L’encens plus nocif encore que le périphérique parisien pour votre santé ?

Un rapport, que nous dévoilons, met en garde contre les produits nocifs émis par les bâtons d’encens, les cônes et les bougies qui parfument nos intérieurs.

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Certaines dégagent des notes sucrées de marshmallow grillé, d’autres fleurent bon le savon de Marseille, la lavande ou le cèdre. Dans cette petite boutique de déco de la rue de Rochechouart, à Paris, on peut acheter des dizaines de bougies parfumées différentes. Passées en coup de vent pour trouver un cadeau, Manon et Clémentine, 25 ans, repartent avec un modèle aux senteurs marines. « Ces produits s’écoulent très bien, explique la vendeuse en train d’emballer leur emballe leur achat. Certains clients viennent renouveler leur stock toutes les semaines. »

Plus de pollution que sur le périphérique

Les familles françaises sont en effet accrocs : 37 % utilisent des bougies parfumées chez elles, 20 % de l’encens. Or, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), que nous révélons, ces produits peuvent s’avérer dangereux pour la santé. En voulant installer une ambiance cosy, on se retrouve à inhaler jusqu’à cinq fois plus de benzène, un hydrocarbure classé cancérigène, qu’à proximité du périphérique parisien !

Selon un critère strictement environnemental, préférez les bougies. « Il n’y a pas photo, elles émettent dix à cent fois moins de benzène, le principal polluant, que l’encens », explique Nadia Herbelot, chef du service qualité de l’air de l’Ademe. Si vous êtes adepte de l’encens, faîtes brûler des bâtons plutôt que des cônes. Et cela peut sembler surprenant mais mieux vaut les allumer avec son briquet. « Utiliser des allumettes ajoute encore du polluant au polluant », pointe Nadia Herbelot.

A court terme, le benzène et les particules fines émis lors de la combustion peuvent provoquer irritations respiratoires ou oculaires, maux de tête et nausées. A plus long terme, ils augmentent le risque de cancer. Bien sûr, utiliser une bougie à la rose de temps à autre n’est pas synonyme d’un lymphome malin dans les dix ans mais « attention à l’effet cocktail », insiste la spécialiste. « Si la personne fume, habite au-dessus d’un axe routier et utilise des produits chimiques dans son garage, cela multiplie les risques. »

Mieux informer le consommateur

« Voilà vingt ans que la profession s’attache à prévenir les consommateurs, par exemple en développant des pictogrammes qui seront bientôt adoptés par l’Union européenne », assure de son côté Hubert Bocquelet, secrétaire général de la Fédération nationale des industries des corps gras (FNCG), qui rassemble les fabricants de bougies. Selon lui, les produits fabriqués dans l’Hexagone « sont de bonne qualité et il n’y a pas de préoccupation à avoir par rapport aux émissions ».

Dans la boutique de déco de la rue de Rochechouart, Chloé, la vendeuse, rassure, elle, les clients inquiets en les orientant vers la cire d’abeille ou de soja. Pourtant, les chercheurs de l’Ademe n’ont pas relevé de différences notables entre les bougies estampillées 100 % nature et celles à base de paraffine. Ni d’ailleurs entre les produits français et les autres.

Si l’on veut tout de même créer une ambiance romantique dans son salon, quelques précautions s’imposent. Première d’entre elles : ne pas utiliser ces produits tous les jours. Et surtout, après votre dîner romantique, aérez au moins dix minutes.

« Les personnes asthmatiques, les femmes enceintes et les enfants devraient, eux, tout simplement s’abstenir », conseille Nadia Herbelot. Afin de mieux informer le consommateur, l’Ademe préconise un étiquetage avec des couleurs et des lettres, selon les émissions de polluants, à l’instar de celui des pots de peinture. Le dossier est sur la table du ministère de l’Environnement.

 Source :  Le Parisien