Pourquoi les juges enquêtent sur les voyages en jet de Sarkozy

Dans l’affaire « Air Cocaïne », le nom de Sarkozy est soudainement apparu..

Ces trois voyages ont été facturé à une société de transport impliquée dans l’affaire « Air Cocaïne » par l’ami de l’ancien président, Stéphane Courbit.

(FILES) A file picture taken on February 21, 2012 shows then France's President and Union for a Popular Movement (UMP) candidate for 2012 presidential election Nicolas Sarkozy going out of his private plane on the La Rochelle's airport in La Rochelle, western France. French judges investigate three private jet trips made by Nicolas Sarkozy between 2012 and 2013 charged to Lov Group, the company of his friend Stephane Courbit, sources informed AFP on February 18, 2015.  AFP PHOTO / XAVIER LEOTY

Tout est parti de l’affaire « Air Cocaïne ». Des juges financiers enquêtent sur trois voyages en jet de Nicolas Sarkozy payés par son ami Stéphane Courbit, apprend-on mercredi 18 février.

# Qu’est-ce que l’affaire « Air Cocaïne » ?

L’affaire « Air Cocaïne » concerne l’enquête sur un trafic de stupéfiants entre la République dominicaine et la France, mis au jour en mars 2013 avec la saisie de 700 kilos de cocaïne, à bord d’un avion en partance pour la France.

En tout, 34 personnes avaient été interpellées dans le cadre de l’enquête sur ce trafic, parmi lesquelles figure le dirigeant d’une société de transport (SNTHS) ayant affrété l’avion, Pierre-Marc Dreyfus.

Devant la juge marseillaise en charge du dossier, Christine Saunier-Ruellan, Pierre-Marc Dreyfus, mis en examen dans l’affaire « Air Cocaïne », a reconnu avoir eu l’ex-président de la République comme passager sur plusieurs destinations. Il a également indiqué avoir eu comme client « Lov Group », la société de l’homme d’affaires Stéphane Courbit, par ailleurs ami intime de Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 19 décembre pour abus de biens sociaux, complicité et recel, au préjudice éventuel de la société Lov Group de Stéphane Courbit.

L’abus de bien social punit le fait pour un dirigeant de faire avec sa société et de mauvaise foi des actes contraires à l’intérêt de celle-ci, dans un but personnel ou celui d’une autre société dans laquelle il a un intérêt.

# Pourquoi Nicolas Sarkozy est cité dans l’affaire ?

La juge marseillaise s’est donc penchée de manière incidente sur les trois vols dans le cadre de l’enquête.

Parmi les documents découverts lors d’une perquisition dans la société de transport de Pierre-Marc Dreyfus, les enquêteurs ont saisi dix factures adressées à Lov Group, dont trois concernent les vols en jet privé de Nicolas Sarkozy.

Le parquet de Marseille s’était dessaisi de ces éléments et les avait transmis au parquet de Paris, précise une source judiciaire.

Ces vols ont été effectués dans trois jets différents en partance du Bourget, à destination :

  • de Doha (Qatar), où l’ex-président de la République s’est rendu le 9 décembre 2012 pour un forum international sur le sport,
  • des Etats-Unis le 30 janvier 2013,
  • et en février 2013 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis).

D’après une source proche du dossier, les factures saisies par les enquêteurs montrent que le premier vol a été facturé 102.000 euros par SNHTS à Lov Group, le deuxième 95.000 euros et le dernier 104.000 euros.

En septembre, l’avocat de Stéphane Courbit, Christophe Ingrain, avait justifié ces trois voyages par le projet de son client de créer un fonds d’investissement dans lequel Nicolas Sarkozy était impliqué. Un projet qui avait été abandonné après la mise en examen pour abus de faiblesse de Stéphane Courbit dans l’affaire Bettencourt, avait expliqué l’avocat.

Source : Le Nouvel Observateur