Le garde des sceaux remet a sa place François Fillon

« Il est probable que je sois sur écoute », a lancé ce week-end François Fillon pour appuyer ses accusations de « machination » et de l’existence d’un « cabinet noir » à l’Elysée. Comme le candidat LR, Marine Le Pen a expliqué, ce lundi 27 mars sur Europe 1, croire à des « écoutes » du « pouvoir ».

Des accusations qui n’ont pas plu du tout au ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. Dans un communiqué diffusé ce lundi matin, le garde des Sceaux récuse ces attaques, « des déclarations aussi fantaisistes que singulières », et estime que cela relève soit « de la pure spéculation », soit « d’une volonté de manipulation de la réalité » en mode « alternatives facts » :

Toute affirmation selon laquelle le candidat des Républicains ou celle du Front national ferait l’objet d’écoutes judiciaires relève au mieux de la pure spéculation et au pire d’une volonté de manipulation de la réalité. De tels comportements masquent mal le refus évident de rendre des comptes à la justice.

Jean-Jacques Urvoas, qui taxait en février François Fillon et Marine Le Pen « d’absolue mauvaise foi » leurs critiques contre la justice, rappelle également que « depuis 2012, le gouvernement n’intervient en aucune manière dans le cours des procédures judiciaires« . « Les seuls rapports transmis à la Chancellerie le sont a posteriori, par l’intermédiaire de la direction des affaires criminelles et des grâces, et ne comportent aucune copie ou retranscription de pièce de procédure », ajoute-t-il encore.

Source : europe1.fr

Réaction aux propos tenus par François Fillon

Communiqué de presse de Jean-Jacques URVOAS, garde des sceaux, ministre de la justice

Suite aux propos tenus ce soir par Francois Fillon, ancien Premier ministre, le garde des sceaux tient à rappeler l’action du gouvernement menée depuis 2012 ainsi que les faits suivants.

Ce candidat à la présidence de la République a voté systématiquement contre tous les textes renforçant l’indépendance de la Justice et favorisant la transparence de la vie politique :

  • La loi du 25 juillet 2013 interdisant au Garde des sceaux de donner des instructions individuelles aux magistrats du ministère public
  • La loi organique du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique
  • La loi organique du 6 décembre 2013  créant le procureur de la République financier
  • Le projet de loi constitutionnelle réformant le Conseil supérieur de la Magistrature
  • La loi organique du 8 août 2016 relative aux garanties statutaires, aux obligations déontologiques et au recrutement des magistrats
  • La loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique

Cette énumération traduit une évidence que ne peuvent effacer les affirmations sans fondement de ce soir.

Contact presse – Cabinet du garde des Sceaux

01 44 77 63 15 / secretariat-presse.cab@justice.gouv.fr

Source : presse.justice.gouv.fr