Un ex de Goldman Sachs, une milliardaire, un anti-IVG… Le gouvernement Trump prend forme

Le président élu distille les noms de ses ministres au compte-gouttes et plusieurs
de ses nominations font déjà polémique…

Trois semaines après son élection à la tête des Etats-Unis, Donald Trump a déjà bien avancé dans la constitution de son équipe gouvernementale. Celle-ci devrait être bouclée d’ici le 15 décembre, date à laquelle le nouveau président tiendra une conférence de presse, a-t-il annoncé ce mercredi. 20 minutes fait le point sur les personnalités déjà nommées aux principaux postes.

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Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor, un banquier de Wall Street

Steve Mnuchin, 53 ans, n’a pas d’expérience de la politique, mais a apporté tôt dans la campagne son soutien à Donald Trump. Il a d’ailleurs été directeur financier de sa campagne en avril dernier. Steven Mnuchin se voit ainsi récompensé de s’être rallié à Donald Trump au moment où les gros donateurs traditionnels du parti républicain se détournaient du candidat. C’est un ancien dirigeant de Goldman Sachs dont la proximité avec les marchés pourrait s’avérer à la fois un atout et un handicap en pleine montée du populisme.

Ce nouveau ministre de l’Economie devra appliquer les promesses de Donald Trump concernant les baisses d’impôts, mettre en œuvre la réforme fiscale pour inciter les multinationales à rapatrier leurs bénéfices, revenir sur les accords commerciaux de libre-échange et abroger l’intégralité de la loi Dodd-Frank, qui réglemente les banques depuis 2010.

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Wilbur Ross, un autre investisseur de Wall Street, nommé ministre du Commerce

Wilbur Ross, 79 ans, a travaillé avec le magnat de l’immobilier lorsque certains de ses casinos traversaient des difficultés à la fin des années 1980. C’est un spécialiste du redressement des entreprises en difficultés, ce qui lui a valu le surnom le « roi des faillites ». Ses activités lui ont permis de bâtir une fortune évaluée aujourd’hui par le magazine Forbes à 2,9 milliards de dollars, le situant au 232e rang des milliardaires américains. Très bien introduit à Wall Street, il faisait partie depuis août dernier, des conseillers économiques de Donald Trump.

En charge de la politique industrielle américaine, il devra notamment œuvrer pour garder les emplois industriels aux Etats-Unis.

Tom Price, un anti-avortement, comme ministre de la Santé

Donald Trump a nommé comme ministre de la Santé Tom Price, un républicain anti-avortement et farouche opposant à la réforme de l’assurance maladie Obamacare, provoquant des réactions indignées à gauche. « Il est exceptionnellement qualifié pour mener à bien notre engagement d’abroger et de remplacer Obamacare afin de donner à tous les Américains une couverture santé abordable et accessible », a déclaré Donald Trump.

Agé de 62 ans, ce républicain siège pour la Géorgie (sud-est) à la Chambre des représentants depuis 2004. Il a travaillé pendant 20 ans dans le secteur privé comme chirurgien orthopédique. Ses votes à la Chambre s’opposant à la prise en charge de la contraception, ou encore concernant la protection du fœtus et le rejet d’Obamacare ont été salués par une grande association américaine luttant contre l’IVG, « National Right to Life ».

La femme d’affaires milliardaire Betsy DeVos devient ministre de l’Education.

Betsy DeVos, 58 ans, est une grande donatrice du parti républicain. Elle est belle-fille de Richard DeVos, le cofondateur de l’entreprise de soins et beauté Amway, dont la fortune est estimée à 5,4 milliards de dollars. Soit la 88ème fortune américaine au classement Forbes de 2016. Betsy DeVos appartient à l’aile chrétienne traditionaliste et conservatrice du parti républicain.

« Sous sa direction nous allons réformer le système scolaire américain et supprimer la bureaucratie qui handicape nos enfants, afin que nous puissions offrir une éducation et un choix d’écoles de niveau mondial à toutes les familles », a déclaré le président élu. Betsy DeVos est une farouche partisane du droit à choisir entre école publique, privée ou enseignement à la maison.

Jeff Sessions, un tenant de la ligne dure sur l’immigration, nommé à la Justice

Cet homme de 69 ans est partisan d’une extrême fermeté sur l’immigration illégale, un des grands thèmes de campagne du président élu, qui a promis d’expulser 11 millions de clandestins. Jeff Sessions avait suscité aussi la controverse pour des propos racistes tenus il y a plusieurs décennies.

L’ancienne ministre du Travail sous George W. Bush, Elaine Chao, nommée aux Transports.

Elaine Chao, ancienne ministre du Travail sous George W. Bush, récupère le ministère des Transports. Elaine Chao est par ailleurs l’épouse du chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell. Elle devra s’attaquer à l’amélioration des infrastructures de transport, une des grandes promesses électorales de DonaldTrump.

Trump encore à la recherche de son ministre des Affaires étrangères

Donald Trump cherche encore son chef de la diplomatie. Il hésite entre le républicain modéré Mitt Romney, l’ancien patron déchu de la CIA, David Petraeus, ou le sénateur respecté Bob Corker.

Troisième personnage de l’exécutif, voix et visage de l’Amérique dans le monde, ce poste de patron du département d’Etat, le ministère des Affaires étrangères américain, fort d’un réseau de 70.000 diplomates à travers la planète, fait l’objet d’une âpre bataille. A cet égard, l’option Mitt Romney, candidat républicain malheureux à la présidentielle de 2012, cacique bon teint de 69 ans, permettrait à Donald Trump de rassurer les diplomates du département d’Etat, les centristes du parti républicain et les pays alliés des Etats-Unis.

Mais cet ancien homme d’affaires de l’Utah avait traité le candidat Trump de « charlatan » et d’« imposteur ». Les deux hommes ne sont pas non plus d’accord sur la Russie, la clé du moment dans les relations internationales : le prochain président veut se rapprocher du chef du Kremlin Vladimir Poutine, alors que Mitt Romney pensait dès 2012 que Moscou était le premier ennemi géopolitique de Washington.

Autre candidat au poste : David Petraeus, 64 ans. Il commanda les théâtres d’opérations en Irak et en Afghanistan, avant de diriger la CIA en 2011 et 2012 puis de tomber en disgrâce en raison d’une aventure extraconjugale. Il a depuis plaidé coupable d’avoir transmis des informations confidentielles à sa maîtresse et biographe.

Enfin, Bob Corker, très respecté à Washington et qui préside l’influente commission des Affaires étrangères du Sénat, un poste qu’a occupé John Kerry, est revenu dans la course.

Source : 20minutes.fr