Primaire, la vie d’après : Sarkozy voyage de luxe

Défaite. Après le choc de leur élimination à la primaire, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, en retrait de la vie politique nationale,  tentent de tourner la page. Plus facile pour l’un que pour l’autre.

Même installé dans le transat d’un hôtel de luxe, les pieds dans l’eau, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à lâcher son portable pendant la dizaine de jours qu’il a passés avec Carla et leur petite Giulia, 5 ans, à Phuket, en Thaïlande. Sa « princesse », comme il l’appelle, a dû rater l’école. Blague de Carla, pleine d’autodérision : « Avec la mère qu’elle a, de toute façon, elle ne fera pas l’ENA ! » Tandis que l’ex-first lady narguait ses copines avec la température tropicale de la mer d’Andaman, l’ancien président bavardait avec Brice Hortefeux, François Baroin ou Laurent Wauquiez, qui l’ont tenu informé des nombreux soubresauts politiques français.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, son principal souci était le sort réservé aux sarkozystes par François Fillon. Si la plupart de ses proches ont été recasés à la direction des Républicains, Sarkozy n’est pas ravi, notamment, que son ami Frédéric Péchenard ait été sèchement écarté du poste de directeur général. « Il y en a deux que je protégerai, Brice et Péchenard », avait-il promis avant son départ. Selon nos informations, il devrait bientôt rencontrer Fillon pour en parler. « Contrairement à Juppé, lui s’occupe des siens », tacle un fidèle.

 

La famille et Les potes

Sarkozy l’a juré à ses amis : cette fois, il a vraiment tourné la page de la politique. « Il faut le laisser maintenant », s’entendent répondre les journalistes qui enquêtent sur lui. Certes, l’ancien président va conserver ses locaux du 77, rue de Miromesnil (VIIIe), payés par l’Etat, où il a reçu de nombreux courriers de militants déçus, et même des cartes du parti déchirées. Il y gardera trois collaborateurs : sa chargée de com Véronique Waché, son directeur de cabinet Michel Gaudin et son Monsieur Diplomatie Pierre Régent. Mais pas question de recevoir des brochettes d’élus, comme après sa défaite de 2012. « Il ne veut plus s’emmerder avec tous ces cons ! » lâche, cash, un proche. De même, il ne relancera pas l’association des amis de Sarkozy, qui entretenait sa légende.

Non, il s’imagine plutôt une nouvelle vie de globe-trotter. Il compte énormément voyager l’an prochain, comme pour signifier qu’il ne s’impliquera pas dans la campagne présidentielle. Jeudi, avant de rentrer à Paris, il a ainsi participé en Asie à une discrète rencontre avec des leadeurs étrangers, dont l’Américaine Condoleezza Rice, et de jeunes espoirs de l’administration Trump. De même, il compte reprendre ses conférences rémunérées. Nostalgique ? Point du tout. « Il va très bien, il est bronzé, en forme. L’âge venant, il a envie d’autre chose », confie un ami. De l’aveu de ses proches, Carla l’a aidé à tourner la page. « Tu as 61 ans, la vie est belle, on peut faire plein de choses ! » lui a-t-elle répété.

Ce qui compte, désormais, pour lui ? Sa famille et ses potes. A tous ses vieux copains qui, comme le sénateur Pierre Charon ou le Marseillais Renaud Muselier, lui ont envoyé des messages de réconfort, le patriarche Sarkozy a fait la même réponse : « A mon retour, viens dîner à la maison avec Carla ! » Christian Estrosi, fraîchement remarié, a déjà eu l’honneur de sa table. Au menu, pas de politique, mais la vie, les amours, les em… « Une nouvelle vie commence », assure Hortefeux. Comme le résume son ex-communicant Franck Louvrier : « J’ai perdu un candidat, je garde un ami. »

 

Source : Le Parisien