Maroc : la vidéo d’une agression sexuelle ébranle la société civile

Au moins autant que l’agression sexuelle d’une jeune fille à Casablanca, c’est la persistance du harcèlement des femmes qui indigne la société.

Maroc la vidéo d’une agression sexuelle ébranle la société civile
Depuis deux jours, les images suscitent la colère et l’émoi sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo enregistrée dans un bus de Casablanca, on voit un groupe de jeunes agresser sexuellement une jeune femme atteinte d’un handicap mental sans qu’aucun autre passager n’intervienne. Selon la société de transport, la scène a eu lieu vendredi dernier et la police marocaine a confirmé lundi l’arrestation des six auteurs âgés de moins de 17 ans et affirme n’avoir reçu aucune plainte avant la diffusion de la vidéo sur Internet. Un sit-in est prévu mercredi 23 août à Casablanca.

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Le harcèlement sexuel, une réalité préoccupante au Maroc

Diffusées dimanche sur les réseaux sociaux, les images ont suscité une salve de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les médias au Maroc. On y voit un groupe d’adolescents, torse nu, en train de bousculer violemment une jeune femme en pleurs dans un bus, toucher les parties intimes de son corps, tout en s’esclaffant. La victime, à moitié dénudée, pousse des cris de détresse, alors que le bus continue de rouler, sans qu’aucun passager n’intervienne.

La scène a eu lieu à Casablanca, métropole économique du royaume, précise la presse locale. La société chargée du transport en commun M’dina Bus a indiqué que « l’agression s’est déroulée ce vendredi 18 août » et que les agresseurs avaient été « appréhendés ce lundi 21 août ».

La police a confirmé dans un communiqué l’arrestation des six auteurs, âgés de 15 à 17 ans, qui ont été placés sous surveillance policière. La même source a également confirmé que la victime, 24 ans, était atteinte d’un handicap mental, et a relevé qu’elle n’avait, avant la diffusion de la vidéo, reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur. « Horreur à Casablanca », « des monstres commettent un crime odieux », écrit la presse locale, qui tire la sonnette d’alarme sur le phénomène du harcèlement des femmes dans l’espace public.

Un déni de justice persistant

L’association Touche pas à mon enfant a lancé, lundi, un appel à témoins afin « de traduire en justice cette horde barbare qui s’est attaquée lâchement à une jeune fille ». Des internautes ont, eux, appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation. D’autres, en revanche, s’en sont pris à la victime, prenant la défense des agresseurs.

Au Maroc, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours du combattant. Ou plutôt de la combattante : elles y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes. Selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois sont victimes de violences. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste.

Début août, une autre vidéo montrant une horde de jeunes hommes traquer une jeune femme marchant seule dans la rue à Tanger (Nord) avait déjà suscité l’indignation dans le pays.

Source : Le Point