Ils ont développé un outil pour faire plier les multinationales à l’origine des scandales éthiques !

Boycotter collectivement les entreprises qui accumulent des responsabilités dans la crise économique et sociale que nous traversons est aujourd’hui possible. À 27 ans, Levent et son frère Bulent 25 ans ont créé : I-boycott, la première plateforme fonctionnant comme un contre-pouvoir citoyen face aux multinationales à l’origine des scandales éthiques.

scandales éthiques

 « À chaque fois que vous dépensez de l’argent, vous votez pour le type de monde que vous voulez ! » Anna Lappe

Rencontre avec Levent !

 En quoi I-boycott représente une solution face aux multinationales « malades » de profit ?

Dans la société de consommation qui est la nôtre, s’il y a bien un acteur clef en mesure de faire bouger les lignes c’est le consommateur. C’est lui qui a le pouvoir ! Or, dès qu’un scandale est mis en lumière, nous nous sentons impuissants, dans l’incapacité d’agir concrètement. Ce sentiment est un leurre.

Celui qui détient les clefs du système, c’est bel et bien celui qui consomme, pas celui qui nous intime l’ordre de consommer !

Voilà pourquoi I-boycott s’inscrit comme un contre-pouvoir citoyen face aux multinationales à l’origine des scandales éthiques.

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Cette plateforme d’un genre nouveau, nous permet de passer du stade de consommateur à celui de consom’acteur ! Cela change tout.

De plus, la force d’I-boycott, c’est qu’il permet de nouer une véritable relation, un dialogue direct entre les consom’acteurs et l’entreprise incriminée qui est touchée au cœur des deux piliers qui motivent ses actions : son image de marque et ses intérêts économiques.

N’oublions pas qu’à chaque fois que nous effectuons un achat, nous nous exprimons et votons pour le type de monde dans lequel nous voulons vivre.

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Peux-tu nous expliquer comment fonctionne I-Boycott ?

I-boycott permet avant tout de matérialiser son engagement individuel dans le cadre d’une dynamique collective.

La plateforme fonctionne comme un levier au service de tous les citoyens et des associations. Chacun peut créer sa propre campagne de boycott, ou simplement y prendre part. Ensuite, les internautes décident de rejoindre ou non la cause, que de nombreux outils de partage permettent de médiatiser.

Un mail officiel est alors envoyé à l’entreprise ciblée. Si l’entreprise ne répond pas, le boycott se développe alourdissant de fait, les pressions médiatiques et économiques qui pèsent alors sur elle.

 L’idée donc c’est d’agir plutôt que de fulminer dans son canapé jusqu’au prochain scandale mais qui peut participer à une campagne de I-boycott ?

Absolument tout le monde peut transformer son sentiment de frustration en action et participer à une campagne de boycott. Comme le disait Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

 Comment est né ce projet ?

Ce projet est né d’une colère. Fin décembre 2014, avec mon frère nous découvrons que la Commission Européenne a invalidé l’initiative citoyenne européenne (ICE) portée contre TAFTA qui dépassait pourtant le million de signatures. L’initiative avait été déposée par une alliance de plus de 230 mouvements citoyens de 21 États-membres de l’Union Européenne.

Nous nous sommes sentis profondément méprisés par la haute sphère censée nous représenter. Cette colère, nous avons décidé d’en faire quelque chose ! C’est ainsi qu’est née l’idée de la plateforme I-boycott !

Faire changer les pratiques de certaines multinationales, c’est aussi s’attaquer aux lobbys. N’est-ce pas un peu utopique dans une société qui nous appelle à consommer toujours plus ?

Justement, l’objectif est de se réapproprier notre pouvoir personnel. La consommation, c’est une affaire entre consommateurs.

Avec I-boycott, on court-circuite les lobbys et les élus.

Il est très facile d’organiser un dîner pour avoir de l’influence sur quelques élus mais cela devient extrêmement difficile d’avoir la même influence sur des dizaines de milliers de boycottants bienveillants, certes, mais conscients des enjeux et prêts à agir ensemble !

Tu parles de Boycott « bienveillant ». Qu’entends-tu par-là ?

Martin Luther King disait : « La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. » I-boycott s’inscrit dans cette même lignée. Par exemple, c’est la première fois qu’une entreprise peut s’exprimer directement auprès de sa communauté boycottante. Les entreprises déraisonnables ont manifestement besoin de cadre. Aujourd’hui, l’éthique ne représente pas grand-chose, et au XXIe siècle, c’est impensable.

Nous devons faire de l’éthique un facteur économique à prendre systématiquement en compte.

 

Les initiatives citoyennes 2.0 sont nombreuses. Quelle est la valeur ajoutée de cette plateforme ? En quoi I-Boycott se différencie des pétitions en ligne ?

Une pétition est une mobilisation citoyenne de niveau 1. Une pétition interpelle des élus, des décideurs. Mais en donnant notre signature, nous agissons de manière passive.

Connais-tu par exemple le nombre de pétition que tu as signé et les effets qui en ont découlé ?

N’oublions pas la formidable mobilisation d’un million de signataires sur le TAFTA jetée à la poubelle par la Commission européenne.

Lorsque nous lançons une campagne I-boycott, la démarche est différente car chaque personne est active. Nous nous engageons à boycotter, nous proposons aux entreprises des solutions alternatives et bien sûr nous exigeons une réponse.

Aujourd’hui combien de « consom’acteurs » ont pris part à cette aventure ?

En un an, nous comptabilisons déjà 70 000 consom’acteurs et plus de 150 bénévoles sur 11 antennes en France, en Belgique et en Suisse. Ce n’est qu’un début !

Et combien de campagnes avez-vous menées ?

Nous avons mené beaucoup de campagnes sur plusieurs domaines.

Il y en a actuellement 15 dont 2 victoires notamment JouéClub qui a mis fin à un partenariat de 30 ans avec les cirques Pinder qui exploitent des animaux sauvages.

Quand une multinationale réagit en moins de 14 h sur une campagne de boycott, ou que des salariés de l’entreprise incriminée apportent leur soutien en off, ou encore lorsque 98 % de boycottants mettent fin à leur boycott grâce aux engagements concrets d’une entreprise, l’espoir réapparaît !

Une question que beaucoup se posent : Quel est votre modèle économique ?

Nous sommes une association à but non lucratif reconnue d’intérêt général qui repose sur les dons des particuliers. Actuellement, de nombreux élus et entreprises alternatives rejoignent les rangs de nos soutiens. Le mécénat et les subventions de nos programmes sont en pleine expansion. C’est un signal très positif !

À ce jour, le projet est porté par des bénévoles. Personnellement j’ai dû rompre mon CDI d’ingénieur informatique pour donner la chance à ce projet de décoller. Vu le contexte actuel, le plus grand risque que j’encourais, c’était celui de ne pas le prendre !

Un message à faire passer ?

Aujourd’hui, nous pouvons tous faire notre part en agissant exactement là où nous sentons gronder l’indignation !

La révolution numérique nous offre la possibilité d’unir nos forces pour devenir ensemble un contre-pouvoir bienveillant. Rejoignez le mouvement, inscrivez sur la plateforme. Unis nous nous pouvons véritablement avoir un impact et faire bouger les lignes.

Bonus des optimistes:

AGIR!

Pour rejoindre I-boycott, c’est ici !

Les campagnes I-boycott sont ici!

Source : annabellebaudin.net