Front national: la facture délirante du programme économique de Marine Le Pen

La liste des mesures proposées par Marine Le Pen a de quoi donner le vertige à Bercy. Avec l’Institut de l’entreprise, on en a chiffré le coût.

FOLIE MONÉTAIRE

La sortie de l’euro

Redonner à la France sa « souveraineté monétaire ». Cette mesure phare de Marine Le Pen est perdue au milieu de ses 144 engagements. La candidate ne parle pas clairement de sortie de l’euro. Mais le FN continue à fustiger un euro trop cher et à faire de la monnaie son levier pour doper la compétitivité.

Dès lors, quel serait l’impact financier du retour au franc ? Une dévaluation entraînerait immédiatement une hausse proportionnelle de notre dette extérieure libellée en euros, qui s’élève déjà à 325 % du PIB (pour l’Etat et le secteur privé), soit 6 300 milliards. Du coup, le FN brandit la parade de la lex monetae, qui autorise un pays à redénominer sa dette dans la monnaie de son choix. Son utilisation divise les experts. « D’après les juristes, le critère clé est le droit applicable : si le contrat d’émission est français alors on peut l’utiliser », estime Sébastien Villemot, de l’OFCE. L’essentiel de la dette publique étant sous contrat français, l’Etat rembourserait ainsi les prêteurs étrangers en francs et leur ferait payer le coût de la dévaluation. Mais il perdrait alors leur confiance et aurait le plus grand mal à revenir emprunter sur les marchés. Pour le chef économiste de Natixis, Patrick Artus, la lex monetae est inapplicable : « Peu importe la nationalité des contrats, il est impossible de rompre unilatéralement un contrat en changeant de devise. Les agences de notation attribueraient la note D pour défaut de paiement. » Il n’y aurait donc pas d’autre choix que de rembourser dans une monnaie dépréciée.

« Planche à billets »

Pour l’Etat, la dette vis-à-vis des investisseurs étrangers représente 60 % du PIB, le reste de la dette publique étant détenue par des Français. En retenant des taux d’intérêt à 2 %, Patrick Artus estime qu’une dévaluation de 30 % coûterait au contribuable 7 milliards en plus par an. Quant à la dette privée, elle relève, en grande partie, du droit étranger. « De grandes entreprises, comme la SNCF ou EDF, et les banques empruntent majoritairement sous contrat étranger pour financer des activités situées surtout en France, pointe l’économiste Paul-Adrien Hyppolite. Elles vont donc rembourser une dette plus élevée avec des recettes dévaluées. » Le secteur privé étant endetté à hauteur de 265 % du PIB, les entreprises supporteraient 50 milliards de charges annuelles supplémentaires (avec des taux à 3 %).

Quel que soit le scénario retenu, la sortie de l’euro aboutirait à une hausse de la prime de risque exigée par les prêteurs étrangers, et donc des taux payés par l’Etat et les banques. De quoi freiner l’investissement des entreprises et des ménages. Pour sortir de ce cercle vicieux, le FN autoriserait le financement de la dette par la Banque de France. C’est la fameuse « planche à billets », qui se traduirait par une inflation galopante, amputerait le pouvoir d’achat et ruinerait les épargnants.

FOLIE BUDGÉTAIRE

Les finances publiques

La liste des promesses de Marine Le Pen a de quoi donner le vertige, surtout aux comptables de Bercy. Pour mettre fin au ras-le-bol fiscal des ménages, le FN promet de baisser l’impôt sur le revenu (de 10 % pour les trois premières tranches), la taxe d’habitation, les frais de notaire, et de rétablir le plafond du quotient familial. L’impôt sur les sociétés serait aussi réduit à 24 % pour les entreprises moyennes.

Mais c’est du côté des dépenses que la facture grimpe le plus, avec une hausse du budget de la Défense de 1,8 à 3 % du PIB. Le FN crée une « prime de pouvoir d’achat » de 80 euros par mois pour les salariés et les retraités gagnant moins de 1 500 euros. Enfin, il revalorise des prestations sociales et promet des recrutements dans la police, la gendarmerie, la magistrature, les douanes et les hôpitaux. Au final, selon l’Institut de l’entreprise, l’addition s’élèverait au moins à 85 milliards. L’Etat devra aussi financer deux investissements très lourds : la création de 40 000 places de prison, qui coûterait près de
5 milliards, et surtout la nationalisation des sociétés d’autoroutes, évaluée par le FN à 15 milliards et au double par l’Institut !

Du flou sur les économies

Malgré tout, Marine Le Pen s’engage à faire repasser le déficit public sous les 3 % du PIB dès 2019 et même à 1,3 % à la fin du quinquennat. Comment expliquer un tel miracle ? Tout d’abord, le FN retient des hypothèses de croissance favorables de 2 % dès 2018 puis 2,5 % à partir de 2021. De quoi doper les recettes fiscales. Le parti attend aussi 15 milliards de la contribution sociale sur les importations et 2 milliards de sa taxe sur les salariés étrangers. Pour le reste, il promet de ne pas augmenter la TVA ni la CSG et s’en remet à une lutte accrue contre la fraude fiscale.

C’est bien plus flou du côté des économies. Un seul chiffre à se mettre sous la dent : les 60 milliards en cinq ans que rapporteraient pêle-mêle les économies sur la gestion de la Sécurité sociale, l’Union européenne, l’immigration ou la délinquance. Les mesures concrètes sont rares. On peut citer la suppression de l’aide médicale d’Etat, qui rapporterait environ 800 millions par an, ou le développement de la vente de médicaments à l’unité. Le FN veut aussi porter à deux jours le délai de carence pour les fonctionnaires mais passer de trois à deux pour les salariés du privé. Enfin, il compte simplifier le millefeuille territorial en supprimant les intercommunalités, donc les métropoles, et les régions. Deux échelons qui sont pourtant considérés par les experts comme les plus pertinents pour mener une action économique.

FOLIE FINANCIÈRE

Les retraites

C’est l’un des marqueurs auxquels tient le plus Marine Le Pen. Comme en 2012, elle est la seule, avec Jean-Luc Mélenchon, à prôner le retour à la retraite à 60 ans. Cette proposition défie la logique à l’oeuvre dans les pays développés, qui veut que l’âge légal recule au fur et à mesure que s’allonge l’espérance de vie. Qui plus est, la France est déjà le pays où l’on profite le plus longtemps de la retraite et où l’âge de départ effectif est le plus précoce : 59,4 ans, contre 64,6 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Or, l’Etat, qui consacre 15 % du PIB aux retraites, ne peut pas se permettre de laisser déraper les dépenses : le régime général n’est revenu à l’équilibre qu’en 2016 (hors Fonds de solidarité vieillesse), après douze ans de déficit continu. Et cet équilibre ne se maintiendrait dans les prochaines décennies qu’en cas de conditions économiques favorables : 1,5 % de croissance annuelle et 7 % de chômage.

Deux réformes effacées

Dès lors, la proposition de Marine Le Pen apparaît comme une folie financière. Selon une étude du ministère des Affaires sociales publiée fin 2016, le recul de deux ans de l’âge légal, inclus dans la loi Woerth de 2010, permet ainsi d’améliorer le solde du régime général de 14,4 milliards dès 2020 et de 12,7 milliards à horizon 2040. On peut supposer que le FN reviendrait, par la même occasion, sur le relèvement de l’âge d’annulation de la décote de 65 à 67 ans, qui fait gagner 3,3 milliards en 2040.
Ce n’est pas tout, Marine Le Pen veut aussi revenir aux 40 années de cotisation. De quoi effacer à la fois la réforme de François Fillon en 2003 et celle de Marisol Touraine en 2014, qui doivent conduire à porter le nombre d’annuités à 43 ans d’ici 2035. A la clé, un manque à gagner estimé à près de 16 milliards. Au total, le programme de Marine Le Pen creuserait donc un trou de 32 milliards en 2040, et ce uniquement pour les retraites du régime général (hors fonction publique et régimes complémentaires).

FOLIE COMMERCIALE

Le protectionnisme

«Un nouveau modèle patriote en faveur de l’emploi. » C’est dans ce chapitre un peu fourre-tout que Marine Le Pen range les mesures relevant d’un « protectionnisme intelligent ». Exit les droits de douane et les quotas d’importation, qui figuraient dans le programme de 2012. Le moteur de la compétitivité serait, avant tout, le rétablissement d’une monnaie nationale et donc la dévaluation. La contribution sociale sur les importations de 3 % aurait alors des effets marginaux. « Cela va renchérir le prix des produits consommés par les ménages modestes, déplore Sébastien Jean, directeur du CEPII. Cela va aussi pénaliser nos secteurs industriels les plus en pointe, comme l’aéronautique, qui s’approvisionnent aux meilleures sources, notamment à l’étranger. »

Cette taxe, comme la plupart des mesures du FN dans ce domaine, serait contraire aux règles communautaires et imposerait une sortie de l’Union européenne. « La renégociation des traités pourrait prendre jusqu’à deux ans, concède un cadre du FN. Si Marine Le Pen décidait de ne plus les respecter, elle violerait l’article 88 de la Constitution française. »

Mesures peu adaptées

Autre proposition : réserver la commande publique aux entreprises françaises, si toutefois l’écart de prix avec leurs rivales étrangères est « raisonnable ». Et pour cause, sinon cela reviendrait à autoriser le secteur privé à facturer plus cher ses prestations à l’Etat ! Surtout, la mesure paraît peu adaptée à la situation. « Nous disposons d’entreprises très performantes dans les transports, les travaux publics, les services aux collectivités, qui remportent beaucoup de contrats chez nous et aussi à l’étranger, souligne Sébastien Jean. Restreindre l’accès à nos marchés les aiderait un peu en France mais les exposerait grandement à des mesures de rétorsion dans les autres pays. » Idem pour la taxe sur l’embauche de salariés étrangers, qui pousserait nos voisins à stigmatiser nos ressortissants.

Source :

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La sortie de l’euro

Redonner à la France sa « souveraineté monétaire ». Cette mesure phare de Marine Le Pen est perdue au milieu de ses 144 engagements. La candidate ne parle pas clairement de sortie de l’euro. Mais le FN continue à fustiger un euro trop cher et à faire de la monnaie son levier pour doper la compétitivité.

Dès lors, quel serait l’impact financier du retour au franc ? Une dévaluation entraînerait immédiatement une hausse proportionnelle de notre dette extérieure libellée en euros, qui s’élève déjà à 325 % du PIB (pour l’Etat et le secteur privé), soit 6 300 milliards. Du coup, le FN brandit la parade de la lex monetae, qui autorise un pays à redénominer sa dette dans la monnaie de son choix. Son utilisation divise les experts. « D’après les juristes, le critère clé est le droit applicable : si le contrat d’émission est français alors on peut l’utiliser », estime Sébastien Villemot, de l’OFCE. L’essentiel de la dette publique étant sous contrat français, l’Etat rembourserait ainsi les prêteurs étrangers en francs et leur ferait payer le coût de la dévaluation. Mais il perdrait alors leur confiance et aurait le plus grand mal à revenir emprunter sur les marchés. Pour le chef économiste de Natixis, Patrick Artus, la lex monetae est inapplicable : « Peu importe la nationalité des contrats, il est impossible de rompre unilatéralement un contrat en changeant de devise. Les agences de notation attribueraient la note D pour défaut de paiement. » Il n’y aurait donc pas d’autre choix que de rembourser dans une monnaie dépréciée.

« Planche à billets »

Pour l’Etat, la dette
vis-à-vis des investisseurs étrangers représente 60 % du PIB, le reste de la dette publique étant détenue par des Français. En retenant des taux d’intérêt à 2 %, Patrick Artus estime qu’une dévaluation de 30 % coûterait au contribuable 7 milliards en plus par an. Quant à la dette privée, elle relève, en grande partie, du droit étranger. « De grandes entreprises, comme la SNCF ou EDF, et les banques empruntent majoritairement sous contrat étranger pour financer des activités situées surtout en France, pointe l’économiste Paul-Adrien Hyppolite. Elles vont donc rembourser une dette plus élevée avec des recettes dévaluées. » Le secteur privé étant endetté à hauteur de 265 % du PIB, les entreprises supporteraient 50 milliards de charges annuelles supplémentaires (avec des taux à 3 %).

Quel que soit le scénario retenu, la sortie de l’euro aboutirait à une hausse de la prime de risque exigée par les prêteurs étrangers, et donc des taux payés par l’Etat et les banques. De quoi freiner l’investissement des entreprises et des ménages. Pour sortir de ce cercle vicieux, le FN autoriserait le financement de la dette par la Banque de France. C’est la fameuse « planche à billets », qui se traduirait par une inflation galopante, amputerait le pouvoir d’achat et ruinerait les épargnants.

FOLIE BUDGÉTAIRE

Les finances publiques

La liste des promesses de Marine Le Pen a de quoi donner le vertige, surtout aux comptables de Bercy. Pour mettre fin au ras-le-bol fiscal des ménages, le FN promet de baisser l’impôt sur le revenu (de 10 % pour les trois premières tranches), la taxe d’habitation, les frais de notaire, et de rétablir le plafond du quotient familial. L’impôt sur les sociétés serait aussi réduit à 24 % pour les entreprises moyennes.

Mais c’est du côté des dépenses que la facture grimpe le plus, avec une hausse du budget de la Défense de 1,8 à 3 % du PIB. Le FN crée une « prime de pouvoir d’achat » de 80 euros par mois pour les salariés et les retraités gagnant moins de 1 500 euros. Enfin, il revalorise des prestations sociales et promet des recrutements dans la police, la gendarmerie, la magistrature, les douanes et les hôpitaux. Au final, selon l’Institut de l’entreprise, l’addition s’élèverait au moins à 85 milliards. L’Etat devra aussi financer deux investissements très lourds : la création de 40 000 places de prison, qui coûterait près de 5 milliards, et surtout la nationalisation des sociétés d’autoroutes, évaluée par le FN à 15 milliards et au double par l’Institut !

Du flou sur les économies

Malgré tout, Marine Le Pen s’engage à faire repasser le déficit public sous les 3 % du PIB dès 2019 et même à 1,3 % à la fin du quinquennat. Comment expliquer un tel miracle ? Tout d’abord, le FN retient des hypothèses de croissance favorables de 2 % dès 2018 puis 2,5 % à partir de 2021. De quoi doper les recettes fiscales. Le parti attend aussi 15 milliards de la contribution sociale sur les importations et 2 milliards de sa taxe sur les salariés étrangers. Pour le reste, il promet de ne pas augmenter la TVA ni la CSG et s’en remet à une lutte accrue contre la fraude fiscale.

C’est bien plus flou du côté des économies. Un seul chiffre à se mettre sous la dent : les 60 milliards en cinq ans que rapporteraient pêle-mêle les économies sur la gestion de la Sécurité sociale, l’Union européenne, l’immigration ou la délinquance. Les mesures concrètes sont rares. On peut citer la suppression de l’aide médicale d’Etat, qui rapporterait environ 800 millions par an, ou le développement de la vente de médicaments à l’unité. Le FN veut aussi porter à deux jours le délai de carence pour les fonctionnaires mais passer de trois à deux pour les salariés du privé. Enfin, il compte simplifier le millefeuille territorial en supprimant les intercommunalités, donc les métropoles, et les régions. Deux échelons qui sont pourtant considérés par les experts comme les plus pertinents pour mener une action économique.

FOLIE FINANCIÈRE

Les retraites

C’est l’un des marqueurs auxquels tient le plus Marine Le Pen. Comme en 2012, elle est la seule, avec Jean-Luc Mélenchon, à prôner le retour à la retraite à 60 ans. Cette proposition défie la logique à l’oeuvre dans les pays développés, qui veut que l’âge légal recule au fur et à mesure que s’allonge l’espérance de vie. Qui plus est, la France est déjà le pays où l’on profite le plus longtemps de la retraite et où l’âge de départ effectif est le plus précoce : 59,4 ans, contre 64,6 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Or, l’Etat, qui consacre 15 % du PIB aux retraites, ne peut pas se permettre de laisser déraper les dépenses : le régime général n’est revenu à l’équilibre qu’en 2016 (hors Fonds de solidarité vieillesse), après douze ans de déficit continu. Et cet équilibre ne se maintiendrait dans les prochaines décennies qu’en cas de conditions économiques favorables : 1,5 % de croissance annuelle et 7 % de chômage.

Deux réformes effacées

Dès lors, la proposition de Marine Le Pen apparaît comme une folie financière. Selon une étude du ministère des Affaires sociales publiée fin 2016, le recul de deux ans de l’âge légal, inclus dans la loi Woerth de 2010, permet ainsi d’améliorer le solde du régime général de 14,4 milliards dès 2020 et de 12,7 milliards à horizon 2040. On peut supposer que le FN reviendrait, par la même occasion, sur le relèvement de l’âge d’annulation de la décote de 65 à 67 ans, qui fait gagner 3,3 milliards en 2040.
Ce n’est pas tout, Marine Le Pen veut aussi revenir aux 40 années de cotisation. De quoi effacer à la fois la réforme de François Fillon en 2003 et celle de Marisol Touraine en 2014, qui doivent conduire à porter le nombre d’annuités à 43 ans d’ici 2035. A la clé, un manque à gagner estimé à près de 16 milliards. Au total, le programme de Marine Le Pen creuserait donc un trou de 32 milliards en 2040, et ce uniquement pour les retraites du régime général (hors fonction publique et régimes complémentaires).

FOLIE COMMERCIALE

Le protectionnisme

«Un nouveau modèle patriote en faveur de l’emploi. » C’est dans ce chapitre un peu fourre-tout que Marine Le Pen range les mesures relevant d’un « protectionnisme intelligent ». Exit les droits de douane et les quotas d’importation, qui figuraient dans le programme de 2012. Le moteur de la compétitivité serait, avant tout, le rétablissement d’une monnaie nationale et donc la dévaluation. La contribution sociale sur les importations de 3 % aurait alors des effets marginaux. « Cela va renchérir le prix des produits consommés par les ménages modestes, déplore Sébastien Jean, directeur du CEPII. Cela va aussi pénaliser nos secteurs industriels les plus en pointe, comme l’aéronautique, qui s’approvisionnent aux meilleures sources, notamment à l’étranger. »

Cette taxe, comme la plupart des mesures du FN dans ce domaine, serait contraire aux règles communautaires et imposerait une sortie de l’Union européenne. « La renégociation des traités pourrait prendre jusqu’à deux ans, concède un cadre du FN. Si Marine Le Pen décidait de ne plus les respecter, elle violerait l’article 88 de la Constitution française. »

Mesures peu adaptées

Autre proposition : réserver la commande publique aux entreprises françaises, si toutefois l’écart de prix avec leurs rivales étrangères est « raisonnable ». Et pour cause, sinon cela reviendrait à autoriser le secteur privé à facturer plus cher ses prestations à l’Etat ! Surtout, la mesure paraît peu adaptée à la situation. « Nous disposons d’entreprises très performantes dans les transports, les travaux publics, les services aux collectivités, qui remportent beaucoup de contrats chez nous et aussi à l’étranger, souligne Sébastien Jean. Restreindre l’accès à nos marchés les aiderait un peu en France mais les exposerait grandement à des mesures de rétorsion dans les autres pays. » Idem pour la taxe sur l’embauche de salariés étrangers, qui pousserait nos voisins à stigmatiser nos ressortissants.