Ces fausses informations sur Internet qui ont eu des conséquences réelles

Depuis bientôt dix ans, l’équipe de la rédaction des Observateurs scrute le web à la recherche d’histoires basées sur des images amateur partagées par les citoyens. Parfois, certaines de ces images virtuelles ont des conséquences dans la réalité. Voici quatre exemples, dans quatre régions du monde, qui montrent l’impact que peut avoir la rumeur.

TURQUIE – Comment des rumeurs sur Internet ont entraîné des émeutes anti-réfugiés – juillet 2017

Dans plusieurs pays accueillants des migrants, les rumeurs peuvent avoir des conséquences graves. À Ankara, début juillet 2017, de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux ont entraîné un déferlement de haine envers des réfugiés syriens. Un jeune homme irakien, confondu avec un Syrien, a été blessé au couteau, car il était accusé, avec insistance sur les réseaux sociaux, d’avoir violé une petite fille de 5 ans.

Notre Observatrice, Feray Artar, sociologue à l’université d’Ankara, explique comment ces rumeurs ont émergé. Pour relire cet article cliquez ici.

INDE – De fausses images déclenchent une vague de violences entre musulmans et hindous – juillet 2017

Parfois, une image suffit à créer le trouble. Dans l’État indien du Bengale-Occidental, une photo, publiée sur Facebook par un étudiant hindou et jugée blasphématoire par la communauté musulmane a entrainé de violents affrontements intercommunautaires, causant la d’un homme et faisant au moins 12 blessés, début juillet.
Pour en savoir plus sur cet incident en Inde, cliquez sur la photo ci-dessous.west_bengal

IRAN – Des rumeurs de viol par un officiel mettent le feu à une ville iranienne – mai 2015

Les phénomènes de foule partent dans certains cas d’une information totalement parcellaire. Jeudi 7 mai 2015 à Mahabad, en Iran, des émeutes ont éclaté à cause d’une rumeur, faisant état du viol de la réceptionniste d’un hôtel par un responsable politique iranien. Elle trouve son origine sur Telegram, une messagerie instantanée pour téléphone portable prisée en Iran. Résultat : des manifestants ont mis le feu à l’hôtel.
À l’époque, notre Observateur, habitant de Mahabad, expliquait : « J’aurais préféré que les gens soient plus rationnels, parce que pour l’instant personne ne sait vraiment ce qu’il s’est passé dans cette chambre ».  Cliquez sur l’image ci-dessous pour lire son témoignage.cropped520_10997405_1643112742568770_1018595662357859241_n

RD Congo – Une ville en liesse après une rumeur sur la mort du président rwandais – janvier 2014

Cette intox est peut-être celle qui a eu les conséquences réelles les plus surprenantes. Le vendredi 10 janvier 2014, la fausse rumeur de la mort du président rwandais Paul Kagame s’est propagée comme une traînée de poudre à Goma, capitale du Nord-Kivu. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour manifester leur joie, dans une zone où le Rwanda a été accusé de soutenir l’ancienne rébellion du M23.

Cette rumeur, lancée sur Facebook, venait en fait du site Necropedia, qui propose des nécrologies anticipées sur des personnalités. Un « hoax », c’est-à-dire un canular, qui avait été pris au premier degré par beaucoup d’habitants de Goma. Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir cette histoire.gomakaga

Source : http://observers.france24.com