Le gouvernement va-t-il toucher aux minimas sociaux ?

Dans le rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques, le gouvernement donne quelques pistes d’économies possibles. Il ne semble pas exclure de toucher aux minimas sociaux.

Le plan du gouvernement pour les cinq années à venir est ambitieux. L’équipe d’Edouard Philippe assure pouvoir réduire le déficit public et la dette publique tout en baissant les impôts. Dans le rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques publié mercredi, on trouve quelques pistes que l’équipe gouvernementale devrait explorer. Et surprise, les minimas sociaux pourraient faire l’objet d’une réforme. “Des gisements d’efficience ont notamment déjà été identifiés en matière de minima sociaux, de formation, de logement, ou en matière d’infrastructures de transports”, peut-on lire dans le document. “L’ensemble des secteurs seront concernés à terme par cet examen.”

Le gouvernement ne va pas plus loin dans son explication mais on imagine qu’il pourrait décider de réduire l’enveloppe allouée aux plus nécessiteux. Toutefois, il est précisé que “des moyens seront dégagés pour financer les priorités du Gouvernement en matière de soutien aux travailleurs aux revenus modestes, d’accompagnement du handicap ou encore le Grand plan d’investissement public (GPI)”. Le pouvoir en place assure aussi ne pas vouloir “remettre en cause les forces du modèle social français”.

La Sécu et les collectivités locales mises à contribution

Le ministre Gérald Darmanin avait, par ailleurs, affirmé en début de semaine au Parisien que “ni les collectivités locales, ni la Sécurité sociale ne seront mises à contribution” s’agissant des 4,5 milliards d’euros d’économie qu’il entend réaliser avant la fin de l’année 2017. Ce ne sera pas le cas durant l’ensemble du quinquennat… Le gouvernement demande en effet “des efforts très sensibles de tous les sous-secteurs des administrations publiques”. “S’agissant des administrations de sécurité sociale, elles devront participer à l’effort d’économies dans une proportion proche de celle de leur niveau dans les dépenses publiques, de l’ordre de 40 %, et devront s’inscrire dans une trajectoire de retour à l’équilibre à horizon 2020”, peut-on ainsi lire dans le rapport préparatoire.

A propos des collectivités territoriales, le gouvernement écrit que “des cibles d’économies ambitieuses sur les dépenses seront contractualisées avec l’État”. Est ensuite précisé : “la maîtrise des dépenses des collectivités territoriales et des autres administrations publiques locales (dont la Société du Grand Paris – SGP) devra participer à la réduction du déficit public”. Les modalités devraient être mises en discussion lors de la Conférence des territoires, le 17 juillet.

80 milliards d’euros à trouver

Dans le document, l’exécutif réaffirme à plusieurs reprises son engagement de passer le déficit sous la barre des 3% du PIB dès 2017. Il se projette également sur une amélioration d’autres indicateurs : une baisse de la dette publique de 5 points à horizon 2022 et une croissance de la dépense publique en volume (hors crédits d’impôts) limitée à 0,3% en moyenne sur le quinquennat. Pour au final, abaisser le taux de dépenses de 3 points du PIB en 2022.

Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement table sur une croissance de 1,7% en 2012 et 1,8% en 2022 grâce à la mise en oeuvre des réformes prévues. D’après Les Echos, s’il s’engage à ramener le déficit sous les 3% du PIB rapidement, l’exécutif viserait en réalité une proportion de 0,5% en 2022. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il faudra réaliser 60 milliards d’euros d’économies sur le quinquennat. Pour le journal économique, il faudrait plutôt trouver 80 milliards…

Source : Capital