Macron « l’anti-système » veut supprimer l’ISF pour les actionnaires

Emmanuel Macron a précisé ses projets pour l’impôt sur la fortune (ISF). Le candidat à la présidentielle souhaite le supprimer pour les actionnaires d’entreprises, au nom du « financement de l’économie ». Une recette économique à la saveur libérale, qui va faire le bonheur de Liliane Bettencourt, Vincent Bolloré et consorts…

supprimer l'ISF pour les actionnaires

A l’heure où de nombreux cadres du PS , Emmanuel Macron penche… à droite. Economiquement, du moins : ce mercredi 1er février, le candidat à la présidentielle a proposé sur France Inter de supprimer purement et simplement l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour les actionnaires. « Je supprimerai la part de l’ISF qui finance l’économie« , a annoncé l’ex-ministre de l’Economie, en précisant qu’il visait « la détention d’actions et le financement d’entreprises« . L’ISF ne concernerait alors plus que les biens immobiliers, hors résidence principale, et serait donc renommé « impôt sur la rente immobilière ».

Liliane Bettencourt, Vincent Bolloré et consorts peuvent se frotter les mains : Macron président, « la moitié » des recettes actuelles de l’ISF retournerait dans les poches des actionnaires qui y sont actuellement assujettis, soit un total de plus de 2,5 milliards d’euros. « Mais vous attirez à nouveau du capital à travers cette mesure« , plaide le fondateur d’En Marche, assurant que le manque à gagner pour l’Etat serait rapidement récupéré : « Pour moi, c’est une mesure qui en deux/trois ans a assez peu de coût sur l’économie, voire n’en a pas« .

La fuite des capitaux en ligne de mire

Le raisonnement d’Emmanuel Macron ? Cette réforme permettra selon lui d’éviter que les Français les plus aisés quittent le pays pour échapper à l’impôt comme, cite-t-il en exemple, lors de la suppression du bouclier fiscal par François Hollande en 2012. « Depuis la fin du bouclier, beaucoup de contribuables sont partis, beaucoup de jeunes créateurs d’entreprises aussi« , argumente l’ex-ministre sur France Inter.

Le candidat à la présidentielle imagine en outre qu’une exonération partielle de l’ISF encouragera les Français les plus aisés à investir dans des entreprises représentant « l’économie réelle » plutôt que dans des biens immobiliers. Ce qui est pour le moins douteux : si d’aventure, les plus fortunés décidaient de placer quelques billets dans des entreprises, il y a fort à parier qu’ils opteraient pour la sécurité en choisissant des multinationales prospères, leur assurant des dividendes, plutôt que des start-up à l’avenir incertain.

Sur l’échiquier politique, cette conception libérale de l’économie place évidemment Emmanuel Macron à droite. Elle n’est guère partagée que par le candidat de LR (jusqu’à nouvel ordre), François Fillon. Et elle est particulièrement battue en brèche par les deux candidats de gauche, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Pour éviter la fuite des capitaux vers l’étranger, le candidat de la France insoumise privilégie la mise en place d’un qui toucherait les Français expatriés. Quant à celui du PS, il souhaite un impôt unique sur le patrimoine, qui fusionnerait notamment la taxe foncière et l’ISF, afin d’éviter que les ménages les plus aisés ne s’en exonèrent grâce à des montages financiers.
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Source : marianne.net