Macron: « Si quelque chose m’oppose au chef d’état-major, le chef d’état-major change »

Le général de Villiers des armées sera reçu vendredi prochain à l’Elysée. Emmanuel Macron a confié au JDD lui accorder sa confiance s’il respectait la « chaîne hiérarchique ».

Soufflante en vue au sommet de l’Etat. Le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées sèchement recadré après ses réserves sur les économies demandées à la Défense, sera reçu vendredi prochain à 18h par Emmanuel Macron. Aucune précision sur l’objet de cette rencontre n’a été donnée, cependant le chef de l’État s’est confié dans les colonnes du JDD ce dimanche.

« Il a donc toute ma confiance »

« La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état major des armées change », a déclaré Emmanuel Macron au Journal du Dimanche. « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis, ce n’est pas plus compliqué que cela », poursuit le chef de l’Etat qui explique: « Moi j’ai des soldats sur des théâtres d’opérations, des gens qui attendent beaucoup, je les respecte, je leur dois, la protection: l’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels ».

Le président de la République rappelle au JDD qu’il a reconduit le général de Villiers, 61 ans, dans ses fonctions le 1er juillet pour une dernière année: « Il a donc toute ma confiance » à condition de « savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l’armée ».

Un recadrage public

En pleines festivités du 14 Juillet, le chef de l’Etat a reproché au général, sans jamais le nommer, d’avoir mis de façon « indigne » une polémique budgétaire « sur la place publique » et l’a rappelé au « sens du devoir et de la réserve ».

Auditionné par la commission de Défense mercredi, le chef des armées avait laissé éclater sa colère devant une cinquantaine de députés. « Je ne vais pas me faire baiser comme ça », tonnait-il, allusion aux 850 millions d’euros d’économies réclamées cette année aux armées. Une trajectoire budgétaire qui ne passe pas et que l’intéressé juge « non tenable ».

L’hypothèse d’une démission pas écartée

Ce rappel à l’ordre brutal, devant tous les chefs militaires, a jeté un froid et pose la question du maintien de Pierre de Villiers qui, à 61 ans, venait tout juste d’être reconduit pour une dernière année.

Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré vendredi que le militaire pouvait « bien entendu » rester en fonction mais les interrogations subsistent sur son avenir. A l’issue du défilé militaire du 14 juillet, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait, lui, laissé entrouverte la porte d’une éventuelle démission. Verdict dans une semaine.

Source : L’Express

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