La carte du monde de la dette : 40 ans d’évolution en 30 secondes

Depuis les années 1990, les pays «en voie de développement» sont devenus les bons élèves de la planète sur le front de la dette. Tandis que les pays occidentaux s’enfoncent dans le rouge écarlate, particulièrement depuis la crise de 2008. Visualisation et explications.

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1990-2015: en vingt cinq ans, le paysage mondial de la dette publique a complètement changé. Les pays dits en développement, dont la plupart sont passés par de féroces crises monétaires (Mexique en 1994, pays asiatiques en 1997, Russie en 1998, Brésil en 1998 et 1999, Argentine début 2000), croulaient sous des dettes abyssales dans les années 1990. Ils sont désormais redevenus les bons élèves de la planète en la matière, sous les conseils et la pression du Fonds monétaire international (FMI). À l’inverse, durant cette période les pays occidentaux n’ont cessé de creuser leur dette publique, qui a décroché depuis la crise financière mondiale de 2007/2008.

Dans cette carte animée et interactive, voyez comment les économies développées sont devenues les bonnets d’âne de la dette publique, avec en tête des plus mauvais élèves le Japon, avec près de 250% du PIB de dette publique, suivi -de loin- de la Grèce, à près de 180%. En cliquant sur le menu déroulant, vous pourrez voir, année par année, depuis 1980 et jusqu’en 2021, les dettes, en pourcentage du PIB, compilées et estimées par le FMI.


Comparez désormais la dette des pays du monde selon qu’elle est exprimée en pourcentage du PIB, en montant (en milliards d’euros) et par habitant. Si les États-Unis sont le pays qui détient le record du monde de la dette publique en montant, à presque 19.000 milliards d’euros, le Japon a le taux de dette sur PIB le plus élevé du monde, mais aussi la plus grosse dette par habitant.

 


• Des taux anormalement bas sur les marchés financiers

Pour atténuer au maximum les effets de la crise financière de 2008, les Banques centrales des plus grandes puissances du monde
(la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon), ont fait chuter leur taux directeurs, pour relancer la machine du crédit et soutenir la croissance mondiale. Si bien qu’aujourd’hui, les taux sont sinon proches de zéro (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Israël, Danemark), carrément nuls (les 19 pays membres de la zone euro et le Japon) voire… négatifs (Suisse et Suède).

Mécaniquement, les taux des obligations d’État ont suivi la tendance. Ils sont même entrés en territoire négatif, pour des échéances courtes d’abord, dès 2012, puis au fur et à mesure, sur des échéances de plus en plus longues. Même le Bund allemand à 10 ans est passé sous 0%. Ce qui signifie que les investisseurs (banques, fonds, assureurs et autres États) paient pour détenir de la dette des États «avancés», et mettre dans leurs portefeuilles des titres qu’ils jugent non risqués.

• Focus sur la France, où la dette se creuse (sans discontinuer) depuis… 1974

Selon les chiffres de l’Insee dévoilés cette semaine, la dette publique française s’établit à 2170,6 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2016. Rapportée à la richesse nationale, cette dette de l’ensemble des administrations publiques, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint 98,4% du PIB. C’est chaque trimestre -et chaque année- toujours un peu plus qu’avant. Forcément: la dette publique correspond à la somme des soldes des comptes publics enregistrés chaque année par un État. Or la France n’a pas affiché une seule année budgétaire positive depuis… 1975! Voilà donc bientôt 41 années consécutives que la dette publique française file de record en record.

Source : Le Figaro