Impôt, retraite, pouvoir d’achat : ce que le programme de Macron change pour vous

Impôt, pouvoir d’achat, retraite… Nous avons évalué l’impact du programme d’Emmanuel Macronsur le portefeuille des Français. Instructif !

Les Français ont choisi. Face à la protectionniste Marine Le Pen, chantre du retour au franc,ils ont opté pour le proeuropéen Emmanuel Macron, apôtre du libre-échange ! Mais est l’impact concret de son élection sur le portefeuille des Français ? Pendant l’entre-deux tours, nous avions posé cette question à la Fondation Concorde, un laboratoire d’idées (think tank) proche du monde des entreprises. Elle nous avait répondu sur les deux programmes. Nous vous reproposons ce dimanche les résultats pour le nouveau chef de l’Etat.

Du seul point de vue de leurs revenus, trois des cinq profils types de Français que nous avions sélectionnés — la mère payée au smic élevant seule son enfant, la famille de la classe moyenne et la profession libérale très aisée — avaient tout intérêt à voter Macron. Seul notre retraité modeste trouvait son compte à voir Le Pen s’installer à l’Elysée. En revanche, aucun des deux n’améliorait le sort du chômeur de longue durée.

Voici donc les conséquences du programmes de Macron sur 5 cas concrets

 

 

Statu quo.  Il ne bénéficie d’aucune des mesures clés d’Emmanuel Macron. Il fait partie des catégories déjà exonérées de la taxe d’habitation et donc son exonération ne change rien pour lui. Le candidat d’En Marche ! ne touche pas aux allocations. Là encore, son élection ne changerait rien aux conditions de revenus d’Alain. Et il ne profitera pas non plus de la suppression du reste-à-charge pour les soins dentaires, optiques et auditifs puisque, dans son cas, ils sont déjà pris en charge à 100 % par la Couverture médicale universelle (CMU).
ET AUSSI :  la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point ne le concerne pas puisqu’il en est dispensé.

LP/Christophe Têche

 

Des petits plus. Pas grand-chose pour les retraités touchant, comme Robert, une pension moyenne de 1 100 € par mois. Avec la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) de 1,7 point, ce retraité modeste va même perdre 202 € par an. Heureusement, il sera bénéficiaire de l’exonération de la taxe d’habitation à hauteur de 266 €. Le candidat d’En marche ! ne promet de revaloriser que le minimum vieillesse, Robert n’y a donc pas droit.
ET AUSSI : il gagnera au minimum 66 € par an grâce à la suppression du reste-à-charge promise par Macron sur les soins auditifs, dentaires et optiques.

LP/Christophe Têche

 

Solde positif. Avec la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée), Valérie va perdre 300 € par an. Mais la suppression des cotisations salariales maladie et chômage et le doublement de sa prime d’activité lui rapporteront annuellement 1 200 €. Elle ne paie plus la taxe d’habitation, qui dans son cas était plafonnée à 240 €. Voilà déjà un gain de pouvoir d’achat de 1 140 € par an.
ET AUSSI : si en plus elle se met à faire quatre heures sup par mois (qui seront exonérées de charges), elle gagne 769 € supplémentaires. Enfin, la suppression du reste-à-charge pour les soins dentaires, auditifs et optiques pour elle et son enfant lui rapporte 132 € par an.

LP/Christophe Têche

 

Charges allégées. Même si la hausse de la CSG amputera de 1 060 € par an leur budget, les Dupond profiteront de la suppression des charges sociales (+ 1 964 €) sur leur fiche de paie, d’un allégement de leur taxe d’habitation (1 077 €) et de la fin de leur reste-à-charge en matière de santé (264 € par an).
ET AUSSI : Alors que l’absence de charges sociales sur les heures sup devrait permettre aux Dupond de travailler en moyenne huit heures supplémentaires par semaine, cette famille devrait voir ses revenus progresser de 1 477 € par an. Ils peuvent donc espérer 3 723 € de pouvoir d’achat supplémentaire en cas d’élection d’Emmanuel Macron.

LP/Christophe Têche

 

Plus de CSG, moins d’ISF. La hausse de la CSG lui coûte 1 499 €/an. Mais l’aménagement de l’ISF (impôt sur la fortune) lui permet d’économiser 6 400 € (elle payait 11 400 € avant, elle n’en paiera plus que 5 000 €). Sophie ne fait évidemment pas partie des 80 % des ménages qui bénéficient de l’exonération de la taxe d’habitation. Question impôts, elle économise donc 4 901 €/an.
ET AUSSI : à cela s’ajoute la baisse des cotisations pour les indépendants, soit 833 €/an pour un revenu de 5 000 €. Enfin, avec la fusion du RSI et du régime général, elle aura les mêmes droits sociaux que les salariés, sans hausse de ses cotisations. La suppression du reste-à-charge pour les soins auditifs, dentaires et optiques lui permettra d’économiser 66 €/an.

Une version initiale de cet article, avec les résultats pour le programme de Marine Le Pen, a été publiée le 29 avril 2017.

 

Notre banc d’essai : mode d’emploi
Pour ce banc d’essai, notre journal a soumis cinq profils types à la Fondation Concorde, un groupe de réflexion (think tank) libéral : un chômeur en fin de droits touchant l’ASS, un retraité percevant 1 100 € par mois, un couple avec deux enfants gagnant 4 000 € net mensuels, une mère au smic élevant seule son enfant et une avocate, au statut d’indépendante, assujettie à l’ISF. La Fondation Concorde a évalué pour chacun d’eux l’impact des mesures proposées par Macron et Le Pen.

Elle a retenu la pension de retraite moyenne en France (environ 1 100 €), la taxe d’habitation moyenne (1 077 €), le nombre d’heures supplémentaires (4) déclenchées par les mesures d’exonération, en se basant sur le précédent de la loi Tepa de 2007, et le montant moyen du reste-à-charge (66 €R) pour les soins auditifs, dentaires et optiques sans distinction d’âge ou de sexe.

Enfin, pour l’exonération des cotisations sociales et la réforme du Régime social des indépendants (RSI), elle a tenu compte des dispositions prévues par les candidats.

Source : Le Parisien