La nouvelle arme des djihadistes : faire dérailler les trains

Dans le dernier numéro de son « magazine », Al-Qaïda invite ses membres à s’attaquer au réseau ferroviaire en Europe et aux États-Unis.

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L’imagination des djihadistes est sans limites. Après l’attaque à la camionnette, place à un autre mode opératoire : le déraillement de trains. Dans le dernier numéro d’Inspire, le magazine édité par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), l’organisation fondée par Ben Laden encourage ses adeptes à créer la terreur en détruisant des voies ferrées en Europe et aux États-Unis. Et le journal de fournir le mode d’emploi de l’outil capable de les aider dans leur projet. « Facile à concevoir et pratique pour masquer vos traces après l’opération », mentionne-t-il. Autre avantage : il ne requiert aucun martyr et l’opération « peut donc être répétée ».

Le fils de Ben Laden

Pour étayer leur démonstration, les auteurs d’Al-Qaïda s’appuient même sur un rapport américain s’alarmant du nombre de « cibles infinies » offertes par le réseau du pays, long de 100 000 miles. « Le moudjahid pourra contourner les mesures de sécurité en plaçant l’engin dix minutes avant l’arrivée du train… Il devra bien être au courant des horaires et du parcours. » Certes, la cible ferroviaire n’est pas nouvelle. En 2004, à Madrid, les terroristes ont placé une dizaine de bombes dans des sacs à dos à bord de wagons (191 morts). Mais les précisons apportées par Inspire ressemblent bien au lancement d’une campagne…

Un patronyme célèbre signe d’ailleurs l’un des textes : Hamza Ben Laden, le fils cadet d’Oussama, l’ex-leader tué en 2011 par un commando américain. Le jeune homme, décidé à venger son père et placé par les États-Unis sur la liste noire des terroristes internationaux, incarne désormais le retour d’Al-Qaïda. Et figure au sommet de l’organisation aux côtés de l’Égyptien Ayman al-Zawahiri. En effet, Al-Qaïda entend bien profiter de la déconfiture de Daech pour retrouver son lustre. De nombreux combattants orphelins la rejoignent et ses forces s’élèveraient déjà à 10 000 hommes. Un nombre encore loin des 40 000 djihadistes recensés par l’État islamique à son apogée. Mais Hamza Ben Laden pose les fondations de son empire…

Source : Le Point