La Jamaïque autorise la consommation de cannabis

Les parlementaires jamaïcains ont voté une loi dépénalisant la possession de de petite quantité de marijuana. Pour autant, son utilisation sera encadrée par la loi et autoriser sous certaines conditions.

54ef112901b98jamaica_marijuana_061214

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la consommation de cannabis en Jamaïque était jusque-là punie par la loi. Comme le rapporte l’agence de presse Associated Press, le parlement jamaïcain vient d’autoriser la possession de cannabis. Mais à quelques conditions.

57 grammes

La première, et non des moindres, concerne la quantité. Les habitants pourront désormais détenir jusqu’à deux onces, soit environ 57 grammes de marijuana par personne. Cependant, en cas de contrôle, le détenteur devra payer une faible amende, mais ne sera pas arrêté et l’offense ne figurera pas dans son casier judiciaire.

Les deux chambres législatives ont également approuvé la création d’une « licence de cannabis » autorisant la culture et la distribution de marijuana dans un cadre médical, scientifique… et religieux. En effet, « la ganja », telle qu’elle est connue localement, est considérée par certains comme une religion.

Le mouvement rastafari (apparu dans les années 1920 pour redonner une fierté à l’homme noir, en le détachant de l’identité coloniale et de la société occidentale, et en le rapprochant de ses racines africaines) considère la ganja comme une herbe sacrée. Il juge cette herbe inoffensive et demandait sa légalisation depuis fort longtemps.

De plus, une agence nationale sera créée afin de délivrer des autorisations pour cultiver jusqu’à cinq plants de cannabis, à des fins thérapeutiques. En outre, les touristes qui se sont fait prescrire de la marijuana pour des raisons médicales, auront bientôt l’autorisation d’acheter de la ganja en Jamaïque.

Le gouvernement tempère la décision

« C’est une grande étape pour nos droits, mais il y a encore beaucoup de travail à faire » s’est réjoui Delanoë Seiveright, directeur du « Cannabis Commercial and Medicinal Taskforce » cité par Le Figaro.

Cette décision ne signifie pas pour autant que la Jamaïque deviendra un eldorado pour les consommateurs de drogue et les trafiquants. Peter Bunting, le ministre de la sécurité de l’île prévient : « l’adoption de cette législation n’est pas une invitation générale à faire pousser, dealer, transporter et exporter de la ganja. Les forces de sécurité continueront d’imposer la loi jamaïquaine qui est en accord avec des obligations
définies par des traités internationaux ».

Source : ‘iTELE