Présidentielle : à Villepinte, le FN empêche les journalistes de poser des questions aux militants

Les journalistes de Mediapart et de « Quotidien » se sont par ailleurs vu refuser leur accréditation pour couvrir l’évènement.

FN empêche les journalistes

A six jours du second tour de l’élection présidentielle, le Front national verrouille sa communication. Plusieurs journalistes présents à Villepinte (Seine-Saint-Denis), où Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan prononçaient un discours lundi 1er mai, ont indiqué avoir été empêchés par la sécurité du parti d’interroger des militants.

Une journaliste du quotidien 20 Minutes a indiqué avoir été interrompue à deux reprises lorsqu’elle a tenté de s’approcher de sympathisantes de la candidate frontiste. Son confrère du Monde, pourtant habitué à couvrir les réunions publiques du parti, a précisé que le service de presse du FN menaçait de retirer leur accréditation aux journalistes qui osaient s’aventurer en dehors de la zone où ils étaient tous regroupés. Une pratique « peu courante », selon lui.

 

« Comme d’habitude », « Quotidien » et Mediapart sur la liste noire

Le site d’information en ligne Mediapart et l’émission « Quotidien » (TMC) de Yann Barthès se sont vu en outre refuser l’accréditation pour le meeting. Un traitement habituel pour ces deux médias depuis le début de la campagne. « L’accréditation a été demandée et refusée », a ainsi indiqué une journaliste de « Quotidien » qui suit régulièrement le FN. « Une demande a été faite à chaque meeting, et a été refusée », a affirmé la même source.

Wallerand de Saint Just, trésorier du FN, « m’a annoncé dès septembre que je ne serai pas accréditée pendant la campagne. J’ai eu un refus dès les ‘Estivales’ de Fréjus », a déclaré de son côté la journaliste de Mediapart en charge de la couverture du FN. Accréditations refusées « comme d’habitude », a confirmé l’entourage de Marine Le Pen. Mediapart et « Quotidien » sont considérés, par le Front national, comme des médias partisans.

Les sociétés de journalistes de plus d’une trentaine de médias, dont celle de franceinfo.fr, ont signé vendredi une pétition protestant contre la décision du Front national de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen » et dénonçant « une entrave à la liberté » d’informer.

Source : France Info