LVMH et BNP Paribas champions des paradis fiscaux dans la catégorie filiales

La guerre lancée par le G20 en 2009 n’a pas limité l’implantation des entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux. LVMH et BNP Paribas sont en tête pour leurs nombres de filiales.

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« Nous nous sommes mis d’accord pour mettre fin à la non-coopération des paradis fiscaux, qui ne transmettent pas d’informations lorsqu’on le leur demande. Le secret bancaire d’autrefois doit prendre fin ».

Ainsi le Premier ministre britannique Gordon Brown avait-il lancé au sommet du G20 de la mi 2009 la guerre contre les paradis fiscaux. Avec 300 milliards de dollars de nouveaux capitaux, selon la Cnuced, et 6.000 milliards de dollars d’actifs gérés, selon l’économiste Gabriel Zucman cité par Challenge, tout va pourtant pour le mieux sous le soleil.

1.174 filiales dans les paradis fiscaux pour le CAC 40

Les grandes entreprises américaines sont les championnes du monde de l’exercice. Mais nos fleurons nationaux du CAC 40 ne sont pas en reste, selon une étude sur les « paradis fiscaux et judiciaires » citée par Challenge qui liste toutes leurs filiales qui y sont présentes. Ils détiendraient 1174 filiales dans les 50 paradis fiscaux recensés par la Cour des comptes américaine et les 382 identifiés par l’OCDE.

Surprise, les banques ne sont pas les plus présentes. C’est en effet le groupe LVMH qui détient le plus de filiales dans les pays de la liste de l’OCDE, devant BNP Paribas. Kering, Schneider et Essilor sont aussi bien placés. Attention toutefois aux chiffres concernant les banques. Celles-ci utilisent aussi, en plus des filiales, des véhicules spéciaux qui ne sont pas comptabilisé par le groupement d’ONG responsable de l’étude. Leur présence dans les paradis fiscaux pourrait du coup être bien plus élevée.

A chacun son explication

LVMH, cité par Challenges, explique que sa présence est justifiée par des activités commerciales. Autrement, le groupe évoque par exemple cette situation dans laquelle il avait fait l’acquisition d’une société russe dont les actionnaires avaient insisté pour qu’il rachète leur holding à Chypre.

Ce type d’argument ne convainc toutefois pas les experts. En mai dernier, l’économiste de l’Ecole d’économie de Paris Jézabel Couppey-Soubeyran avait relevé que « du milieu des années 1990 à la veille de la crise de 2009, leurs impôts ont été multipliés par 1,5 et leurs profits par 10 ».

Source : Libération