Un ex-dirigeant de Lafarge admet des versements d’argent à Daech

Le cimentier est accusé d’avoir indirectement payé des taxes et des droits de passage à l’EI pour maintenir son activité en Syrie.

Un ex-dirigeant de Lafarge admet des versements d’argent à Daech

Jusqu’où est allé le groupe Lafarge en Syrie? Le Monde publie ce mercredi des extraits de l’enquête judiciaire sur les agissements du cimentier français, soupçonné d’avoir payé des taxes à l’organisation Etat islamique afin de maintenir l’activité de son usine de Jalabiya, à 87 kilomètres de Rakka, en 2013 et 2014.

Les neuf principaux responsables du groupe ont été entendus dans le cadre de l’enquête, ouverte en octobre 2016 pour « relations financières illicites entre la France et la Syrie« . Les auditions publiées par Le Monde révèlent la dérive progressive du cimentier dans sa relation avec les organisations terroristes.

« Économie de racket »

L’ancien directeur général adjoint opérationnel de Lafarge, Christian Herrault, a reconnu que le groupe s’est soumis à une « économie de racket » menée par des milices armées dès « septembre ou octobre 2012 » afin de rester sur le site, dans l’optique d’une construction de la Syrie après la guerre. « Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay, qui nous poussait à rester », a -t-il affirmé devant les enquêteurs. Selon le quotidien, la décision du groupe de rester en Syrie a reçu l’aval des autorités françaises, en contact avec le groupe entre 2011 et 2014.

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En 2013, la situation empire pourtant dans le pays. Le 13 juin, l’organisation Etat islamique prend le contrôle de Rakka. « Daech vient dans la liste des racketteurs », explique Christian Herrault aux enquêteurs. Selon lui, un responsable du groupe terroriste rencontre alors l’intermédiaire mandaté par Lafarge. Directeur de Lafarge Syrie, Bruno Pescheux avoue avoir lu le nom de Daech sur des documents. La somme perçue par l’organisation terroriste était de « l’ordre de 20 000 euros par mois », a-t-il assuré. L’EI s’empare finalement du site de Jalabiya le 19 septembre 2014, et Lafarge cesse alors ses activités.

Source : lexpress.fr