Quels étaient les résultats du bac de l’élève Emmanuel Macron?

En 1995, parmi les lauréats du baccalauréat se trouvait le futur président de la République. Emmanuel Macron, élève de terminale à Henri IV, a obtenu cette année là un bac S mention Très bien. Découvrez le parcours, les notes et les sujets du bachelier Macron.  

Le 7 juillet 1995, quand François Bayrou, ministre de l’Education nationale, annonçait fièrement que le bac 1995 était un «très bon cru», «meilleur que l’an dernier », il ne se doutait pas un instant que 22 ans plus tard, il deviendrait l’(éphémère) ministre de la Justice de l’un des lauréats. Car parmi les 665.788 candidats inscrits cette année-là, il y avait le futur président de la République. Emmanuel, Jean-Michel, Frédéric Macron, né le 21 décembre 1977, a passé son bac en juin 1995, à Henri IV, prestigieux lycée parisien qu’il a intégré à la rentrée 1994, en provenance d’Amiens.

18 à l’écrit et 19 à l’oral en français

Il a décroché un bac S mention Très bien, ce qui correspond à une moyenne générale située entre 16 et 18. Dans le détail, il ne se souvient que des notes obtenues en français, confie son entourage à «Paris Match» : 18 à l’écrit et 19 à l’oral. Des épreuves passées en fin de classe de première, en 1994, au lycée La Providence d’Amiens, où il a rencontré Brigitte, sa professeure de théâtre dont il est tombé amoureux.

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« L’opinion peut-elle être le guide du pouvoir politique? », parmi les sujets de philo

Le 9 juin 1995, date de l’épreuve de philosophie, le candidat Macron a eu le choix entre un commentaire de texte de Nicolas Malebranche sur la raison et deux sujets de dissertation : «L’avenir doit-il être objet de crainte?»  et «L’opinion peut-elle être le guide du pouvoir politique?» On ne sait pas quel sujet a été choisi par l’élève qui quelques années plus tard sera élu 8e président de la Ve République.

Du baccalauréat en lui-même, Emmanuel Macron se souvient de peu de choses. Paris est le principal souvenir de ce lycéen qui venait de Province, indique-t-on de même source. «A seize ans j’ai quitté ma province pour Paris. Cette transhumance, nombre de jeunes Français la font. C’était pour moi la plus belle des aventures. Je venais habiter des lieux qui n’existaient que dans les romans, j’empruntais les chemins des personnages de Flaubert, Hugo. J’étais porté par l’ambition dévorante des jeunes loups de Balzac. J’ai aimé ces années en haut de la montagne Sainte-Geneviève», écrit-il dans «Révolution», sorti fin 2016 au moment de sa déclaration de candidature à la présidentielle. «Jour après jour, je n’ai cessé d’apprendre. Mais, je dois bien le dire, là où à Amiens j’étais en tête de classe année après année, je m’illustrais plus véritablement. J’ai découvert autour de moi des talents inédits, de vrais génies des mathématiques, alors que j’étais bien davantage un laborieux», reconnaît-il encore, confessant que «ces premières années parisiennes furent celles durant lesquelles (il) choisit de vivre et d’aimer plutôt que de (se) livrer à la compétition entre étudiants».

Si Emmanuel Macron n’a que très peu de souvenirs sur son bac, l’édition 1995 était pourtant marquante. Elle correspond à la mise en place du baccalauréat que l’on connaît actuellement (filières S, ES, L, STT, STL et STI), mis en place suite à une réforme des lycées, entamée trois ans auparavant. Une nouvelle formule qui a suscité nombreux interrogations et commentaires en amont. «Les élèves essuieront donc les plâtres de la réforme la plus importante que le bac ait connue depuis 25 ans», prévenaient «Les Echos» à l’époque. «Baccalauréat : le scandale», titrait même «l’Express» en mai 1995 qualifiant la session à venir de «l’examen de tous les dangers».

Plusieurs présidents de la République passés par Henri IV

En bref, en 1995, le pourcentage d’admis a approché les 75% de réussite. La meilleure élève, Laure, lycéenne de Montbéliard, que LCI avait rencontré à l’époque, a obtenu un bac S avec 19,38 de moyenne générale, avec notamment 20 en maths et 20 en biologie. Quelques incidents sans gravité ont émaillé le déroulement des épreuves, rapportait «Libération» : «ouverture malencontreuse d’enveloppes de sujets avant l’heure obligeant des élèves à repasser des épreuves, sujet de mathématiques trop difficile en « S »».

Quant à Henri IV, établissement qui affiche un taux de réussite de 100% au bac, il peut se vanter d’avoir vu passer dans ses murs quatre présidents de la République, souligne Stéphane Ceccaldi, président de l’association des anciens élèves du lycée. Outre Emmanuel Macron – qui a suivi sa terminale et une classe préparatoire hypokhâgne BL «lettres et sciences sociales», François Hollande y a fait un bref passage en prépa,  Georges Pompidou a été professeur en hypokhâgne et Alexandre Millerand, président de la République de 1920 à 1924, y a été élève.

Source : parismatch.com