Le message puissant de cette enseigne pour la « Journée sans immigrés »

Des dizaines de restaurants à travers les États-Unis ont participé au mouvement de grève spontané.

Journée sans immigrés

« Diversité », « solidarité, « les immigrés nourrissent l’Amérique »: sur les devantures de plusieurs dizaines de restaurants fermés à Washington, des pancartes expliquent pourquoi ils ont fait grève jeudi 16 février lors d’une « Journée sans immigrés », initiative rare en protestation contre les politiques anti-immigration du président Donald Trump.

« Nous sommes trois fils d’immigrés », expliquent, sur une affichette collée sur une porte fermée, les fondateurs de Sweetgreen, une chaîne de bars à salade qui a décidé de clore ses 18 restaurants dans la capitale américaine. « Notre diversité est ce qui fait la grandeur de notre famille, et nous soutenons le droit de nos employés à faire entendre leur voix en démocratie », poursuit le texte apposé sur la porte d’un établissement, à une quinzaine de minutes à pied de la Maison Blanche.

« Nous croyons aux relations humaines – et aux relations construites sur l’authenticité et l’acceptation. Nous croyons au pouvoir de la communauté – et à sa capacité à changer de manière positive le monde qui nous entoure. Nous croyons qu’il faut épouser la diversité – et célébrer notre unicité en tant que personnes, peu importe notre apparence, notre origine, nos croyances ou qui nous aimons », peut-on lire sur l’affiche.

« C’est une bonne idée. Cette question des immigrés et de l’hospitalité des États-Unis est terriblement importante, pour eux comme pour nous. Il faut défendre leurs droits », confie à l’AFP un Américain de 84 ans, devant cette affichette.

Comme cette chaîne de restauration, des dizaines d’enseignes à travers les États-Unis ont expliqué, sur des pancartes photographiées et partagées sur les réseaux sociaux, pourquoi ils se devaient de ne pas travailler ce jeudi.

« Mon père ne ferme JAMAIS son restaurant, pour AUCUNE raison. Ni pour Noël, ni pour Thanksgiving, ni pour le Nouvel an, JAMAIS! Mais aujourd’hui, il a fermé. »


« Nous sommes désolés pour le dérangement, mais en tant qu’immigrés nous défilerons pour nos droits ».

« Les immigrés font la grandeur de l’Amérique! », peut-on notamment lire sur ces affichettes, en référence au slogan de Donald Trump pendant sa campagne.
« La démocratie n’est pas parfaite mais c’est le meilleur système de gouvernement du monde. Nous agissons et combattons pour préserver notre démocratie, et aujourd’hui nous soutenons nos salariés, amis et famille. »

« Quand des employés qui n’ont jamais manqué un jour de travail en près de 25 ans viennent vous voir et vous demandent une journée pour marcher contre l’injustice, la réponse est toute trouvée. »

 

« Malheureusement, beaucoup de nos frères et soeurs peinent à la tâche et restent dans l’ombre, leur travail n’étant pas souvent reconnu. Aujourd’hui, nous sommes fermés en solidarité avec ces millions d’immigrés sans papiers qui vivent dans la détresse alors qu’ils ont gagné leur place à table ».


« Nous sommes une nation d’immigrés », « lâchons Trump ! », « N’ayez jamais peur de prendre la parole pour défendre l’honnêteté, la vérité, la compassion, contre l’injustice, le mensonge et la cupidité », peut-on lire sur ce panneau.

Les écoles boycottées elles aussi

Les déclarations de Donald Trump contre les immigrés et les musulmans, son décret anti-immigration très controversé et actuellement suspendu par la justice ainsi qu’une vague d’arrestations et d’expulsions la semaine dernière, ont provoqué ce mouvement spontané de grève qui a pris de l’ampleur à Washington et ailleurs, à la faveur du bouche à oreille.

À Washington, quelque 70 restaurants, dont certaines des plus célèbres tables de la capitale, étaient fermés. Des dizaines d’autres étaient également fermés ailleurs aux États-Unis, notamment à New York, Philadelphie ou Chicago, où environ 50 enseignes avaient baissé leurs rideaux.

Quelque 11 millions de clandestins vivent aux États-Unis et les sans-papiers représentaient 9% des employés du secteur de l’hôtellerie et de la restauration en 2014, selon l’institut Pew Research Center.

« Nous voulons être entendus et qu’on ressente le poids d’une journée sans immigrés », a témoigné auprès de l’AFP une citoyenne américaine de 38 ans, arrivée du Salvador quand elle était enfant. « Nous avons peur des conséquences des décisions du président ».

Des écoles du pays étaient elles aussi désertées jeudi, certains parents immigrés ayant choisi de ne pas emmener leurs enfants en classe.

 

« Voilà à quoi ressemblerait ma classe sans les immigrés. 21 de mes 28 élèves boycottent en soutien à la ‘Journée sans immigrés' »

Source : huffingtonpost.fr