La Lune, née d’une vingtaine d’impacts sur la Terre

Un nouveau scénario établit que la Lune se serait formée à partir de débris éjectés par la Terre lors d’une vingtaine d’impacts avec des corps célestes. Ce qui expliquerait enfin pourquoi notre planète et son satellite ont la même composition isotopique.

Lune

La Lune ne serait pas le fruit d’un seul impact géant entre un corps de la taille de Mars et la Terre – comme les planétologues le supposaient jusqu’à présent – mais elle serait issue d’une série de chocs avec différents corps célestes. Ceux-ci auraient, dans un premier temps, formé plusieurs « proto-lunes » qui auraient ensuite fusionné pour donner naissance à notre satellite naturel. Certes, cette nouvelle théorie publiée dans Nature Géosciences du 9 janvier 2017 par une équipe israélienne sous la direction de Raluca Rufu de l’Institut Weizmann à Rehovot ne revient pas sur les grandes lignes du scénario « classique » adopté par la majorité des scientifiques mais elle apporte des modifications essentielles. Des ajustements qui parviennent – enfin ! – à expliquer pourquoi la Terre et la Lune possèdent la même signature isotopique, autrement dit la même composition.

L’histoire de la formation de la Lune commence par deux scénarios très distincts envisagés dans les années 1970 : l’un assure que notre satellite a été capturé dans le champ gravitationnel de la Terre, l’autre qu’il est le fruit d’une collision entre la Terre et un troisième corps. Capture ou collision se trouvaient ainsi en
compétition… jusqu’à ce que l’analyse des échantillons lunaires rapportés par les missions américaines Apollo, puis les possibilités offertes par l’augmentation de la puissance de simulation numérique des ordinateurs, permettent aux planétologues de pencher plutôt pour l’hypothèse de la collision.

Le scénario s’affine

En 2004, un scénario plus précis, proposé par la planétologue Robin Canup de l’Université du Colorado (Etats-Unis), remportait la faveur des scientifiques. La scientifique y explique ainsi que lorsque la jeune Terre avait 100.000 ans, un impact géant avec un objet de la taille de Mars, appelé Théia, a provoqué la formation d’un disque de poussières autour de la Terre qui a pu donner naissance à la Lune en quelques années seulement. Problème : pour fonctionner, les simulations numériques autour de ce scénario impliquent que la Lune devait être composée d’un mélange de 80 % en provenance de Théia et de 20% du manteau terrestre. Or les analyses géochimiques vont à l’encontre de ce scénario : Terre et Lune présentent la même composition isotopique…

Les propositions de l’équipe de l’Institut Weismann résolvent ce problème épineux : la jeune Terre aurait ainsi été l’objet de plusieurs collisions avec plusieurs corps célestes, soit une vingtaine environ. Chacun d’entre eux aurait soulevé un nuage de poussières et de débris qui se sont stabilisés sous forme d’une ceinture équatoriale au sein de laquelle des proto-lunes se seraient formée. Au cours du temps, celles-ci auraient fondu pour donner naissance à l’astre que nous connaissons aujourd’hui.

Source : sciencesetavenir.fr