La famille Mulliez, première fortune de France, première dans la fraude fiscale !

Perquisitions chez les Mulliez, propriétaires d’Auchan, Decathlon,…
Les Mulliez, c’est un véritable empire de la distribution, dont Auchan, Leroy-Merlin, Flunch, Kiabi, Jules et bien d’autres encore.

Les Mulliez, c’est la discrétion assurée, rarement perturbée sauf lorsque l’on évoque ces riches Français installés à Néchin, à un jet de pierre de la frontière avec l’Hexagone.

Ils viennent profiter de la quiétude de cette commune du Tournaisis, mais aussi, ou plutôt surtout, de la politique très accommodante de la Belgique à l’égard des grosses fortunes.

Alors, quand une perquisition policière est menée, cela fait plutôt mauvais genre, d’autant que d’autres opérations ont également eu lieu en France et au Luxembourg dans le cadre d’une enquête pour soupçons de fraude fiscale.

Plus piquant encore : la source de la plainte serait l’un des membres de la grande famille Mulliez, selon une source proche de l’enquête. « Cela ressemble à un règlement de comptes », selon cette source, dont les propos ont été relatés par La Voix du Nord. Il s’agirait d’un problème lié à l’évaluation de la fortune d’un des membres de la famille dans le cadre d’un divorce.

« Expert en optimisation fiscale, le clan Mulliez a multiplié les holdings intermédiaires en Belgique, aux Pays-Bas ou au Luxembourg, notamment afin d’échapper à la taxation des plus-values sur les cessions de valeurs mobilières« , affirme sur son blog Bertrand Gobin, par ailleurs auteur de La face cachée des Mulliez.

L’optimalisation fiscale est tout ce qu’il y a de plus légal, même si la morale peut réprouver de tels montages financiers.

La famille Mulliez, en tout cas, ce n’est pas n’importe qui. C’est l’une des plus grosses fortunes de France.

Selon le magazine français Challenge, Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, et sa famille étaient à la tête de la quatrième fortune de France en 2015, avec 23 milliards d’euros.

Le magazine Capital évoque même, pour sa part, une fortune globale de 37 milliards d’euros, ce qui en fait la famille la plus fortunée de l’Hexagone, devant les Bettancourt et autre Arnault, bien plus médiatisés.

Ces milliards ne sont toutefois pas entre les mains d’un seul homme, Gérard Mulliez, fondateur du groupe né en 1961. En fait, la famille Mulliez, ce sont plusieurs centaines de personnes regroupées au sein de l’association de la famille Mulliez (AFM), qui détient des participations majoritaires dans toutes les sociétés du groupe.

Le groupe est tellement large qu’un euro sur dix dépensés par les ménages français va chaque jour dans les poches de l’une des entités du groupe.

Gérard Mulliez ne doit pas apprécier ce coup de projecteur sur son groupe, lui qui a un jour déclaré que « le bruit ne fait pas de bien »…

Belgique, terre d’accueil… fiscale

Les Français aiment la Belgique. Ou plutôt, les Français pleins aux as adorent la fiscalité belge.

Le cas de la famille Mulliez, dont plusieurs représentants ont décidé de franchir la frontière pour s’installer à Néchin, est donc loin d’être unique. Un autre Français connu ayant mis le cap sur Néchin n’était autre que lGérard Depardieu…

Mais les riches Français peuvent aussi prendre le Thalys – en 1ère classe – pour se rendre à Bruxelles, avec une prédilection pour la commune huppée d’Uccle. C’est le cas de l’animateur vedette Arthur, installé chez nous depuis quelques années.

D’autres n’ont pas pour autant un (modeste) pied à terre dans le plat pays.

Plusieurs grosses fortunes créent des sociétés en Belgique. C’est par exemple le cas de la famille Bongrain, à la tête du deuxième groupe fromager français, dont l’un des produits phares, Le Caprice des Dieux, célèbre ses 60 ans dans quelques jours.

C’est aussi le cas de Bernard Arnault, qui avait introduit une demande de naturalisation avant de renoncer à son projet de devenir un citoyen belge.

Le journal L’Echo estimait voilà deux ans que la Belgique accueille près de vingt des 100 plus grosses fortunes françaises, pour un total de 17 milliards d’euros déplacés chez nous.

« On ne vit pas dans le même monde »

Jean-Marc, pensionné, assure ne jamais être en contact avec ces personnes fortunées.

Au milieu de ces nombreuses villas et familles très aisées vivent des habitants aux revenus bien plus modestes. C’est le cas de Jean-Marc, un pensionné âgé de 67 ans qui vit depuis longtemps à Néchin puisqu’il y est né. « Et depuis un peu plus de dix ans, j’ai vu mon village bien changer » , explique-t-il.

« Il y avait beaucoup de fermes auparavant. Ces dernières ont donc été rachetées afin d’être rénovées au point de devenir de luxueuses villas. Personnellement, cela ne me dérange pas plus que cela que ces personnes aux si grandes fortunes viennent s’installer ici. Mais il faut rester honnête, ce n’est pas pour les beaux paysages de Néchin que l’on voit ces personnes arriver chez nous ».

Notre interlocuteur regrette tout de même de ne jamais voir ces personnes s’impliquer dans la vie du village. « C’est simple, on ne les voit jamais ! Je ne peux même pas dire en réalité si elles vivent vraiment ici. De toute manière, on ne vit pas dans le même monde. Pour être honnête, je ne suis pas du tout jaloux de leur fortune ».

Les différences entre les classes sociales se font visiblement ressentir. « Petit à petit, on a l’impression qu’il y a ces personnes riches et les autres. Ils nous laissent tranquilles et nous, on fait de même ».

Jean-Marc est tout de même écœuré par les motivations de certains. « Plus ils ont d’argent et plus ils en veulent. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas pour rien s’ils viennent s’installer ici. Évidemment, cela leur permet de payer moins d’impôts… »

Un autre voisin y va de son anecdote. « Lorsque je peux me permettre de passer un week-end à la mer du Nord, eux sont en voyage à l’autre bout du monde… ».

Une ambiance particulière

Peu de citoyens avaient envie de s’exprimer sur la perquisition réalisée chez les Mulliez

Ce mercredi, il régnait une ambiance assez particulière au sein de la rue Reine Astrid à Néchin. En effet, les riverains avaient, si cela n’avait pas déjà été fait, pris connaissance de la perquisition qui s’était déroulée la veille au sein du domicile de Patrick Mulliez, propriétaire de nombreuses enseignes bien connues.

« On a cru qu’il s’était passé quelque chose de grave », expliquait un voisin qui préfère garder l’anonymat. « On ne voit déjà pas ces personnes très souvent alors dès qu’il y a du mouvement, on le remarque assez vite. Ce n’est que par la suite que nous avons appris qu’il s’agissait d’une perquisition… Évidemment, la nouvelle a vite fait le tour du village ».

Peu de citoyens acceptaient cependant de livrer leur avis sur les récents faits. Pour Fernand et Denise, un couple de retraités vivant à Néchin, et depuis toujours en ce qui concerne Denise, le village se serait bien évité cette nouvelle médiatisation. « Je comprends amplement que les gens ne désirent pas s’exprimer. Quand Depardieu est venu s’installer ici, il y a eu une monstrueuse agitation. Cela ne faisait que tourner. Les citoyens ne veulent que du calme ».

Fernand, âgé de 67 ans, revenait par cette occasion sur l’épisode Depardieu.

« On a beaucoup parlé de lui mais, contrairement aux Mulliez ou aux autres riches qui sont venus s’installer ici, Gérard Depardieu a au moins investi dans la commune où il faisait régulièrement ses courses. Lui sait ce que c’est que le travail car il a démarré de rien du tout contrairement aux autres qui sont nés avec la cuillère d’argent… dans la bouche ! Il ne faut jamais compter sur eux pour venir à notre rencontre et, finalement, c’est bien mieux comme cela ».

Au niveau de la commune, le bourgmestre d’Estaimpuis, Daniel Senesael (PS), se refusait à tout commentaire. « Ces perquisitions n’ont rien à voir avec la commune et, dans ce cas, nous ne portons aucun avis sur cette procédure ».

 

Depardieu aussi avait choisi Néchin

Aujourd’hui, l’acteur français n’est plus domicilié au sein du village.

Le village de Néchin avait déjà été mis sous les feux des projecteurs il y a quelques années suite à l’arrivée de Gérard Depardieu.

L’acteur français avait, en effet, attiré toutes les caméras de l’Hexagone dans le petit village de la commune d’Estaimpuis, située à quelques pas de la frontière franco-belge.

Depardieu avait opté pour un exil fiscal en Belgique. Il a ensuite acquis la nationalité… russe, passeport affiché à l’appui.

Son arrivée à Néchin avait été ultramédiatisée, au point d’en exaspérer plus d’un, sauf quelques politiques locaux qui ont joué les seconds rôles sur la scène médiatique. Ceux-là doivent peut-être le regretter actuellement tant l’acteur ne s’est plus soucié par la suite de ceux qui l’avaient accueilli à bras ouverts.

Peu de temps après son installation dans le village, Gérard Depardieu avait d’ailleurs eu une attention toute particulière à l’encontre des Néchinois en les conviant à une sorte d’après-midi récréative suivie par de nombreux médias.

Par la suite, Gégé semblait nourrir de nombreux projets dans la région, telle qu’une cave à vins à Tournai, près de la cathédrale. Au final, rien ne se sera véritablement concrétisé…

Aujourd’hui , l’acteur a quitté le village. Mais pas totalement puisqu’il reste encore sa villa White Cloud avec ses cinq chambres d’hôtes prestiges qui semble encore être louées aux touristes.

Les villageois, eux, ne sont pas dupes. « L’amour soudain de Gérard Depardieu pour notre village n’a jamais été sincère mais bon, cela aura fait parler d’Estaimpuis partout en Belgique, voire en France. Et voyons le bon côté des choses, on a eu droit à un fameux repas (rires) ! », explique un retraité vivant depuis toujours à Néchin.

Source : lalibre.be