la plupart des revenus de placements (intérêts, revenus fonciers, plus-values…).

Evidemment, ces calculs ne donnent une vision que très partielle de l’impact du programme économique d’Emmanuel Macron : encore faudrait avoir une vision globale de ce projet, que le candidat distille pour le moment au goutte à goutte. Affaire à suivre, donc…

Source : Capital