Macron ne regrette «absolument pas» d’avoir utilisé le mot «fainéants»

Le président assure qu’il visait «tous celles et ceux qui pensent qu’on ne doit pas bouger en Europe et en France».

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Non, il ne regrette rien. Emmanuel Macron a déclaré lundi à Toulouse qu’il ne regrettait «absolument pas» d’avoir évoqué vendredi à Athènes des «fainéants» s’opposant à sa politique de réformes, malgré la polémique que ce mot a déclenchée. «Je ne l’ai pas fait avec l’esprit de polémique», a-t-il ajouté en marge de la visite d’un centre d’hébergement, au cours d’un déplacement à Toulouse (Haute-Garonne) consacré à la politique du logement. «Les gens ont tort de déformer pour créer de fausses polémiques», a-t-il précisé.

«On ne peut pas faire avancer notre pays si on ne dit pas les choses en vérité. Mais il faut écouter complètement les discours avec beaucoup de calme, avec beaucoup d’apaisement», a poursuivi le chef d’Etat. «Mon discours était très clair», a-t-il affirmé, en précisant que, avec le mot «fainéants», il avait dénoncé «tous celles et ceux qui pensent qu’on ne doit pas bouger en Europe et en France». Emmanuel Macron avait déclaré vendredi à Athènes: «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes».

Ces propos, sans évoquer de cibles spécifiques, ont depuis suscité de vives réactions, notamment à gauche, alors que la CGT appelle à la mobilisation mardi contre la loi travail. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a affirmé dimanche qu’Emmanuel Macron avait dénoncé «la posture de la fainéantise» de «ceux qui n’ont pas eu le courage de faire les réformes nécessaires».

Bain de foule et opposants

Emmanuel Macron s’est offert un long bain de foule, lundi sur la place du Capitole à Toulouse, où s’étaient rassemblées plusieurs milliers de personnes, passant plus de trois quarts d’heure à serrer des mains. A quelques centaines de mètres de là, entre 300 à 400 personnes, selon la préfecture, 2 000 personnes, selon la CGT, ont manifesté contre sa politique du logement.

La rencontre du président avec le public n’était pas prévue au programme de sa matinée dans la Ville rose, où il a présenté le volet social de sa réforme du logement lors d’une table ronde à la mairie. Entre 12h30 et 13h20, il a fait le tour de la vaste place pour saluer la foule maintenue derrière les barrières de sécurité. Parmi la foule figuraient des militants d’En Marche !, le comité local du mouvement ayant appelé ses adhérents à venir afficher leur soutien.

Du côté des opposants à sa politique, réunis devant le Monument aux morts, la CGT, Solidaires, FSU, NPA mais aussi les étudiants de l’UNEF ont déployé une grande banderole «Front social. S’unir et lutter pour ne plus subir et pour gagner». «Je suis là pour « faire la fête » à Macron», a lancé Sabine, 71 ans, remonté contre un président qui «démolit la Sécu». «C’est vraiment le président des riches, des banques», a-t-elle estimé.

D’autres banderoles ou affichettes ont été brandies comme «Président raté» ou «Rien n’est bon dans le Macron sauf pour les patrons», «ni fainéantes ni cyniques ni extrêmes mais citoyennes révoltées» ou encore: «Ça sent le Gattaz».

Source : Le Parisien