L’étude santé du jour : les tumeurs se nourrissent de lipides pour grossir

Les cellules cancéreuses puiseraient leur énergie dans les lipides, des graisses à la base de l’alimentation. Les en priver permettrait donc de ralentir l’évolution des cancers et de les soigner, selon des chercheurs belges.

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Comme les humains, les tumeurs sont gourmandes. Après les avoir étudiées sur une longue période, des scientifiques ont découvert qu’elles se nourrissaient de lipides (le gras à la base de l’alimentation) en plus du glucose (sucre). Le rôle des lipides est essentiel car ils participent à la structure et à la fonction des membranes cellulaires et interviennent dans de nombreuses fonctions biologiques (transmission des messages hormonaux, production d’énergie…).

Les résultats de leurs travaux révèlent ainsi que les cellules cancéreuses sont capables de moduler leur source de nutriments en fonction de leur environnement. Cette découverte, publiée dans la revue Cell Metabolism, suggère qu’empêcher les tumeurs de s’alimenter pourrait les empêcher de se développer. Les scientifiques ont déjà commencé à travailler sur des pistes thérapeutiques.

Méthodologie : observer le métabolisme des cellules cancéreuses
Pour cette étude, les chercheurs en oncologie de l’université catholique de Louvain (Belgique) ont analysé des cellules cancéreuses pendant 4 ans. Ils ont réussi à reproduire en laboratoire l’acidité ambiante des tumeurs (acidose) et ont pu passer au crible leur métabolisme, soit les réactions chimiques qui se produisent au sein de chacune d’elles.

Ce que l’étude a démontré : les cellules cancéreuses prennent l’énergie des lipides et en fabriquent
Les chercheurs ont fait deux découvertes marquantes. D’abord, les cellules cancéreuses sont capables de produire elles-mêmes des lipides. « La glutamine (un acide aminé synthétisé par l’organisme) est utilisée pour produire – à l’intérieur de la cellule- les lipides nécessaires à la constitution des membranes », précisent les chercheurs dans un communiqué.

Mais aussi : « les lipides prélevés à l’extérieur de la cellule sous forme d’acide gras fournissent l’énergie nécessaire à la croissance cellulaire. » Ainsi, plus une tumeur grandit, plus elle s’acidifie et plus elle devient dépendante des lipides comme source énergétique.

Ce qu’il faut en conclure : des perspectives inattendues pour élaborer des traitements
D’après ces observations, les chercheurs suggèrent qu’il faudrait bloquer l’utilisation de lipides par les cellules cancéreuses pour en ralentir l’évolution, voire l’arrêter. Les scientifiques ont déjà mis au point de tels composés « capables d’interférer avec la capture et la synthèse des lipides » chez les souris. Des résultats prometteurs, donc, qui ouvrent la voie à des médicaments anticancéreux d’un nouveau genre.

Source : metronews.fr