Les abeilles remplacées par des drones ? Harvard y travaille

Alors que l’hécatombe des abeilles se poursuit, à Harvard, un laboratoire travaille sur un petit robot capable de les remplacer. Oh, sérieux ?

A Clermont-Ferrand, les apiculteurs de France réunis en congrès ne sont pas à la fête. Les colonies d’abeilles continuent de disparaître en masse, pour des raisons diverses : pesticides (qui font perdre aux abeilles le sens de l’orientation), prédateurs (le frelon asiatique), parasite (le varroa qui suce leur « sang » et leur injecte des virus), changement climatique (qui perturbe leur alimentation)…  En moyenne, en France, on est passé en 20 ans d’un taux de mortalité de 5% par an à 30% en moyenne.

Le sujet est un cauchemar écologique qui va bien au-delà du sort de l’apiculture. L’abeille, en se baladant de fleur en fleur, pollinise de nombreux végétaux. Sa disparition aurait des conséquences écologiques effroyables, ce qui ouvre le champ à de nombreux fantasmes eschatologiques :

Plus d’abeilles -> plus de pollinisation -> plus de plantes -> plus d’animaux -> plus d’hommes.

Plus d’un tiers de notre alimentation dépend en effet des abeilles. « Sans abeilles, l’humanité n’aurait que quatre années à vivre », buzze depuis des années une prédiction bizarrement prêtée à Albert Einstein très probablement apocryphe). En 2014, alarmée, la Maison blanche a créé une « task force » sur le sujet.

Paradoxe ?

Qui dit cauchemar à venir, dit science fiction. Dans la dernière saison de « Black Mirror », une excellente série Netflix portant sur notre futur proche, un des épisodes les plus effrayants imagine un monde dans lequel on se serait résolu à remplacer les abeilles par des millions de mini-drones, programmés à la fois pour polliniser les fleurs et espionner les masses (dans l’épisode, « Hated in the Nation » un hacker réussit à reprogrammer les petits robots volants pour tuer. Brrr.)

Du grand n’importe quoi ? Pas tant que ça. Dans le monde réel, des recherches très sérieuses sont menées pour développer des robots-abeilles. Cela se passe dans les labos de Harvard, au très sérieux Wyss Institute. Et les progrès des « Robobees » sont impressionnants.

Une des Robobees d'Harvard
Une des Robobees d’Harvard

L’équipe a réussi la prouesse de réaliser un robot de la taille d’un demi trombone, pesant moins de 80 milligrammes (30 fois moins qu’une pièce de un centimes), capable de voler grâce à de minuscules ailes battant au rythme de 100 battements par seconde. Leur robot peut se poser sur des objets sous différents angles, grâce à l’électricité statique. Il peut même tomber dans l’eau et nager.

Reste un problème technique : compte-tenu de leur poids, il est encore impossible d’embarquer dans ces « abeilles » une batterie ou un ordinateur de bord assurant leur autonomie. Jusque-là, chaque abeille fabriquée par le labo de Harvard est donc alimentée en électricité par un minuscule fil. Mais l’équipe travaille sur la question et pense pouvoir bientôt surmonter cette difficulté, quitte à fabriquer une « RoboBee » un peu plus grosse. Les chercheurs pensent parvenir à utiliser ces robots pour polliniser d’ici 10 à 15 ans.

Ces recherches sont probablement passionnantes, mais l’idée de remplacer les abeilles mourantes par des millions de robots, afin de pouvoir continuer tranquillou à diffuser des pesticides sur les plantations, est la plus absurde qu’on puisse jamais concevoir. Il serait plus simple d’arrêter de déverser le poison qui les tue.

En attendant, faites vous peur en regardant cette pseudo-vidéo publicitaire mise en ligne en 2014 par Greenpeace et présentant un nouveau produit, les (imaginaires) NewBees.

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com