La Ferme des animaux de George Orwell

La Ferme des animaux est un court roman de George Orwell publié en 1945 décrivant une ferme dans laquelle les animaux se révoltent, prennent le pouvoir et chassent les hommes. Il s’agit d’une fable animalière par laquelle Orwell propose une satire de la Révolution russe et une critique du régime soviétique, en particulier du stalinisme, et, au-delà, des régimes autoritaires et du totalitarisme.

À l’origine, George Orwell avait écrit une préface dénonçant l’autocensure pratiquée en Angleterre, qui supprimait toute critique de l’Union soviétique, son allié pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Ce qu’il y a de plus inquiétant dans la censure en Angleterre, c’est qu’elle est pour une bonne part volontaire. […] Quiconque a vécu quelque temps dans un pays étranger a pu constater que certaines informations, qui auraient normalement dû faire les gros titres, étaient passées sous silence par la presse anglaise, non en vertu d’une intervention du gouvernement, mais parce qu’il y a eu un accord tacite pour considérer qu’il « ne fallait pas » publier de tels faits. »

Bien que la première édition ait prévu cette préface, elle ne fut pas incluse. En 1972, Ian Angus en a retrouvé le manuscrit, intitulé « The Freedom of the Press » et Bernard Crick l’a publiée dans le The Times Literary Supplement du 15 septembre 1972, avec une introduction intitulée « How the essay came to be written ». Bernard Crick l’a publiée dans l’édition italienne de La fattoria degli animali précédée d’une « Introduzione al’introduzione que Orwell soppresse alla Animal Farm », Arnoldo Mondadori Editore, collection « Oscar » 102, 1973.

Orwell écrivit une autre préface pour l’édition en ukrainien, préparée par Ihor Ševčenko  (Kolhosp Tvaryn, Prometej, 1947). Cette édition était destinée à des réfugiés ukrainiens vivant dans des camps pour personnes déplacées situés en Allemagne dans les zones d’occupation anglaise et américaine. Le manuscrit en est perdu, elle n’est disponible qu’en retraduction vers l’anglais du texte en ukrainien.

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A la Ferme du Manoir, Sage l’Ancien, le plus vieux cochon de la ferme, réunit tous les animaux. Avant de mourir, il souhaite leur faire part de ses réflexions sur leur condition misérable et évoque un rêve qu’il a fait la nuit précédente : la terre était délivrée de l’homme. Lui est revenue en mémoire une chanson qu’il entonne devant eux, Bêtes d’Angleterre, animaux de tous les pays les encourageant au soulèvement.

Sage l’Ancien, meurt, mais le soulèvement aura lieu quelque temps plus tard. Les animaux chassent le fermier et les ouvriers de la ferme et prennent le pouvoir. Les cochons dirigent le nouveau régime. Les chefs, Boule de neige et Napoléon, écrivent sur un mur les sept grands principes de l’Animalisme :

Tout deux pattes est un ennemi.

Tout quatre pattes ou tout volatile, un ami.

Nul animal ne portera de vêtements.

Nul animal ne dormira dans un lit.

Nul animal ne boira d’alcool.

Nul animal ne tuera un autre animal.

Tous les animaux sont égaux. »

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :  » Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres.  »

La ferme des animauxGeorge Orwell Gallimard, 1984

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