Mélenchon exclut toute idée de rapprochement avec les socialistes

Si, comme le dit l’adage, «la diplomatie est l’arme des faibles», alors Jean-Luc Mélenchon se sent très fort. Porté par l’affluence des militants dans ses meetings et des sondages flatteurs, le leader de La France insoumise a rejeté, avec son style fleuri, toute idée de discussions avec le futur vainqueur de la primaire du PS. «Je ne suis pas intéressé à la carabistouille», a-t-il expliqué dimanche lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI alors qu’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon multiplient les appels du pied à son égard.

Mélenchon

Vendredi dernier, l’ancien ministre du Redressement productif assurait encore que s’il remportait la primaire du PS, il appellerait immédiatement Jean-Luc Mélenchon pour essayer de trouver avec lui des «points de convergence». Même disposition d’esprit pour Benoît Hamon qui répond «oui à la discussion», avec son ancien camarade du PS.

Mélenchon ne formule qu’une proposition à sens unique: que le vainqueur de la primaire se range derrière lui. Point. Pour les socialistes, il n’a d’ailleurs que mépris: «Là, on parle de choses sérieuses. Il s’agit de gouverner la cinquième puissance du monde au moment où la guerre généralisée se dessine.» Le reste, «c’est vos contes de fées, c’est la Belle au bois dormant (…). C’est des histoires pour les enfants.» Exit le futur candidat socialiste donc, ce n’est pas lui que Jean-Luc Mélenchon considère comme son principal adversaire à gauche. Lui a plutôt dans son viseur Emmanuel Macron.

Salle comble

Comme lui, il remplit les salles de ses meetings. Comme lui, il fait des étincelles dans les sondages, au point d’apparaître comme possible troisième homme de 2017, si ce n’est plus. Alors Jean-Luc Mélenchon le charge. «M. Macron n’est pas de gauche», assure-t-il. Les solutions qu’il propose «échouent depuis trente ans, c’est le libéralisme». Et puis, «cet homme vit ailleurs. Il vit tellement ailleurs qu’il parle aux gens comme à des domestiques: quand il fait son meeting à Paris, il se met à hurler pour dire aux gens, “vous allez militer, etc.”. Moi, je ne parle jamais aux gens comme ça», s’agace Jean-Luc Mélenchon comme pour s’installer dans une confrontation exclusive avec Emmanuel Macron, en zappant les socialistes.

En réalité, Emmanuel Macron est aussi un allié objectif de Jean-Luc Mélenchon dans son combat pour écraser le PS. Voilà sans doute pourquoi il remercie aussi «cet homme qui est très brave» de «tout ce qu’il fait pour prendre les autres en tenaille avec moi». Le ton est ironique mais il décrit tout de même une réalité. Celle d’un PS menacé de se retrouver écartelé après sa primaire.

Qu’un représentant de l’aile gauche l’emporte et l’aile droite sera tentée de fuir vers Emmanuel Macron. Qu’un tenant de l’aile droite s’impose et ce sera alors Jean-Luc Mélenchon qui pourra accueillir les frondeurs du PS. Dans les deux cas, les socialistes s’effondrent. Sauf à surmobiliser lors de leur primaire.

Source : lefigaro.fr