Programme d’Emmanuel Macron : retraite, impôts, santé… Ce que le candidat propose pour 2017

Il ne reste plus que quelques jours au candidat du mouvement En Marche pour convaincre les Français. Voici les principales mesures du programme d’Emmanuel Macron sur les impôts, la santé ou encore la sécurité.

Emmanuel Macron n’est pas prêt de s’arrêter de marcher… Dans le dernier sondage Kantar Sofres-One Point de ce dimanche 20 mars, l’ancien ministre est donné ex aequo avec Marine Le Pen au premier tour à 26%, devançant largement François Fillon à 17%. Après avoir présenté au début du mois de mars son programme, Emmanuel Macron va maintenant devoir le défendre et le justifier. D’autant que s’il bénéficie d’une bonne dynamique, rien n’est encore gagné pour autant. Le benjamin de la campagne (39 ans) dispose en effet d’un électorat volatile… D’après le sondage, seulement 51% des personnes qui déclarent vouloir voter pour lui sont sûrs de leur choix.

Le leader du mouvement En marche prétend vouloir rassembler les forces de gauche et de droite qui se reconnaîtront dans son programme, prévu pour faire « entrer la France dans le XXIe siècle ». Cette formule de communication reste vague, mais l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée a montré qu’il comptait profiter du manque de sérénité des deux grands partis de gouvernement pour tirer son épingle du jeu. Et en présentant son programme, Emmanuel Macron espère faire taire ses détracteurs.

Programme d’Emmanuel Macron sur les impôts

Le quinquennat de François Hollande a été marqué par de fortes variations fiscales, suscitant une forme d’incertitude chez les acteurs économiques. Emmanuel Macron s’engage ainsi à offrir un environnement fiscal stable. Cela n’exclut pas des hausses ou des baisses d’impôts, mais la manette ne devrait être actionnée seulement une fois sur la durée du mandat. Dans l’interview donnée aux Echos, Emmanuel Macron se fixe l’objectif « d’aboutir à une baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards ». Pour cela, il entend réduire les impôts d’environ 10 milliards d’euros par an pour les classes populaires et moyennes et donner la possibilité aux couples de choisir d’individualiser l’impôt sur le revenu. Sur BFMTV, Emmanuel Macron a précisé qu’il souhaitait que l’Etat exonère de taxe d’habitation 80% de ceux qui la payent.

Il souhaite aussi réformer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour qu’il encadre seulement la rente immobilière. Sa volonté est de préserver les personnes qui réinjectent l’argent dans l’économie. Emmanuel Macron a par ailleurs assuré qu’une hausse de TVA était exclue. Parmi les autres mesures figurant dans le programme d’Emmanuel Macron sur la fiscalité, la création d’un prélèvement forfaitaire unique pour tous les revenus du capital qui serait « de l’ordre de 30% », prélèvements sociaux inclus.

Côté entreprises, Emmanuel Macron envisage de redonner de la compétitivité aux entreprise en allégeant les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE, et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseraient ainsi près de 1.800 euros par an et par salarié au SMIC, 2.200 euros par an pour un salarié payé 3000 euros bruts par mois, calcule le candidat. Sur l’ensemble du quinquennat, l’impôt sur les sociétés serait réduit à 25%.

Programme d’Emmanuel Macron sur la retraite

Emmanuel Macron avait promis une réforme structurelle des retraites mais elle ne concernera ni l’âge de départ ni le niveau des pensions. Le candidat souhaite instaurer progressivement un système universel de retraite avec des règles communes. Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite. Avec un principe d’égalité : pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous, promet le candidat. « L’actualisation sera calculée, à terme, en fonction de l’espérance de vie. », précise-t-il au Parisien. Toutefois, rien ne changerait pour ceux « qui sont à au moins cinq ans de la retraite ». Auparavant, Emmanuel Macron s’était pourtant positionné pour une plus grande flexibilité sur l’âge de départ à la retraite. « Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations », avait-il déclaré à L’Obs sans donner plus de détails.

A noter que le minimum vieillesse sera aussi augmenté de 100 euros par mois.

Le régime spécial des retraites des parlementaires sera aussi supprimé et rattaché au régime général.

Programme d’Emmanuel Macron sur le temps de travail

Le candidat d’En marche ! a affirmé dans le Parisien ne pas vouloir revenir sur les 35 heures par la loi mais « par des accords négociés majoritaires ». Emmanuel Macron avait auparavant proposé de moduler le temps de travail en fonction de l’âge, sans détailler le dispositif. Il partait du principe que les jeunes veulent gagner plus d’argent et sont prêts à travailler davantage au début de leur vie professionnelle. Une fois en fin de carrière, ils pourraient ainsi réduire leur temps de travail.

Programme d’Emmanuel Macron concernant les fonctionnaires et les services publics

Concernant les fonctionnaires, Emmanuel Macron estime qu' »il est possible de ne pas renouveler 120.000 postes de fonctionnaires, 70.000 venant des collectivités et 50.000 de l’Etat » sans toutefois en faire un objectif. « Ce sera aux ministres de faire des choix », précise-t-il. Le candidat entend également « moderniser » le statut de fonctionnaire en donnant la possibilité à la fonction publique de recruter « hors du statut pour les fonctions d’encadrement » et davantage de souplesse en ce qui concerne la gestion des carrières, la rémunération et la mobilité. Emmanuel Macron souhaite également restaurer un jour de carence pour les fonctionnaires. Il voudrait par ailleurs que les collectivités locales puissent « recourir plus largement à des recrutements de droit privé » et qu’elles respectent la durée annuelle légale du temps de travail.

Côté service, le candidat entend accélérer la numérisation des administrations : les renouvellements de documents officiels (carte d’identité, passeport, carte grise, etc.) devront pouvoir se faire en ligne, sans nécessité de se déplacer. Les horaires d’ouverture des services publics seront par ailleurs élargis aux soirées et au samedi pour s’adapter aux nouveaux modes de vie des Français.

A noter que le candidat entend encore légèrement retoucher à notre fameux millefeuille administratif : au moins un quart des départements seront supprimés, là où ils peuvent être rapprochés de l’une de nos grandes métropoles.

Programme social d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron s’est prononcé pour la suppression des cotisations maladie (0,75 % du salaire brut) et chômage (2,4 %) acquittées par un salarié. Cette suppression serait compensée par une hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG), à l’exception des petites retraites et des chômeurs. Ainsi, un salarié verrait l’écart se réduire entre son salaire brut et son salaire net. Avec en plus une hausse de 50% de la prime d’activité, l’équipe d’Emmanuel Macron estime qu’une personne au Smic verrait son revenu augmenter de 100 euros nets par mois.

L’ancien ministre souhaite également réformer l’assurance chômage pour instaurer un système universel financé par l’impôt et ouvert « aux entrepreneurs, agriculteurs, indépendants et professions libérales ». Il entend donc supprimer le Régime social des indépendants (RSI) dont la mission est d’assurer depuis 2006 la protection sociale des travailleurs indépendants, artisans, commerçants et professions libérales. Le candidat compte leur faire rejoindre le régime général en raison des nombreux dysfonctionnements relevés par une partie de ses affiliés. Il explique vouloir que l’État « nationalise » l’assurance chômage pour en reprendre le contrôle. Celle-ci est gérée depuis 1958 par les partenaires sociaux (syndicats et patronat). Ce sont eux qui décident des règles d’indemnisations tous les deux ou trois ans. Emmanuel Macron préconise, par ailleurs, d’accorder le droit au chômage aux salariés démissionnaires (une fois tous les cinq ans).

Concernant les conditions d’attribution de l’allocation chômage, Emmanuel Macron souhaite suspendre les indemnités si la personne refuse plus de deux offres correspondant à sa qualification et avec un salaire qui n’est pas inférieur de plus de 20-25% à l’ancien poste occupé. Si rien ne correspond à ces critères dans la région de résidence du chômeur, des aides à la mobilité et à l’installation dans une autre ville seront proposées ainsi qu’une formation de six mois à un an « aux métiers d’avenir ». Emmanuel Macron souhaite consacrer 15 milliards d’euros à la formation des chômeurs et des jeunes sans qualification.

Et aussi : accorder 10 points de charges patronales en moins pour les emplois au Smic, instaurer un malus sur les contrats courts. Enfin, il souhaite instaurer un barème contraignant pour fixer les indemnités versées en cas de licenciement abusif (prévu dans la loi Travail, ce barème est aujourd’hui seulement consultatif).

Programme d’Emmanuel Macron sur la santé

5 milliards d’euros seront consacrés à l’investissement dans la santé, notamment au bénéfice de la médecine de ville et des hôpitaux.

Concernant les soin, le candidat assure qu’il n’y aura aucun déremboursement pendant son mandat. Il promet surtout un remboursement à 100% par la Sécurité sociale des maladies chroniques ou encore pour les lunettes, les prothèses auditives et dentaires à l’horizon 2022. Cette mesure n’a pas été budgétée.

Il souhaite également décloisonner les relations entre le public et le privé, et réformer les tarifications. Il suggère, par ailleurs, une réforme de la vente des médicaments, en proposant leur achat à l’unité, ce qui permettrait de réduire le gaspillage.

Emmanuel Macron compte aussi plafonner la “tarification à l’activité des hôpitaux” (T2A) à 50%. Alors qu’auparavant chaque hôpital était doté d’un budget indépendant du nombre et de la nature des actes qu’il réalisait, les établissements sont désormais rétribués sur chaque prestation. Certains actes sont ainsi plus rentables que d’autres pour l’hôpital, ce qui pousse des établissements à affecter moins de personnel aux prestations les moins profitables.

Programme d’Emmanuel Macron sur l’éducation

C’est l’un des points qu’Emmanuel Macron avait le moins développé. Le candidat assure dans le Parisien qu’il souhaite laisser aux maires la possibilité de revenir sur la réforme des rythmes scolaires et plus largement qu’il entend donner une « vraie autonomie » aux écoles, en termes de pédagogie et de recrutement. « Nous devons arrêter d’affecter dans les zones les plus difficiles de jeunes enseignants qui sortent de leur formation », affirme-t-il. Il souhaite ainsi donner une prime de 3.000 euros net par an aux enseignants en REP+ (réseau d’éducation prioritaire) et diviser par deux le nombre d’élèves en CP-CE1 dans ces zones d’éducation prioritaire (soit 12 élèves par classe). Sur cinq ans, Emmanuel Macron souhaite créer entre 4.000 et 5.000 postes de professeurs des écoles.

Concernant le collège, Emmanuel Macron entend relancer les classes bi-langues et instaurer des études dirigées dans tous les établissements (avec des enseignants mais également des retraités et des étudiants).

Une réforme favorisera l’autonomie des Universités qui pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations. 80.000 places seront ouvertes dans les filières professionnalisantes.

Enfin, le programme Erasmus sera étendu aux apprentis.

Programme d’Emmanuel Macron sur l’immigration

L’ancien membre du gouvernement a toujours salué la politique d’ouverture de la chancelière allemande Angela Merkel à l’égard des réfugiés. Au niveau des propositions concrètes, il reste néanmoins très flou. Le candidat indique vouloir « rouvrir le sujet » des accords de Dublin, qui laissent la prise en charge des demandeurs d’asile aux pays de première arrivée dans l’Union européenne.

Il promet également de limiter à un an la durée autorisée de séjour d’un travailleur détaché en France et redéfinir au niveau européen les règles du détachement pour mettre fin à toutes les formes de concurrence sociale déloyale.

Programme d’Emmanuel Macron sur la sécurité

Pour restaurer la confiance des jeunes dans la police, Emmanuel Macron souhaite relancer une police de proximité, une « police de sécurité quotidienne », et réduire le nombre de contrôles d’identité. Il entend également ouvrir deux nouvelles écoles de police, de 1.000 et 500 places. Il s’est pas contre opposé à l’idée d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.

Alors que cette mesure ne figurait pas dans son programme, Emmanuel Macron a annoncé le 18 mars vouloir réinstaurer un service militaire universel obligatoire d’un mois qui concernerait donc 600.000 jeunes chaque année. « C’est là un projet de société majeur, un véritable projet républicain, qui doit permettre à notre démocratie d’être plus unie et d’accroître la résilience de notre société », a-t-il expliqué.

Pour lutter contre le terrorisme, le candidat prévoit de « recréer un vrai renseignement territorial » (notamment en passant par la création de 10.000 postes de policier sur le quinquennat) ainsi qu’un état-major centralisé du renseignement. Emmanuel Macron souhaite par ailleurs monter des centres pénitentiaires spécifiques pour les Français revenant de la zone irako-syrienne afin d’éviter tout prosélytisme. A l’étranger, il souhaite « finir la guerre en Syrie et en Irak » puis y « reconstruire une stabilité politique ». Il propose aussi la création de 5.000 postes supplémentaires de policiers extérieurs aux frontières de l’Europe.

Le candidat du mouvement En Marche! veut porter le budget de la Défense à 2% du PIB de manière à renouveler les avions ravitailleurs, à moderniser les blindés de l’armée de terre, ainsi que la flotte de surface de notre marine nationale.

Programme d’Emmanuel Macron sur la culture

S’il accédait à l’Élysée, il souhaite mettre en place un « pass jeune culture » de 500 euros. Celui-ci deviendrait accessible le jour de la majorité pour acheter des livres et accéder à des contenus culturels. Cette mesure s’inspire du dispositif italien lancé en septembre par Matteo Renzi.

Programme d’Emmanuel Macron sur la transparence de la vie publique

C’était l’une des exigences de François Bayrou pour le rejoindre : Emmanuel Macron adoptera une loi de moralisation de la vie politique. Parmi les mesures qui toucheront les parlementaires, l’interdiction d’exercer des activités de conseil, la fiscalisation de l’intégralité de leur rémunération, la fin de leur régime spécial de retraite et l’interdiction de l’emploi d’un membre de leur famille, l’interdiction pour tous les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection.

Programme d’Emmanuel Macron sur l’environnement

Emmanuel Macron compte consacrer 15 milliards d’euros à la transition écologique. Une enveloppe qui profitera à plusieurs mesures en faveur de l’environnement : prime de 1.000 euros pour l’achat d’un véhicule moins polluant, neuf ou d’occasion, rénovation d’un million de logements mal isolés, sortie des énergies fossiles, réduction à 50% la part du nucléaire dans la production d’énergie et introduction de 50% de produits bio, écologiques ou issus de circuits courts dans les cantines scolaires ou d’entreprise d’ici 2022.

Programme d’Emmanuel Macron sur l’Europe

Emmanuel Macron promet de pousser l’idée d’un budget de la zone euro voté par un Parlement de la zone euro et exécuté par un ministre de l’Économie et des Finances de la zone euro.  L’accès aux marchés publics européens sera réservé aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe dans le cadre d’un « Buy European Act. »

Source : Capital