Un étudiant tabassé lors d’un meeting de François Fillon pour ne pas...


Un étudiant tabassé lors d’un meeting de François Fillon pour ne pas avoir chanté La Marseillaise

Max, 19 ans, a porté plainte jeudi 17 mars après avoir été pris à parti par des agents de sécurité Les Républicains à la fin du meeting de François Fillon à Besançon car il ne s’était pas levé pour entonner La Marseillaise.

Max est un étudiant en art de 19 ans. Dans les pages du journal local Le Progrès ce 17 marsle jeune homme explique s’être rendu en curieux au meeting tenu par François Fillon le 9 mars dernier au parc Micropolis, près de Besançon (Bourgogne-Franche-Comté). Max raconte ensuite s’être fait passer à tabac par les membres de la sécurité du parti Les Républicains parce qu’il ne s’est pas levé pour chanter la Marseillaise. Il a décidé de porter plainte contre X pour violences en réunion.

« J’ai encore mal à la jambe, j’ai boité pendant trois jours. Mais ce n’est pas là qu’il y a eu le plus de traces », confie Max. L’étudiant n’est pas un militant pro-Fillon, et encore moins un membre du parti Les Républicains (LR), mais jusqu’alors, cela n’empêchait pas de se rendre à un meeting. « J’y suis allé avec un copain, mais je ne suis pas sympathisant, explique-t-il au quotidien régional. C’était pour voir et écouter. Sans être convaincu. On s’est installés au fond de la salle. »

Après avoir sagement écouté le meeting du candidat mis en examen, les deux amis restent assis tandis que la salle entonne La Marseillaise. « Je n’ai rien contre cet hymne et ce qu’il représente, commente Max, je peux me lever quand c’est chanté à un match de foot, mais là on n’avait pas envie de s’associer avec les gens présents. »  L’étudiant n’apprécie pas vraiment l’ambiance du meeting qu’il qualifie d’« excitation générale ».

« J’étais immobilisé par quatre hommes, l’un d’eux avait le pied sur ma tête. J’ai eu vraiment peur »

Mais ce geste anodin qui consiste à rester assis quand une foule se lève n’a pas plu. Max raconte qu’un homme vient d’abord le voir et lui demande pourquoi il ne se lève pas. « Il m’a demandé si je n’étais pas fier d’être Français. Il voulait presque m’obliger ». Max précise que, assis au bout de la rangée, il était « facile à voir et à attraper ». Deux hommes l’auraient ainsi violemment saisi :

 « Ils m’ont fait une clé de bras, puis ils se sont mis à trois pour me porter vers un couloir à l’écart. Ils m’ont mis au sol et tapé. Mon pote a essayé de filmer mais il n’a pas pu. Après avoir répliqué, j’ai reçu un violent coup dans les testicules. À un moment, j’étais immobilisé par quatre hommes, l’un d’eux avait le pied sur ma tête. C’est à ce moment que j’ai eu vraiment peur. Ils étaient en costume mais je n’ai vu aucun brassard ‘sécurité’. Après de nouvelles insultes ils m’ont jeté dehors, derrière le hall. »

Sorti choqué du meeting, Max s’est rendu chez le médecin qui a attesté les coups et blessures. Jeudi 17 mars, il s’est rendu au commissariat et a déposé plainte contre X pour violences en réunion suivi d’une incapacité n’excédant pas huit jours.

Des agents de sécurité LR bénévoles et non-professionnels

La direction de Micropolis a tout de suite dénié toute responsabilité, expliquant que ses services de sécurité se limitaient à la gestion des files d’attente. En effet, la sécurité à l’intérieur du hall était confiée au groupe de protection Les Républicains. Des bénévoles ou des sympathisants, qui après avoir suivi une très courte formation, jouent les agents de sécurité le temps d’une soirée.

Michel Viennet, le responsable LR local et organisateur de l’événement a expliqué à L’Est Républicain que cinquante personnes étaient chargées du service d’ordre, pour une salle qui peut accueillir 2 000 personnes. « Chacun avait un pin’s GPR. Certains venaient de Côte-d’Or ou de Haute-Saône. Je vais tenter d’en savoir plus », a-t-il expliqué.

Affaire à suivre, puisqu’une enquête a été ouverte pour déterminer qui étaient ces fameux membres du service d’ordre au pin’s, fervents défenseurs de l’hymne national, et non formés à cette fonction qui est un véritable métier.

Source : Kombini