Quand la mort et la maladie rapportent gros

Certains hommes d’affaires sont sans scrupules. Dernier en date, un gérant de fonds qui a gagné des millions via des malades en phase terminale. Edifiant.

United States Dollar notes exchange hands at a local bank in Beijing 15 May 2006. China set its parity rate for the yuan at 8.0150 to the US dollar, one day after it allowed it to rise and break through the psychologically important 8.000 mark. AFP PHOTO / AFP PHOTO / STR

On trouve des hommes d’affaires pour qui l’exploitation commerciale de la mort et de la maladie n’est pas un tabou, quitte à jouer avec les limites de la décence et de la loi. Cette semaine c’est un trader qui s’est illustré dans ce domaine. Le gendarme américain de la Bourse a du ouvrir une enquête contre un gérant de hedge fund qui a gagné 9,5 millions de dollars grâce à des malades en phase terminale. Donald Lathen repéraient ses cibles par un réseau d’informateurs dans les hôpitaux, puis leur mettait un marché en main: pour 10.000 dollars et un programme d’assistance financière destiné à leur fin de vie, ils devaient en échange co-contracter avec le fond d’investissement des obligations ayant une clause de décès dite « death put ». L’intérêt est clair: si l’acheteur meurt, le co-bénéficiaire (hedge fund) a le droit de revendre les obligations au prix d’achat. Or le hedge fund les acquérait à un prix cassé sur les marchés secondaires, d’où une jolie plus-value. Le gendarme de la Bourse estime aujourd’hui que le trader a floué les émetteurs d’obligations.

« L’homme le plus méchant du monde »

Si David Lathen a cyniquement exploité la courte espérance de vie de ses patients, certains n’hésitent pas à potentiellement réduire leur chance de survie pour s’enrichir. On l’appelle « l’homme le plus méchant du monde ». A l’automne 2015, Martin Shkreli, un homme d’affaire de l’industrie pharmaceutique crée un scandale retentissant. Juste après avoir racheté une molécule contre la toxoplasmose – déclaré « médicament essentiel » par l’Organisation mondiale de la santé – il en augmente le prix de plus de 5.000%. Le produit, dont le prix de vente bondit de 12 à 750 euros, était notamment prescrit pour des patients séropositifs qui développent cette maladie en raison d’une immunodéficience. En revanche contrairement à David Lathen qui se voit visé par une enquête, Martin Shkreli ne craint rien: quoi qu’amorale, cette pratique est parfaitement légale aux . Le monde de la finance ne fait d’ailleurs pas rêvé Martin Shkreli. « Les fonds spéculatifs, ça ne rapporte pas assez », a-t-il expliqué, il y a quelques mois à Vanity Fair. Mais regardez le palmarès des cinquante plus grandes fortunes établi chaque année par le magazine Forbes: il n’y a que des entrepreneurs. »

Source : http://www.challenges.fr